Des réfugiés syriens dans un camp à la frontière entre la Syrie et la Turquie.

«On ne peut pas renvoyer les gens», dit un candidat de la CAQ

Un candidat caquiste issu de l'immigration contredit son chef François Legault, étant d'avis qu'on ne «peut renvoyer» de nouveaux arrivants s'ils échouent au test de français. Il estime cependant que le dirigeant de la Coalition avenir Québec (CAQ) n'a jamais brandi une telle menace.

«On ne peut pas renvoyer des gens! Les gens qui ne réussissent pas le test de français, ils vont le reprendre!» a soutenu le porte-bannière du parti dans la circonscription de Matane-Matapédia, Mathieu Quenum, en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, mercredi après-midi.

Même s'il a été questionné plusieurs fois au fil de l'entretien, le candidat n'a jamais dit clairement s'il était en accord avec la position de la CAQ, qui laisserait un maximum de quatre ans aux nouveaux arrivants pour réussir un test de français, faute de quoi ils devraient quitter la province.

Selon sa compréhension, la politique que prône la CAQ en matière d'intégration des immigrants en est une d'accompagnement. «Je pense que ce que le chef veut dire, c'est qu'on va accompagner les gens pour qu'ils améliorent leur français, pour qu'ils apprennent à maîtriser la langue de communication», a-t-il offert.

Et selon lui, François Legault n'a pas menacé de montrer la porte aux nouveaux arrivants qui échoueraient au test de français de façon définitive. «Je pense que le chef n'a jamais dit qu'on va renvoyer ou bien qu'on va expulser les gens», a affirmé M. Quenum avant de dire qu'il n'était «pas au courant de chaque bout de phrase» du dirigeant de la CAQ.

Le chef caquiste est prudent sur les termes qu'il emploie depuis que les orientations de son parti en matière d'immigration ont été révélées, en mai dernier. Il se fait depuis accuser par ses adversaires politiques de vouloir expulser les nouveaux arrivants qui ne rempliraient pas les exigences d'un gouvernement de la CAQ.

Au printemps, il avait précisé que les candidats qui échoueraient aux épreuves ou refuseraient de s'y soumettre se retrouveraient «sans statut», et que le gouvernement fédéral serait dès lors avisé - car c'est Ottawa «qui est responsable de retourner les gens qui n'ont pas de statut», soulignait-il.

Le porte-parole de la CAQ, Mathieu St-Amand, a réagi mercredi après-midi aux propos tenus par le candidat Quenum en écrivant dans un courriel que «les seuls qui parlent d'expulsion sont nos adversaires qui ont échoué autant dans la régionalisation qu'au niveau de la francisation des nouveaux arrivants».

Il n'a pas voulu dire si le porte-couleurs caquiste était en porte-à-faux avec la position du parti ou s'il s'était mal exprimé.

Originaire du Bénin, le candidat caquiste dans Matane-Matapédia s'était retrouvé sur le radar médiatique en début de journée, mercredi, après que le quotidien Le Soleil eut rapporté que son équipe de bénévoles avait exercé un contrôle médiatique en réclamant les questions d'un journaliste local 24 heures à l'avance.

Le parti et l'aspirant député ont catégoriquement nié l'existence d'une telle politique.