La candidate péquiste Diane Lavallée et la députée sortante Agnès Maltais trinquent ensemble, malgré la défaite.

Déception péquiste dans Taschereau

Cuisante défaite pour l’équipe péquiste de Diane Lavallée, qui n’aura pas réussi à convaincre les électeurs de lui laisser la circonscription de Taschereau, dernier bastion du Parti québécois (PQ) dans la capitale.

Les efforts de Diane Lavallée — et d’Agnès Maltais, qui a travaillé fort ces dernières semaines pour faire élire sa recrue vedette — auront été vains. Après 20 ans de règne péquiste, le village gaulois est passé entre les mains de la solidaire Catherine Dorion, qui a remporté la circonscription avec un peu plus de 40 % des voix. À 23h15, Diane Lavallée était en quatrième place avec 17,9 % des votes, derrière la caquiste Svetlana Solomykina (19,5 %) et presqu’à égalité avec le libéral Florent Tanlet (18 %).

Diane Lavallée a rejoint son équipe au bar-salon Quartier Général en compagnie de la députée sortante Agnès Maltais, peu après l’annonce de la victoire de Catherine Dorion. 

«Le vent de changement n’a pas emporté seulement le Parti libéral, il a aussi emporté le PQ dans Taschereau», a analysé Agnès Maltais, déçue, mais pas amère.

Selon elle, Mme Lavallée a fait une campagne «extraordinaire». «Elle a travaillé très fort. Depuis le mois de juillet, elle a pris trois jours de congé! Je pense que les gens l’aimaient beaucoup, mais la volonté de changement était plus forte», croit Mme Maltais, qui a par ailleurs tenu à saluer la victoire de Catherine Dorion.


« Le Parti québécois a tendu la main à Québec solidaire, ça a été rejeté. Nous, on est ouvert […]. On va travailler encore à trouver des stratégies qui vont nous aider à y arriver [à la souveraineté] »
Diane Lavallée, candidate défaite dans Taschereau

Diane Lavallée s’est dite «fière» de la campagne qu’elle a menée et «très sereine» avec la décision de la population. «J’ai le sentiment du devoir accompli. J’ai fait une campagne de terrain, d’idées, respectueuse des idées des adversaires», a-t-elle commenté, tout en souhaitant elle aussi «la meilleure des chances» à la nouvelle députée solidaire. 

Mme Lavallée est également d’avis que les électeurs de Taschereau voulaient du changement. Sur le terrain, elle dit avoir senti qu’il y avait «beaucoup de gens indécis, des gens habituellement péquistes qui étaient très indécis».

Impact des sondages?

Selon elle, ces électeurs pourraient avoir voté solidaire parce que Catherine Dorion menait dans les sondages et qu’«ils ne voulaient pas avoir de libéral ou de caquiste dans Taschereau». 

«Est-ce que les sondages peuvent avoir influencé à ce point, je ne le sais pas, il faudrait décortiquer les votes», a dit Diane Lavallée, qui croit du reste que le PQ devra «faire un post-mortem sur la façon dont il a communiqué sa plateforme à la population du Québec».

Tant Mme Maltais que Mme Lavallée croient que les souverainistes n’auront d’autre choix que de s’unir s’ils veulent réussir à «faire du Québec un pays». 

«Le Parti québécois a tendu la main à Québec solidaire, ça a été rejeté. Nous, on est ouvert […]. On va travailler encore à trouver des stratégies qui vont nous aider à y arriver [à la souveraineté]», a dit Mme Lavallée, qui tentera à nouveau sa chance dans Taschereau dans quatre ans.

Il s’agit d’une seconde défaite pour Diane Lavallée, qui avait aussi représenté le PQ à l’élection de 1994, mais dans la circonscription voisine de Jean-Talon. Elle avait alors été battue par l’ancienne mairesse de Sillery, Margaret Delisle, qui l’avait emporté par seulement 25 votes.

Figure connue dans plusieurs milieux, jouissant d’une excellente réputation, Diane Lavallée, qui a cofondé et présidé la Fédération des infirmières jusqu’en 1993 avant de devenir gestionnaire dans la haute fonction publique québécois, était considérée comme une candidate vedette au PQ.

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