Stéphane Le Bouyonnec, président de la Coalition avenir Québec (CAQ) et candidat pour le parti dans le comté de La Prairie, a annoncé sa démission, mardi.

Le président et candidat de la CAQ Le Bouyonnec démissionne

Une tuile s’est abattue sur la Coalition avenir Québec (CAQ) au Jour 6 de la campagne électorale : Stéphane Le Bouyonnec, président du parti et candidat dans le comté de La Prairie, a démissionné.

Dans un long message publié mardi sur sa page Facebook, le proche confident de François Legault explique qu’il a pris la décision «difficile» de quitter ses fonctions afin de «préserver les efforts (qu’il a) consacrés notamment à la préparation électorale du parti».

Il ajoute qu’il est hors de question pour lui de laisser ses «adversaires politiques se servir de (son) parcours professionnel pour faire des amalgames douteux» et nuire aux chances de la CAQ de remporter l’élection le 1er octobre.

En juin, Stéphane Le Bouyonnec avait mis son parti dans l’embarras, étant forcé de quitter ses fonctions à la tête de l’entreprise Techbanx, reconnue pour ses prêts consentis à des taux usuraires.

Mais il avait décidé de demeurer aux commandes de la CAQ et de maintenir sa candidature dans La Prairie.

Le gouvernement libéral et l’opposition péquiste avaient dénoncé conjointement les choix professionnels du président de la CAQ, y voyant une façon de profiter des plus vulnérables de la société.

Les activités de Techbanx sont considérées comme légales dans plusieurs provinces, mais pas au Québec.

Le taux d’intérêt maximal permis au Québec est de 35 % par an, alors que l’entreprise autoriserait des prêts à un taux de 60 %, voire davantage.

Le chef de la CAQ, François Legault, savait que M. Le Bouyonnec dirigeait cette entreprise établie en Ontario et spécialisée dans l’évaluation de crédit et les prêts privés accordés à taux d’intérêt très élevés, mais il l’avait maintenu en poste, considérant le dossier clos.

«J’ai la conviction profonde d’avoir agi de façon éthique au cours de ma carrière, tant privée que publique, a écrit M. Le Bouyonnec mardi. Cela dit, je m’abstiendrai de faire des commentaires supplémentaires concernant la substance de l’enjeu. J’aurai l’occasion de le faire à un moment plus opportun, dans un contexte qui s’y prêtera.»

Accusé de «tous les maux» sur les réseaux sociaux

Mardi, le chef caquiste a encaissé le coup. Il a dit respecter le choix de Stéphane Le Bouyonnec de quitter le parti.

«C’est un moment difficile, (...) je trouve ça triste, a-t-il déclaré en marge d’un événement partisan à Québec. Je lui dis quand même un grand merci pour tout le travail qu’il a fait depuis six ans et demi avec la CAQ.»

Il a précisé que M. Le Bouyonnec se retirait en raison des commentaires, trop durs, qui pullulent à son sujet sur les réseaux sociaux.

«Sur Facebook et Twitter, on l’accuse de tous les maux, mettez-vous à sa place, a-t-il ajouté. Il trouvait ça dur pour ses enfants.»

M. Legault assure avoir un choix très large parmi plusieurs candidats pour remplacer M. Le Bouyonnec dans La Prairie. Une élection à l’interne aura également lieu pour désigner un nouveau président de la CAQ.

Dans le passé, M. Le Bouyonnec s’était également fait passer pour un ingénieur. En 2015, la Cour du Québec l’a condamné à acquitter une amende de 2000 $, quand l’Ordre des ingénieurs a découvert que son profil apparaissant sur un réseau social indiquait qu’il portait le titre d’ingénieur, ce qui n’est pas vraiment le cas.

Plus tard, ce dernier a précisé sur sa page Facebook qu’il avait une formation d’ingénieur et avait été pendant 25 ans membre de l’Ordre des ingénieurs, mais qu’il ne pratiquait plus sa profession depuis 2012. Il n’est plus membre de l’ordre depuis et a fait retirer de son CV et de toutes ses cartes professionnelles la référence à son statut passé d’ingénieur, mais avait oublié de l’effacer de son compte du réseau social LinkedIn, d’où la réprimande de l’Ordre des ingénieurs.