Le chef du PQ, Jean-François Lisée

Lisée estime que QS tente de manipuler l’électorat

Le chef du PQ, Jean-François Lisée, en rajoute et déclare que Québec solidaire (QS) tente de «manipuler l’électorat», alors qu’il ne reste qu’une semaine avant le jour du scrutin et qu’il note la «progression» de la formation de gauche.

M. Lisée déduit cette «manipulation» du fait que l’un des co-porte-parole prétend détenir le pouvoir décisionnel, alors que c’est faux, allègue-t-il, faisant ainsi référence — à nouveau — à ce qu’il appelle le «chef caché» de la formation politique. Il s’agit de Gaétan Châteauneuf, qui est décrit par QS comme étant son secrétaire général et chef. La Loi électorale oblige la désignation d’un chef et QS a choisi de mettre le nom de son secrétaire à cette fin.

Il juge de plus que le parti «cache» son programme politique, une allégation découlant du fait que QS n’aurait son site Internet que sa plateforme électorale et non pas son programme politique complet et détaillé.

«Lorsque l’on cache un programme politique, c’est de la manipulation, lorsqu’on a un co-porte-parole qui dit qu’elle a le pouvoir alors qu’on sait que c’est faux, c’est de la manipulation. Lorsqu’on dit que l’ancien président du CCM (Conseil central du Montréal métropolitain-CSN, Gaétan Châteauneuf), un des hommes les plus puissants de l’univers syndical, qui est chef de QS, est juste là pour coller des timbres, c’est de la manipulation», a déclaré M. Lisée.

Les jeunes en particulier détestent être manipulés, a ajouté le chef péquiste, alors qu’il se trouvait à Saint-Jean-sur-Richelieu, pour faire une annonce sur un autre sujet.

Il les invite à poser les questions nécessaires pour faire toute la lumière sur QS.

Pourtant, sur le site Internet de QS, un programme de 92 pages est accessible sous le lien «notre programme», qui suit directement celui de «plateforme électorale».

Le PQ soutient que son propre programme est clair, détaillé sur son site internet, et que sa structure est transparente.

Le chef a continué dimanche à lancer des pointes à son adversaire politique.

Depuis le débat des chefs de jeudi dernier, M. Lisée répète que QS bénéficie d’une «partie gratuite» dans cette élection, car la formation politique de gauche n’est pas suivie — comme les autres — par un autobus de journalistes qui la bombardent de questions, tous les jours.

QS fonctionne avec deux porte-parole, et tout le Québec le sait, a rétorqué Manon Massé, en entrevue avec La Presse canadienne. «Je pense que maintenant il y a juste M. Lisée qui n’a pas compris comment on fonctionne».

Elle rectifie aussi les faits: «notre programme est sur notre site Internet il est accessible à tout le monde. Peut-être que M. Lisée ne l’a pas trouvé, mais il est là dans sa version intégrale».

S’acharne-t-il? «Je vous laisse en juger», a rétorqué Mme Massé, qui ne semblait pas vouloir accorder beaucoup d’importance à l’accusation de M. Lisée. «Il me reste une semaine de campagne, on est sur le terrain, et ça ne va pas m’empêcher de continuer».

Convergence

M. Lisée dénonce désormais QS — et plusieurs de ses positions — un parti avec lequel il avait tenté de former une alliance électorale l’an dernier. Ce projet dit de «convergence» avait toutefois échoué, les militants de QS l’ayant rejeté.

Dimanche, il a dit ne rien regretter, ces démarches ayant été faites pour le «bien commun», dit-il.

«On a fait cette démonstration que, pour nous, le bien commun des Québécois était plus important que nos différences partisanes», a dit le chef, soulignant que QS a plutôt choisi la progression de son parti.