Certains gestes sont simples pour améliorer l'efficience énergétique : isoler les fenêtres, choisir des équipements peu coûteux en consommation énergétique.

Environnement: l’efficience énergétique pas assez mise de l'avant, selon un spécialiste

Un spécialiste de l’efficience énergétique, Pierre Langlois, qui vient de sortir le livre «Perspectives canadiennes de l’efficacité énergétique : un effort national pour lutter contre les changements climatiques», propose aux candidats des différents partis politiques de mettre au centre du débat ce sujet, plutôt que d’opposer économie et environnement.

Selon le pdg d’Econoler, un leader mondial en efficacité énergétique, le gouvernement québécois gagnerait à mettre vraiment en avant l’efficacité énergétique avec des mesures simples qui rapporteraient de l’argent à l’État et créeraient des emplois. 

«L’efficacité énergétique est une mesure rentable, ce n’est pas seulement une mesure bonne pour l’environnement. Ça va améliorer la balance commerciale, ça va créer des emplois, ça va aider les consommateurs et les industries à avoir une charge moins lourde», plaide Pierre Langlois.

Or, les gens ne saisissent pas ces opportunités. Les raisons sont dues à des barrières comme la méconnaissance de cette rentabilité. Pourtant certains gestes sont simples : isoler les fenêtres, choisir des équipements peu coûteux en consommation énergétique.

Le gouvernement doit également mettre en place des formations dans les métiers de la construction sur l’efficience énergétique. «Si les professionnels du milieu sont certifiés et connaissent l’efficacité énergétique, ils vont plus le proposer à leurs clients et vont construire des maisons et des usines plus économes.»  

La province de Québec a pris plusieurs mesures, mais le gouvernement devrait aller encore plus loin, estime M. Langlois. «L’efficience énergétique, c’est la ressource énergétique la moins chère, la plus disponible, et la plus intéressante. On devrait faire passer l’efficience comme notre première source énergétique avant de faire de nouveaux barrages et de nouvelles centrales thermiques», explique-t-il.

M. Langlois donne l’exemple de la Californie. «Tout besoin énergétique additionnel de l’État doit être comblé non pas par de la production additionnelle, mais par des économies d’énergie.»

D’autant plus que le Québec est loin de l’objectif fixé pour la réduction des gaz à effet de serre. «La réduction des gaz à effet de serre ne doit pas être vue comme quelque chose qui coûte à la société. On ne doit pas parler de compromis et d’investissements qui vont coûter cher. Ça peut être très rentable pour l’environnement et pour l’économie», conclut-il. 

Dans son livre coécrit avec Geneviève Gauthier, directrice nationale – Services de consultation chez Econoler, il présente la situation à travers le Canada et vise à décrire les différents environnements qui favorisent le développement de l’EE dans les provinces et territoires du Canada hautement diversifiés ainsi qu’à l’échelle nationale.