Le député de Marquette, François Ouimet, a offert un point de presse émotif mercredi. Sa collègue, Maryse Gaudreault, a réagi à sa sortie de la vie politique.

Exclusion d'un député libéral: «des sacrifices doivent se faire», dit Gaudreault

La députée de Hull et deuxième vice-présidente de l’Assemblée nationale a réagi jeudi à la controverse entourant l’éviction du député libéral et premier vice-président de l’institution, François Ouimet.

« Ce n’est pas facile la politique, nous sommes des humains confrontés à des choix difficiles sur une base quotidienne, surtout les gens qui sont dans la direction d’un parti ou d’un gouvernement. Malheureusement, il y a des sacrifices qui doivent se faire. Maintenant, je ne commenterai pas le comment, je ne veux pas aller là-dessus. Je n’ai pas parlé à M. Couillard ni à M. Ouimet. Hier (mercredi), je lui ai envoyé un message de sympathies. Je sympathise avec lui, car ça doit être une situation très difficile pour lui, je peux m’imaginer dans quel état d’esprit il s’est retrouvé », a lancé Mme Gaudreault au Droit

Le Parti libéral du Québec (PLQ) est sur la sellette depuis 48 heures après que l’assemblée d’investiture de l’élu qui représentait depuis 24 ans la circonscription de Marquette, sur l’île de Montréal, ait été annulée à la dernière minute. Amèrement déçu et émotif, le principal intéressé a fait un point de presse mercredi lors duquel il s’est dit blessé et a reproché à M. Couillard d’avoir renié sa parole. Le premier ministre lui aurait promis en mai dernier de signer son bulletin de candidature. 

Or, la donne a changé dans les derniers jours et le PLQ a décidé d’écarter le vétéran député de 58 ans et réserver ce château fort libéral à l’ex-joueur du Canadien et ancien chroniqueur sportif Enrico Ciccone, candidature qui a d’ailleurs été confirmée jeudi matin. Le premier ministre n’a pas contredit le député, mais a indiqué que la décision avait été très difficile à prendre, ajoutant que le parti avait « beaucoup plus de candidats de très grande qualité que de circonscriptions disponibles ». 

Maryse Gaudreault, qui sollicite un cinquième mandat dans son comté, refuse de s’avancer à savoir si le premier ministre a bien agi en changeant sa décision aussi tardivement, montrant ainsi indirectement la porte à un député.

« Vous savez, un parti c’est un groupe de personnes et on est tout le monde dans le même bain, alors on doit travailler ensemble. C’est la prérogative du chef, je ne connais pas tous les éléments qui ont mené à ces décisions-là. Je sais que le premier ministre a des décisions difficiles à prendre tous les jours, tout au long de son parcours », ajoute l’élue.

Sa collègue ministre de la Justice et responsable de l’Outaouais, Stéphanie Vallée, est de son côté l’une des rares du caucus libéral à avoir émis une opinion plus tranchante sur cette exclusion. Elle a entre autres indiqué que M. Ouimet « ne méritait pas un tel sort », rapportait Le Soleil mercredi.

Rappelons que la campagne électorale québécoise sera déclenchée le 23 août. Le scrutin aura lieu le 1er octobre.

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NORM MACMILLAN A RENCONTRÉ CICCONE 

Par ailleurs, comme l’a indiqué le nouveau candidat libéral dans Marquette lors du point de presse jeudi, l’ancien ministre responsable de l’Outaouais et ex-whip en chef du gouvernement Norm MacMillan est l’un de ceux qui a rencontré Enrico Ciccone dans les dernières semaines. 

« Je ne l’ai pas approché, je l’ai simplement rencontré avec quelqu’un du Parti libéral pour lui expliquer en quoi consiste le rôle d’un député une fois élu. Pour le reste, je n’ai participé à rien. [...] Je ne veux pas faire de commentaires sur la situation actuelle. Moi, je m’occupe des gens de l’Outaouais et la décision [d’écarter François Ouimet] a été prise par les organisateurs du parti. Ça me fait de la peine pour François, car c’est un ami, mais quand j’ai parlé à M. Ciccone, jamais il n’a été question de la circonscription qu’on lui offrait. Je n’étais pas impliqué là-dedans », a-t-il expliqué au bout du fil.