Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée

Gertrude Bourdon semble prête à contourner les règles, dit le chef du PQ

SAINTE-MARIE-MADELEINE — La candidate libérale Gertrude Bourdon est prête à contourner les règles pour en arriver à ses fins, a déclaré le chef péquiste Jean-François Lisée.

Il a fait ce constat vendredi lorsqu'il s'est fait interroger sur une enquête réalisée par le bureau d'enquête du Journal de Montréal. Il y était révélé qu'un rapport de vérification du Conseil du trésor fait état que le CHU de Québec, alors qu'il était dirigé par Mme Bourdon, a fractionné des contrats pour en faciliter l'octroi à une entreprise spécifique. Selon ce rapport, la procédure du CHU pour les appels d'offres «n'est pas conforme au cadre normatif en gestion contractuelle», est-il rapporté dans le Journal.

«C'est louche», a commenté M. Lisée, en répondant aux questions des journalistes après avoir visité la ferme Jodoin & fils, à Sainte-Marie-Madeleine, en Montérégie.

Un truc vieux comme le monde, juge-t-il, que bien d'autres gestionnaires ont utilisé dans le passé.

Selon le chef, cela démontre que la candidate libérale «est prête à contourner les règles pour arriver à ses fins».

Les règles d'attribution des contrats publics prévoient notamment que les entreprises qui veulent décrocher des contrats de plus d'un million $ doivent détenir une autorisation de l'Autorité des marchés financiers.

Il ne s'agit pas de la première critique du chef du Parti québécois contre Mme Bourdon, pressentie par le chef libéral Philippe Couillard pour être sa future ministre de la Santé.

Lorsqu'il a été connu que la candidate - qui a eu une entrée en politique controversée - avait d'abord considéré se joindre à la CAQ avant de faire volte-face et passer aux libéraux, M. Lisée avait lancé, sans mâcher ses mots, qu'elle était devenue le «symbole de l'indécence politique».

Éric Caire également écorché

Vendredi, il a aussi écorché au passage le candidat caquiste Éric Caire, dans l'eau chaude pour avoir accepté avec son ex-conjointe un prêt personnel de 55 000 $ du maire Émile Loranger de L'Ancienne-Lorette, située dans sa circonscription, l'an dernier.

Quelqu'un devrait aller au fond des choses dans cette affaire de conflit d'intérêts, estime M. Lisée, évoquant l'UPAC (l'Unité permanente anticorruption) et la Commissaire à l'éthique et à la déontologie.

«Il y a des tas de questions qui n'ont pas de réponses», a-t-il dit.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, estime que son candidat a commis une «erreur», mais il pourra rester au sein du parti.

Après avoir participé à une conférence de presse pour souligner le front commun des différentes formations politiques québécoises afin de protéger la gestion de l'offre, M. Lisée a visité la ferme Jodoin pour continuer à parler de la situation des agriculteurs et se rendra ensuite en Haute-Côte-Nord, à Tadoussac. Il n'a pas fait d'annonce électorale en ce vendredi.