Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a été accueilli par des militants lors d’une visite éclair à Yamachiche en soirée lundi.

Jean-François Lisée: un autre appui pour les rodéos

Yamachiche — Tout comme le chef libéral et premier ministre Philippe Couillard, le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, défend les rodéos, notamment ceux qui se tiennent dans le cadre du Festival western de Saint-Tite.

De passage à Yamachiche en soirée lundi afin de casser la croûte et rencontrer les quelques dizaines de militants qui l’attendaient au restaurant La Porte de la Mauricie, le leader souverainiste s’est dit en faveur de ces événements dans leur forme actuelle. Selon lui, les organisateurs de ces compétitions, dont ceux du festival de Saint-Tite, prennent les mesures qui s’imposent afin de traiter adéquatement les animaux. Il a d’ailleurs confié qu’il avait déjà assisté à des rodéos dans le passé, et ce, à plusieurs reprises.

«Je suis sensible au bon traitement des animaux bien sûr. Et je sais que l’organisation du Festival [de Saint-Tite] fait des efforts pour s’assurer que les animaux sont correctement traités. Moi, ça me satisfait. Ils sont attentifs, à l’écoute et il y a un comité qui se réunit. C’est ce qu’il faut appuyer. Lorsque je serai premier ministre, s’ils ont besoin d’aide du ministère de la Faune ou quoi que ce soit, nous allons les accompagner là-dedans. Ce n’est pas une corrida. Il n’y a pas de mise à mort», a-t-il déclaré.

Bien qu’il aimerait s’y rendre, le chef n’est pas certain si son horaire, et surtout sa volonté d’aller dans toutes les régions du Québec au cours de la campagne, lui permettront de visiter Saint-Tite d’ici la fin du très couru festival.

Changement de cap
Plus tôt dans la journée, le PQ a indiqué qu’il renonce à son engagement de bannir la vente des véhicules à essence à compter de 2035, privilégiant la stratégie de la carotte à celle du bâton.

«Effectivement [...] nous avons décidé, ces dernières semaines, que ce n'était pas avec du vinaigre qu'on allait attirer les gens vers les voitures électriques», a indiqué Jean-François Lisée en mêlée de presse à Alma, lundi après-midi.

Le chef a dû procéder à des clarifications après avoir provoqué un certain flou en dévoilant, quelques heures auparavant, son «Plan de lutte contre la crise climatique».

Dans le document en question, on évoquait l'adoption de «cibles audacieuses de ventes de véhicules électriques rechargeables».

Or, dans la plateforme électorale qui a été adoptée en mai dernier, il est écrit que «100 pour cent des véhicules légers vendus au Québec en 2035 devront être rechargeables».

Le chef a expliqué que dans les «dernières semaines», il a été décidé d'amorcer un virage afin d'adopter une approche dite d'«accompagnement positif» des consommateurs québécois.

«Aller aujourd'hui sur des idées de contrainte et de punition, c'est vraiment prendre les gens à rebours», a-t-il offert en décochant une flèche à l'endroit de Québec solidaire (QS).

«Faire peur au monde comme le fait Québec solidaire, c'est ne pas créer une acceptabilité sociale pour le passage au rechargeable. Nous, on a une autre méthode», a-t-il offert.

Le plan de la formation de gauche en ce qui concerne le parc automobile québécois de l'avenir prévoit le bannissement progressif de la vente de véhicules à essence, avec 2050 comme échéancier pour atteindre cet objectif.

La mesure sur les véhicules électriques rechargeables figure parmi les nombreuses propositions vertes mises de l'avant dans le plan péquiste. Une autre mesure propose d'«installer, d'ici 2025, autant de bornes de recharge rapide qu'il y a de stations-service au Québec». Selon le PQ, il y a actuellement environ 2900 stations d'essence et 130 bornes de recharge en territoire québécois.

La formation promet le déploiement d'un réseau de bornes «partout sur le territoire», en commençant par en installer 2000 dès un premier mandat. L'opération coûterait 30 millions $ par année et serait financée à même le Fonds vert, est-il précisé dans le plan.

Au chapitre de la gouvernance, le chef Lisée a annoncé son intention de conserver la responsabilité du développement durable s'il est élu premier ministre, «pour bien montrer à l'ensemble des ministères que c'est une priorité de l'État».

Il a d'ailleurs insisté sur le fait qu'on n'a plus le choix de parler désormais de situation de «crise climatique».