Les affiches vandalisées d'Ali Dahan

Le candidat Ali Dahan reçoit des menaces et se terre chez lui

MONTRÉAL — Le candidat indépendant Ali Dahan doit maintenant faire campagne terré chez lui après avoir été informé vendredi dernier par les policiers de Québec qu'il avait fait l'objet de menaces contre sa personne.

«Depuis lors, je ne dors pas, j'ai peur, je ne sors plus comme avant», a-t-il confié lors d'une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, mercredi.

«Et même pour sortir, pour vaquer à mes choses quotidiennement, je ne peux plus comme avant. Il faut que je regarde derrière moi et j'ai peur.»

M. Dahan, qui brigue les suffrages dans la circonscription de Jean-Talon, avait vu une de ses pancartes criblée de projectiles d'une arme à air comprimé, la semaine dernière.

Cette fois, ce sont les policiers qui l'ont convoqué à la centrale pour lui faire part de propos sur un site web d'information qui avait publié la nouvelle sur les méfaits à l'endroit de son affiche électorale.

Selon M. Dahan, une personne que les policiers ont déjà identifiée a tenu des propos sous l'article disant essentiellement qu'après les pancartes, ce serait lui qui serait visé la prochaine fois.

«Le sergent-détective m'a dit: c'est une affaire sérieuse, c'est un crime haineux, donc il faudrait que vous fassiez une plainte. C'est ce que j'ai fait», a-t-il raconté.

De son côté, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) confirme qu'une enquête est en cours dans cette affaire.

Ali Dahan, qui est de confession musulmane, dit avoir même du mal à dormir et il craint de sortir de chez lui pour vaquer à ses activités quotidiennes, soulignant au passage qu'il habite tout près de la mosquée où a eu lieu le carnage du 29 janvier 2017.

Stratégie de campagne revue

Il a confié que le suspect n'a toujours pas été appréhendé et, donc, qu'il ne sort pratiquement plus de chez lui, ce qui l'a forcé à revoir sa stratégie de campagne.

«Je ne peux plus faire le porte-à-porte et toutes mes activités comme avant. J'ai peur. Donc, je continue ma campagne, mais de la maison», se désole-t-il.

«J'aimais faire le porte-à-porte, parce qu'on apprend beaucoup quand on fait du porte-à-porte: les problèmes de nos concitoyens et comment on peut les résoudre et quelles sont les solutions et tout ça, en parlant avec les gens.»

Quoi qu'il en soit, il n'y a apparemment aucun lien entre l'auteur des menaces et la personne qui a criblé sa pancarte de projectiles.

Cette dernière est un homme de 26 ans, qui a été arrêté à Québec la semaine dernière relativement au méfait sur l'affiche de M. Dahan.

Le Service de police de la Ville de Québec avait alors précisé, cependant, qu'il ne s'agissait pas d'un crime à caractère haineux.

Le suspect s'était présenté lui-même à un poste de police, où il avait été mis en état d'arrestation pour méfait sur un document électoral et pour avoir utilisé une arme à feu avec négligence avant d'être libéré sous certaines conditions en attendant de comparaître devant un tribunal.

Les policiers avaient alors saisi une carabine à air comprimé, quatre chargeurs, des projectiles et des accessoires.