On ne sait pas encore où rebondira Julie Boulet après la campagne électorale, mais il demeure possible qu’on la revoie un jour comme candidate.

«Il y a toutes sortes de politiques...»

SHAWINIGAN — L’élection du 1er octobre marquera la fin d’un important chapitre de la carrière politique de Julie Boulet, mais la dernière page du livre ne sera peut-être pas encore tournée. Questionnée mercredi dans le cadre d’une conférence d’information pour faire le point sur les investissements prévus au centre de glisse Vallée du parc, la ministre du Tourisme n’a pas fermé la porte à se lancer à nouveau en campagne électorale un jour.

«À l’avenir, je ne le sais pas», rétorque-t-elle. «Il y a toutes sortes de politiques, dans la vie... On verra. Je n’ai pas fermé la porte à ça.»

En 2000, Julie Boulet avait étonné tous les observateurs de la scène politique fédérale en chauffant le candidat bloquiste Marcel Gagnon lors de sa première expérience en campagne électorale, dans le comté de Champlain. La recrue libérale avait été battue par 15 voix, au bout d’un recomptage. Le Bloc québécois paraissait imbattable à ce moment. Trois ans auparavant, Réjean Lefebvre avait coiffé le libéral Pierre Lesieur par près de 7800 votes dans le même comté.

Il n’est pas dit non plus que Mme Boulet ne pourrait être attirée par la scène municipale. «Je ne dis pas que je n’aimerais pas tenter ma chance à la mairie un jour», avait-elle déclaré au Nouvelliste, en juillet 2005.

À court terme toutefois, la politique ne fait plus partie de ses projets. Mercredi, elle a répondu à l’invitation du directeur général de la station Vallée du parc, Alain Beauparlant, toujours très reconnaissant que la ministre ait consenti une aide financière de près de 1,5 million $ pour encourager la réalisation d’améliorations au centre de glisse qui totaliseront 4,3 millions $.

À chaque apparition publique, la toujours populaire représentante de Laviolette se demande s’il s’agira de sa dernière à titre de députée.

«Je ne le sais pas», réplique-t-elle à cette observation. «Je vais aller où on m’invite. Je suis contente quand des projets se concrétisent. C’est la raison première de mon engagement en politique.»

Comme elle l’avait annoncé, Julie Boulet accompagne certains candidats dans la région au cours de cette campagne, sans toutefois solliciter la confiance des électeurs. Elle reconnaît qu’il s’agit d’un contexte pour le moins particulier.

«C’est déchirant, je vous dirais», exprime-t-elle. «Je me sens... J’aurais le goût de participer plus activement. En même temps, je me dis qu’il faut que je laisse la place à d’autres, que je sois un peu en retrait. J’essaie de trouver mon équilibre dans tout ça.»

L’expérimentée politicienne demeure sereine dans son étonnante décision de ne pas briguer les suffrages, contrairement à ce qu’elle avait annoncé au début de l’année.

«Il faut savoir partir», philosophe-t-elle. «On est mieux de partir une année trop tôt qu’une année trop tard. Je pense que c’était le moment, pour moi, de laisser ma place à d’autres. Après 17 années, c’est un travail très exigeant, physiquement. J’avais un grand comté, beaucoup de distance à parcourir. Il y aura une continuité, des gens prendront la relève et c’est correct comme ça. C’est la vie, tout simplement!»

«Je savais que ce serait difficile», confie-t-elle. «Il y a l’élection, mais aussi après l’élection. C’est une vie qui roule à 200 milles à l’heure et après, ce sera quel rythme? Ça m’effraie un peu, mais ça fait partie de toute la réflexion des gens qui partent à la retraite ou qui décident de faire une transition. Je ne veux pas arrêter. Je veux faire un autre travail, je veux avoir d’autres défis.»

Mme Boulet étudie «quelques» offres, mais elle ne peut encore confirmer ce que l’avenir lui réservera après le 15 octobre, alors qu’un nouveau conseil des ministres sera assermenté. La perspective d’un gouvernement libéral ne semble plus aussi farfelue qu’en début de campagne électorale...

«C’est serré, alors tout peut arriver!», sourit-elle. «Je pense que M. Couillard a un bon bilan, c’est un homme d’une grande intelligence, qui a une vision pour le Québec. Ne fermez pas les paris, je suis convaincue qu’on aura de belles surprises...»