François Legault a été interpellé sur l'enjeu du financement des universités vendredi midi après son discours devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain par le président de l'organisme, Michel Leblanc.

Legault refuse de régler le sous-financement des universités

DUNHAM — Le chef caquiste, François Legault, a refusé de régler le sous-financement des universités, un manque à gagner évalué à pas moins de 860 millions $ par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

Il a aussi fermé la porte à un allégement de la fiscalité des entreprises, malgré la récente réforme fiscale de l'administration Trump aux États-Unis qui désavantage le Canada. Cependant, il a évoqué qu'une baisse des impôts des particuliers pourrait provenir de l'argent récupéré dans l'enveloppe de rémunération des médecins.

Interpellé sur l'enjeu du financement des universités vendredi midi après son discours devant la CCMM par le président de l'organisme, Michel Leblanc, M. Legault a plutôt indiqué qu'un gouvernement caquiste ferait le lien entre les facultés de génie, de sciences de la vie et le développement économique pour accroître le financement des établissements d'enseignement supérieur.

La CCMM soutient qu'en moyenne, les universités québécoises reçoivent en financement gouvernemental 600 $ de moins par habitant que la moyenne canadienne, soit 862 millions $ au total.

«On n'a pas rien dans notre cadre financier» à propos de ce manque à gagner, a convenu le chef caquiste en mêlée de presse, au terme de l'activité de la CCMM.

Cependant, il suggère de prendre 800 millions $ des crédits d'impôt en recherche et développement pour en faire bénéficier les universités.

Il a parlé de la Suède et de la Bavière, où de nombreux chercheurs universitaires travaillent carrément dans les bureaux des entreprises, payés par l'État ou l'université.

«Il y a une culture à changer», a-t-il répondu à M. Leblanc, en espérant surmonter les réticences des universitaires.

«Il va falloir se réconcilier avec le fait qu'il faut mieux financer nos facultés de génie et des sciences de la vie. Il faut aussi commercialiser nos innovations et en faire profiter nos entrepreneurs, arrêter d'avoir peur que nos entrepreneurs fassent de l'argent. Il faut glorifier nos entrepreneurs», a-t-il conclu sous les applaudissements.

Une baisse des impôts?

Le chef de la CAQ n'a pu non plus satisfaire la requête de la CCMM d'alléger les impôts des entreprises pour mieux concurrencer les rivales américaines, qui bénéficient de la réforme de l'administration Trump.

M. Legault a cependant répété qu'il voulait aider les entreprises qui offrent des salaires plus élevés, de 25 $ l'heure et plus, «fiscalement ou autre».

«Ce qui est important, c'est qu'on donne des incitatifs aux entreprises qui créent des emplois payants, de dire: la meilleure place [pour investir], c'est au Québec», a-t-il dit au président de la CCMM.

Toutefois, M. Legault a laissé miroiter que son équipe allait tout tenter pour baisser davantage les impôts des contribuables dès que son éventuel gouvernement aurait dégagé des marges de manoeuvres dans son budget.

Il a rappelé que sa formation s'était déjà engagée à réduire de 1,7 milliard $ le fardeau fiscal des contribuables.

«J'ai des gars et des femmes avec moi [dans mon équipe de candidats] qui rêvent qu'on ait de plus grosses marges de manoeuvre, parce que je suis tanné qu'on soit dans le plafond et les plus taxés en Amérique du Nord.»

La marge de manoeuvre dégagée pourrait venir de la renégociation à la baisse des enveloppes de rémunération des médecins. M. Legault espère ainsi récupérer 1 milliard $ et il pourrait l'offrir en baisse d'impôts aux contribuables.

«C'est une possibilité», a-t-il laissé entendre.