La candidate du Parti québécois Michelle Blanc et le chef Jean-François Lisée

Jean-François Lisée défend toujours Michelle Blanc

ALMA — Les propos de Michelle Blanc sur les juifs hassidiques et sur Hitler n'auraient pas aussi bien passé si elle les avait formulés à titre de candidate, a indiqué lundi Jean-François Lisée.

Le chef péquiste a légèrement nuancé ses propos, lundi, mais il n'a pas changé sa position sur l'«humour noir» de celle que Philippe Couillard a accusée d'avoir «franchi une ligne rouge» avec son gazouillis sur le dictateur nazi.

Le dirigeant du PQ a ajouté un élément à son discours par rapport à ce qu'il avait offert jusqu'à présent lorsqu'on lui a de nouveau demandé, lundi après-midi, de se prononcer sur une entrée de blogue de 2007 où Michelle Blanc écrivait qu'elle était passée à un cheveu de «frapp(er)» par «intolérance» un juif hassidique qui s'était conduit de manière impolie chez le fleuriste.

«Elle était libre de l'exprimer à ce moment-là. Évidemment, comme candidate, elle n'écrirait pas les choses de la même façon. On a une plus grande réserve quand on est candidat. Mais vous ne me verrez jamais dénoncer quelqu'un qui critique la religion en tant que citoyen», a-t-il affirmé en mêlée de presse à Alma.

«Je défends le droit de la communauté hassidique à Montréal, de s'épanouir, d'être là. C'est ma position. Mais je défendrai le droit de quiconque à critiquer ce groupe et d'autres groupes religieux», a martelé M. Lisée. Il a de nouveau accusé le B'nai Brith — qui avait réclamé l'éjection de l'aspirante députée — de chercher à baliser la liberté d'expression au Québec.

Le dirigeant de l'organisation juive, Harvey Levine, a envoyé une lettre au chef du PQ vendredi passé pour lui demander de montrer la porte à Michelle Blanc, reprochant à cette dernière d'avoir «exprimé publiquement et avec malveillance des sentiments antisémites, racistes et préjudiciables».

Les adversaires politiques de Jean-François Lisée n'ont pas voulu dire si ce dernier devrait montrer la porte à sa candidate.

La «ligne rouge» dépassée, selon Couillard

Mais le gazouillis qu'elle a écrit en 2011 («Merde, j'ai oublié de fêter l'anniversaire de Hitler la semaine dernière!») a inspiré une réaction au chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Philippe Couillard.

«Il y a des sujets qui me paraissent au-delà de ce qu'on peut appeler la ligne rouge. Je comprends que de parler de l'anniversaire d'Hitler, c'est de l'humour, mais faire de l'humour avec l'un des plus importants meurtriers de l'histoire de l'humanité, ça me paraît douteux. Pour le reste, c'est au PQ de se gouverner», a-t-il offert à Québec.

«De l'humour noir, c'est de l'humour noir. Et si M. Couillard veut interdire l'humour noir, c'est un choix», lui a renvoyé Jean-François Lisée depuis Alma.

Il a commencé à montrer des signes d'irritation lorsque les journalistes lui ont demandé de préciser s'il connaissait le contexte du gazouillis controversé de sa candidate. «Cette conversation est, à mon avis, ridicule. Là, ce qu'on est en train de faire, c'est d'essayer savoir si de l'humour noir était en contexte ou pas... c'est de l'humour noir!», a-t-il lancé.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a pour sa part signalé qu'il préférait «laisser M. Lisée se démerder avec ses problèmes».

Pas d'instrumentalisation, dit Lisée

En matinée, le dirigeant péquiste s'est défendu d'avoir voulu instrumentaliser le B'nai Brith pour marquer des points politiques.

«C'est ma décision, j'en suis très content», a-t-il répondu lorsqu'on lui a demandé pourquoi son équipe avait distribué aux journalistes qui couvrent sa campagne la missive qu'il a envoyée en réponse à l'organisation, disant avoir été mû par son désir de «transparence totale».

Le chef péquiste a accusé le B'nai Brith d'avoir voulu «envoyer une grenade dans (sa) campagne» et défendu son droit de riposter à ce qu'il a qualifié de «tentatives d'intimidation».

Il a aussi assuré que personne dans son entourage ne l'exhortait à larguer Michelle Blanc et soutenu qu'il n'avait pas non plus l'intention de la cacher d'ici la fin de la campagne électorale. Avec Julien Arsenault et Vicky Fragasso-Marquis