Le chef Coalition Avenir Québec, François Legault

François Legault espère un coup de pouce des régions pour une majorité

VAL-D'OR — Le gouvernement majoritaire que réclame François Legault «pourrait venir des régions», selon lui. Mais si les Québécois élisent un gouvernement minoritaire de la Coalition avenir Québec (CAQ) le 1er octobre, il s'engage à rester aux commandes pendant quatre ans en promettant qu'il ne «ferait pas» comme Pauline Marois.

«L'idéal, c'est d'avoir un gouvernement majoritaire. (...) Les électeurs ne peuvent pas décider si ça va être minoritaire ou majoritaire, ils peuvent juste décider d'appuyer ou non la CAQ. Moi, je leur suggère, pour avoir plus d'argent dans leurs poches, de voter pour la CAQ», a-t-il offert en mêlée de presse à Val-d'Or, lundi après-midi.

Invité à dire si, en cas de gouvernement minoritaire, il pourrait avoir de la difficulté à instaurer l'allocation famille de 2400 $ par enfant promise en campagne, il a affirmé qu'il allait «essayer» de livrer et qu'il espérait «avoir des appuis», mais qu'il allait assurément «tout faire» pour que l'engagement se concrétise.

«Je vois mal nos opposants s'opposer à un chèque de 2400 $ par enfant par famille», a tranché M. Legault. Il n'a pas précisé si cette mesure phare se retrouverait dans une mise à jour économique à l'automne. «Il y aurait une mise à jour économique assez rapide, mais regardez, on va d'abord gagner le 1er octobre», a indiqué François Legault.

Un peu plus tôt, à Mont-Laurier, il a plaidé que le chemin de la victoire caquiste passait probablement par l'appui des comtés plus éloignés. «C'est sûr que la majorité pourrait venir des régions, donc c'est pour ça que je vais être en région au cours des prochains jours», a-t-il exposé en mêlée de presse.

«On a besoin d'un gouvernement des régions. Le Parti libéral, au cours des dernières années, n'a pas été un gouvernement des régions, donc je demande aux gens des régions de voter pour la CAQ», a-t-il argué après avoir visité une usine en proie à un problème de pénurie de main-d'oeuvre.

Le chef caquiste a signalé que si les Québécois élisaient un gouvernement minoritaire, il respecterait la loi sur les élections à date fixe, contrairement à ce qu'avait fait le gouvernement de Pauline Marois. «Évidemment, quand un gouvernement est défait, il est défait. Mais on ne ferait pas ce que Mme Marois a fait. (...) C'est elle qui a décidé d'aller en élections», a déclaré M. Legault.

Rien sur Québec solidaire

Le dirigeant caquiste a par ailleurs systématiquement refusé de s'attaquer à Québec solidaire ou à sa co-porte-parole, Manon Massé, sous prétexte que la menace vient d'ailleurs. «Le seul parti qui peut battre les libéraux, c'est la CAQ, donc je me concentre sur un parti», a-t-il répété comme un mantra au micro des journalistes.

Il n'a pas voulu se prononcer sur les analyses voulant que la formation de gauche — qui, comme celle de François Legault, veut incarner le changement que semble vouloir l'électorat québécois — attire le vote jeune et que cela puisse représenter un danger pour la CAQ. «Moi, j'ai confiance qu'il y a beaucoup de jeunes qui s'en viennent vers nous, surtout les jeunes familles», a-t-il dit.

Et si le vote jeune se tourne vers Québec solidaire, «je ne pense pas que ce soit à cause de la souveraineté, si c'est le cas», a soutenu le chef caquiste.

François Legault a par ailleurs nié faire preuve de davantage de complaisance avec Manon Massé qu'avec ses autres opposants: «Non, non! Je ne suis tendre («chill») avec personne», s'est-il exclamé en réponse à une question en anglais. Jamais, malgré les nombreuses questions des journalistes, le chef n'a-t-il formulé de reproche à l'endroit de QS.

En début de journée, dans une entrevue à la station radiophonique 98,5 FM, son rival péquiste Jean-François Lisée était de nouveau tombé à bras raccourcis sur QS, qu'il a taxé de formation «anticapitaliste » contrôlée par «un courant sectaire, dogmatique, ancré dans le marxisme».

Dernier droit électoral

Le chef de la CAQ entamait lundi la dernière semaine de campagne avec une grande virée dans les régions qui doit le mener en Abitibi, dans le Nord-du-Québec et au Saguenay, entre autres.

La caravane caquiste a avalé les kilomètres et fait escale dans quatre circonscriptions où la CAQ était arrivée en troisième place au dernier scrutin. Au moment de la dissolution de l'Assemblée nationale, celles de Labelle et d'Abitibi-Ouest étaient détenues par le PQ tandis qu'Ungava et Abititi-Est étaient entre les mains des libéraux.

Les Québécois iront aux urnes le 1er octobre prochain, mais déjà, le vote par anticipation s'est mis en branle.