Dans Rimouski, le député sortant Harold LeBel (PQ) a été réélu avec 45 % des voix.

Le PQ garde le contrôle dans l’est

NEW CARLISLE — Le Parti québécois a réussi à garder le contrôle d’une majorité de circonscriptions de la Gaspésie, de la Côte-Nord et du Bas-Saint-Laurent puisqu’il sort de l’élection avec cinq victoires confirmées et une avance sur neuf circonscriptions, au moment d’aller sous presse, le même nombre qu’en 2014 si l’avance était pour se transformer en gain.

Le PQ a même repris la circonscription des Îles-de-la-Madeleine, perdue il y a quatre ans, mais il a perdu Gaspé, où quatre nouveaux candidats tentaient leur chance, à la suite du retrait du député Gaétan Lelièvre de la vie politique. M. Lelièvre a terminé son mandat comme indépendant. C’est dans ces seules régions que le PQ est resté fort au Québec.

Dans Bonaventure, le péquiste Sylvain Roy a remporté un troisième mandat d’affilée malgré une bataille livrée à partir du 5 septembre contre le cancer de la gorge, dans un hôpital de Québec. Il n’est revenu que deux fois dans la circonscription depuis cette date, mais il ne croyait pas être en mesure de le faire quand la campagne a été lancée.

M. Roy a indiqué que son équipe avait joué un rôle important dans sa victoire et que ce gain venait du fait que «monsieur et madame tout le monde avaient reconnu notre capacité à protéger leurs intérêts».

Il entend «continuer à jouer un rôle de premier plan afin de prouver que la Gaspésie n’est pas une excroissance» au Québec. Ce message s’adressait surtout à la Coalition avenir Québec. Sur le plan personnel, il a indiqué que ses traitements contre le cancer progressaient bien.

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Le péquiste Joël Arseneau reprend les Îles-de-la-Madeleine au Parti libéral. Cet enseignant et ex-maire de l’archipel a obtenu une maigre avance de 21 voix sur la libérale Maryse Lapierre. M. Arseneau était ému de sa victoire mais convenait qu’il «va falloir réfléchir à l’avenir du mouvement souverainiste des forces progressistes», vu la poignée d’élus du Parti québécois. «Avec un gouvernement majoritaire [de la CAQ] et certaines positions pas nécessairement favorables aux régions, il va falloir se tenir debout», ajoute M. Arseneau.

Côte-Nord

Dans René-Lévesque, Martin Ouellet est l’un de ceux qui a résisté à la vague caquiste avec 42 % des votes et une majorité relativement confortable de 1500 voix devant le candidat de la CAQ, André Desrosiers. «Le Québec nous a envoyé un message, à nous de le prendre avec humilité», a lancé le péquiste devant le résultat à l’échelle nationale de son parti, parlant «d’examen de conscience» à faire. «La Côte-Nord est restée bleue parce qu’on croit au développement des régions», a ajouté celui qui avait récolté 49 % du vote lors de sa première élection en 2015, à la faveur d’un scrutin complémentaire. «C’était une véritable bataille à trois cette fois-ci», a-t-il enchaîné. On peut toutefois en douter car le libéral Jonathan Lapointe a terminé lointain troisième, à moins de 13 % du vote.

Toujours sur la Côte-Nord, mais dans la circonscription voisine de Duplessis, la lutte était beaucoup plus serrée entre la députée sortante, la péquiste Lorraine Richard, et Line Cloutier de la Coalition avenir Québec. Au moment d’écrire ces lignes, après le dépouillement des votes de 168 bureaux sur 180, Mme Richard détenait une courte majorité de 89 voix (6242 contre 6153) sur sa rivale de la CAQ.

Gaspé

Dans Gaspé, le libéral Alexandre Boulay a obtenu une très courte victoire de 132 voix devant la péquiste Méganne Perry Mélançon. M. Boulay, un ingénieur de 37 ans, est en congé sans solde d’un poste de directeur de l’usine de pales d’éoliennes LM Wind Power, à Gaspé. Sa circonscription est la seule libérale de l’Est-du-Québec.

Bas-Saint-Laurent

Le député sortant de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, a été réélu pour un cinquième mandat. Élu pour la première fois en 2007, celui qui occupait la fonction de leader parlementaire au Parti québécois a obtenu une très forte majorité de 70 % des votes. Il a obtenu une majorité de plus de 15 000 voix sur ses deux plus proches adversaires, le caquiste Mathieu Quenum et la libérale Annie Fournier, qui sont arrivés quasiment ex aequo avec un peu plus de 11 % des suffrages.

La circonscription de Rimouski n’a pas failli à sa tradition péquiste vieille de 24 ans puisque le député sortant Harold LeBel a été réélu avec 44 % des voix. Alors que les sondages le plaçaient nez à nez avec la caquiste Nancy Lévesque, il a obtenu une majorité de 20 % sur la caquiste avec 25 %, suivie par la solidaire Carol-Ann Kack avec 16 %.

La vague bleu pâle atteint pour la première fois l’Est-du-Québec avec l’élection de la caquiste Marie-Ève Proulx dans Côte-du-Sud avec une large avance de 54 %, suivie de loin par le libéral Simon Laboissonnière, qui a obtenu 21 % des voix. Guillaume Dufour est entré avant le péquiste Michel Forget avec respectivement 11 % et 10 % des voix.

La CAQ s’étend aussi jusqu’à la circonscription de Rivière-du-Loup−Témiscouata, reconnue comme un fief libéral, alors que Denis Tardif a réussi à déloger le libéral Jean D’Amour, député depuis neuf ans. M. Tardif a été élu avec 39 % des suffrages comparativement à 34 % pour Jean d’Amour.

Avec la collaboration spéciale de Johanne Fournier, Geneviève Gélinas et Steeve Paradis