Les chefs ont débattu une dernière fois durant cette campagne à l'occasion d'un débat organisé par TVA.

Les moments forts du dernier débat des chefs

Les chefs ont joué leur va-tout lors du dernier grand débat de la campagne électorale. François Legault s’est livré à un mea culpa. «Je suis pas parfait. Ça m’arrive de faire des erreurs», a lancé le chef caquiste dans une sortie que son équipe et lui avaient soigneusement préparée. M. Legault faisait référence aux réponses inexactes qu’il a données récemment sur l’immigration. «J’écoute les gens et je corrige mes erreurs.»

Voici les moments forts des échanges entre les quatre chefs:

Épicerie à 75$

Le premier ministre sortant a cherché à corriger une déclaration controversée faite plus tôt en journée, déclaration selon laquelle il est possible de nourrir un adulte et deux adolescents avec une facture d’épicerie de moins de 75$ par semaine. «C’est la situation et elle est regrettable», a insisté Philippe Couillard en soutenant connaître des gens «très près» de lui la vivant. François Legault a quant à lui révélé qu’il lui en coûtait chaque semaine entre 250$ et 300$ pour faire l’épicerie. «Ça se peut pas 75$. Vous êtes déconnecté!», a-t-il décoché au chef libéral.

Lisée part ailleurs

«Qui est le chef de Québec solidaire?» La première attaque de la soirée a été portée par Jean-François Lisée à l’endroit de Manon Massé. Le chef péquiste s’est dit en droit de poser une «question difficile» à Mme Massé en évoquant sa mère féministe. Le thème était celui de la santé, mais M. Lisée est parti ailleurs en faisant référence au projet de convergence raté entre son parti et Québec solidaire. Il a surpris en allant sur ce terrain. Il s’est fait rabrouer par l’animateur Pierre Bruneau.

Définir l’adversaire

«Une idée, une dépense, une taxe.» François Legault a cherché à définir son adversaire péquiste. «Je connais bien M. Lisée et il a beaucoup d’idées...», s’est moqué le chef caquiste. Plus tôt en journée, étonnamment, Jean-François Lisée n’avait pas fermé la porte à une alliance gouvernementale entre son parti et la CAQ.

Expulser le PLQ

François Legault a modifié sa position sur l’immigration en soutenant qu’«il n’est pas question d’expulser» une personne qui ne réussirait pas le test de français ou celui des valeurs qu’il souhaite imposer. «Le seul qu’on veut expulser, au Québec, c’est le Parti libéral!» Lors du débat de la semaine dernière, M. Legault avait dit: «On parle d’expulser des gens qui ne sont pas encore citoyens.» Des propos différents que son adversaire Philippe Couillard lui a remis sous le nez.

La question de l’urne

L’animateur Pierre Bruneau à M. Couillard : «Vous avez fait de l’immigration la question de l’urne.» Réponse du chef libéral : «C’est M. Legault qui a fait de cette question la question de l’urne.»

Le mea culpa (2)

La solidaire Manon Massé a aussi admis avoir commis une erreur. C’était au début de la campagne électorale dans son cas. Elle avait dit en anglais, une langue qu’elle maîtrise «très mal», que l’anglais est une langue officielle du Québec. C’est Jean-François Lisée qui l’attaquait sur son attachement au français qui a provoqué ce deuxième mea culpa de la soirée.

Les valeurs

Quand on est premier ministre du Québec, on a le devoir de défendre «notre identité», a dit M. Legault à M. Couillard. «Vous ne voulez pas écouter la majorité des Québécois; vous ne voulez pas défendre nos valeurs», lui a-t-il assené. «Une société démocratique doit défendre les droits des minorités», a répliqué le chef libéral. Selon François Legault, M. Couillard a tendance à donner «des leçons» aux Québécois. Et ceux-ci sont «tannés» de ça.

Distinct
Un jour, il y aura une reconnaissance formelle du caractère distinct de la société québécoise par Ottawa, a assuré Philippe Couillard. Aucun de ses adversaires n’y a cru.

Trésor électoral

Les compressions en début de mandat et les réinvestissements par la suite? Pour François Legault, le gouvernement sortant a «géré le budget du Québec» comme un «trésor électoral». Pour Philippe Couillard, son gouvernement a transformé un déficit en marge de manoeuvre.

La peur

Le mot «peur» a été utilisé souvent et à toutes les sauces. M. Couillard a plusieurs fois accusé M. Legault de faire peur aux immigrants, tandis que M. Lisée a soutenu que seul un gouvernement du PQ ferait peur au gouvernement fédéral.

Matamore

Un nouveau qualificatif pour le président américain Donald Trump: «Matamore»;  gracieuseté de Philippe Couillard.

Manque d’énergie

Manon Massé a trébuché sur quelques mots à la fin du débat en cherchant à expliquer son projet de créer une filière de lithium au Québec. Le monde «va avoir besoin de planètes», a-t-elle soutenu en voulant dire qu’il aura besoin de batteries.

Étrillés

La solidaire Massé et Jean-François Lisée se sont régulièrement étrillés. Le péquiste a plus d’une fois tenté d’aller à la pêche aux voix des sympathisants solidaires.