La Coalition avenir Québec promet d'égaler l'engagement libéral d'investir 35 millions $ pour la création d'un programme d'aide aux familles d'enfants handicapés, et elle augmente la mise: 22 millions $ de plus par année dans le programme d'aide financière dédié aux familles d'enfants mineurs lourdement handicapés.

La Coalition avenir Québec veut aider les parents d'enfants handicapés

SAINT-ALPHONSE-RODRIGUEZ — La Coalition avenir Québec promet d'égaler l'engagement libéral d'investir 35 millions $ pour la création d'un programme d'aide aux familles d'enfants handicapés, et elle augmente la mise: 22 millions $ de plus par année dans le programme d'aide financière dédié aux familles d'enfants mineurs lourdement handicapés.

Jeudi, au Camp Papillon situé à Saint-Alphonse-de-Rodriguez, dans Lanaudière, le chef de la CAQ, François Legault, a promis de se battre pour améliorer le sort de ces familles, qui sont trop souvent laissées à elles-mêmes.

En plus de faire sienne la promesse libérale de mettre sur pied un nouveau programme d'aide intermédiaire, il s'engage à bonifier le Supplément pour enfant handicapé nécessitant des soins exceptionnels (SEHNSE), et à rétablir un équilibre entre l'aide financière versée aux parents biologiques d'enfants handicapés et les familles d'accueil.

La CAQ compte parmi ses candidats Marilyne Picard, la cofondatrice et l'ancienne porte-parole du mouvement «Parents jusqu'au bout».

C'est en réponse aux pressions de cet organisme que le gouvernement libéral a mis en place le SEHNSE en 2016.

Selon le parti de François Legault, le SEHNSE ne répond pas aux besoins de 54% des parents d'enfants mineurs lourdement handicapés, qui ont vu leurs demandes d'aide refusées au cours des dernières années, «parce que les enfants n'étaient pas assez handicapés».

Pour soulager ces familles, un gouvernement de la CAQ bonifierait de 22 millions $ par année le SEHNSE, pour un total de 54 millions $ annuellement.

La CAQ croit que tous les parents devraient recevoir de l'aide, en fonction de la sévérité des limitations de l'enfant: plus le handicap est sévère, plus l'État devrait subvenir à ses besoins.

Le montant mensuel maximum resterait plafonné à 962 $, mais «100%» des familles d'enfants mineurs lourdement handicapés y auraient accès, ou à des sommes inférieures.

«Ce que les libéraux ont proposé ne touche pas aux enfants lourdement handicapés, donc notre proposition aujourd'hui est unique, elle n'est pas répétée par les libéraux, a déclaré M. Legault. Sur la proposition des libéraux concernant les enfants qui sont moins handicapés, je suis très ouvert à au moins égaler celle du gouvernement, mais on voudrait peut-être aller plus loin.»

Un gouvernement caquiste «irait plus loin» en rétablissant un équilibre entre l'aide financière versée aux familles naturelles par rapport aux familles d'accueil.

En juillet, une étude réalisée pour deux organismes de soutien aux familles avait démontré que les familles qui s'occupent de leur propre enfant handicapé recevaient moins par rapport à une famille d'accueil.

La candidate Picard, qui est elle-même mère d'une enfant de six ans lourdement handicapée, crie à l'injustice. Elle souhaite vivement être élue dans la circonscription de Soulanges pour remédier à la situation.

«Toutes ces choses-là, je les sais, je les connais, elles sont chez moi, a-t-elle déclaré. J'ai un ascenseur à la maison, (...) maintenant on est en train de voir pour une auto adaptée.

«Donc, ce sont toutes ces choses-là dont moi je suis au courant et puis je pense que je serais une des super bonnes personnes pour représenter les 36 000 enfants handicapés du Québec», a-t-elle ajouté.

La CAQ s'engage ainsi à lancer des travaux conjointement avec les familles et les ministères concernés pour déterminer la valeur de l'aide financière supplémentaire que l'État pourrait verser aux familles naturelles par rapport aux familles d'accueil.

Promesses du PLQ

La semaine dernière, le chef du Parti libéral, Philippe Couillard, s'était engagé à bonifier l'aide aux familles avec un enfant handicapé en promettant annuellement 70 millions $ de plus, notamment pour la mise sur pied d'un nouveau programme d'aide intermédiaire.

Environ 35 millions $ seront consacrés à ce programme, qui devrait permettre à 10 000 enfants handicapés de recevoir annuellement 5900 $ — soit plus du double par rapport aux 2304 $ du supplément pour enfants handicapés.

Ceux-ci font partie des 34 000 enfants admissibles au supplément pour enfants handicapés, qui est moins généreux. Environ 2000 autres sont couverts par le programme pour les besoins exceptionnels - destiné aux enfants lourdement handicapés — mis sur pied en 2016.

Le PLQ promet aussi un revenu de base à tout enfant handicapé inapte à l'emploi qui atteint l'âge de 18 ans, une mesure qui touche 1200 personnes. Ceux-ci toucheraient, à compter de 2019-2020, 18 000 $ par année.

Dans son bouquet de mesures, le PLQ propose également 1000 places supplémentaires aux 4000 actuelles dans les centres de jour aux familles qui ont un enfant handicapé, en plus de 2000 places de répit additionnelles.

De plus, les quelque 1800 familles actuellement en attente de soutien pourraient toucher environ 300 $ de plus annuellement.