Le PQ promet des mesures pour augmenter l’immigration à Québec

Les différentes mesures mises en œuvre par un gouvernement du Parti québécois (PQ) répondraient à la demande de Régis Labeaume d’augmenter de 3000 à 5000 le nombre d’immigrants qui s’installent chaque année dans la capitale, selon la candidate péquiste dans Taschereau, Diane Lavallée.

En début de campagne, le maire de Québec a réclamé 2000 immigrants de plus annuellement, ce qui correspondrait au poids démographique de la capitale. À la différence de la Coalition Avenir Québec (CAQ), qui croit elle aussi pouvoir répondre à la demande du maire de Québec même si elle ferait passer le nombre annuel d’immigrants de 52 000 à 40 000, le PQ veut favoriser davantage les immigrants qui parlent français, «quitte à rembourser la formation de ceux qui auront appris [la langue] avant de venir».

«La CAQ n’a pas d’exigences de français pour les immigrants qui veulent venir ici, donc à la limite, il pourrait y avoir 100% d’immigrants qui parlent anglais ou une autre langue […]. Nous on considère que ce n’est pas une facilité pour l’intégration, et ça n’envoie surtout pas le signal qu’au Québec, ça se passe en français», a déclaré Mme Lavallée en conférence de presse, lundi, réitérant l’engagement de son chef de faciliter l’apprentissage du français préalablement à l’arrivée des immigrants sur le sol québécois. 

Un gouvernement péquiste rouvrirait par ailleurs les bureaux régionaux du ministère de l’Immigration, dont celui de Québec, que le gouvernement libéral a fermé «malgré les besoins qui augmentaient». Ce bureau serait «étroitement lié» aux initiatives locales et régionales qui se sont structurées ces dernières années «pour en maximiser l’efficacité», a précisé Mme Lavallée.

Les sept bureaux régionaux du ministère de l’Immigration ont été fermés en 2015 afin de dégager des économies annuelles récurrentes de 4,6 millions $ à compter de l’exercice 2016-2017. Pour Diane Lavallée, dont le parti veut amener 25% d’immigrants dans les régions autres que la métropole, «on ne peut pas faire d’économie sur les besoins de main-d’oeuvre quand on fait une priorité gouvernementale de répondre à ces besoins-là».

À l’instar de la CAQ, le PQ veut également améliorer et élargir la voie express qui permet aux immigrants déjà sur le territoire et déjà embauchés d’obtenir leur certificat de sélection grâce au Programme de l’expérience québécoise. «Dans la Capitale-Nationale, l’existence d’une offre d’emploi validée liant employeur et candidat mettra également le dossier de ce candidat dans une voie express d’approbation», a indiqué Diane Lavallée.

Le PQ modifiera aussi la grille de sélection des immigrants pour augmenter «considérablement» la pondération accordée à leur engagement de s’établir hors de la métropole. «Il n’y a que deux points de différence pour le candidat qui veut s’installer en région et celui qui veut s’installer à Montréal. Un gouvernement du PQ donnera deux fois plus de points aux candidats qui s’engagent à s’établir en région», a promis la candidate de Taschereau.

Registre des besoins

L’équipe de Jean-François Lisée propose en outre que les entreprises puissent indiquer à Revenu Québec quels sont leurs besoins en main-d’oeuvre dans leur déclaration d’impôt. De cette manière, le ministère de l’Immigration pourra leur proposer les curriculum vitae des nouveaux arrivants «qui répondent à leurs besoins réels», a expliqué Diane Lavallée. 

Autre mesure proposée par le PQ: la mise en place d’un processus «indépendant, certifié et reconnu» de reconnaissance des compétences et des diplômes acquis à l’étranger. Le parti veut créer un «guichet unique de traitement» au sein du ministère de l’Immigration, en collaboration avec l’Office des professions et le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. «La délivrance d’une attestation de qualification québécoise ne devra pas excéder un an», a précisé Mme Lavallée. 

Selon elle, il est particulièrement «urgent» de reconnaître la formation des immigrants originaires de l’Afrique du Nord «en négociant avec la Tunisie, le Maroc et l’Algérie des ententes de reconnaissance réciproque, comme il en existe avec la France».

Enfin, le PQ s’engage à faciliter l’attraction et la rétention des étudiants étrangers. «À l’Université Laval, ça prend huit semaines au ministère de l’Immigration pour donner une certification aux étudiants qui veulent venir, alors qu’à l’Université d’Ottawa, ça en prend deux. On a un problème», a illustré Mme Lavallée.