La candidate caquiste Danielle McCann

Débat sur la santé: la CAQ abolirait le temps supplémentaire obligatoire

La Coalition avenir Québec (CAQ) abolirait le temps supplémentaire obligatoire des infirmières si elle était portée au pouvoir. C’est l’engagement pris mercredi par celle qui dirigerait le ministère de la Santé dans un gouvernement caquiste, Danielle McCann, lors du débat en santé organisé par la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ).

«En 2018, que le temps supplémentaire obligatoire soit devenu la norme, c’est inadmissible. Nous, nous allons abolir définitivement le temps supplémentaire obligatoire. Il y a assez d’infirmières au Québec pour compléter tous les postes existants», a déclaré la candidate caquiste dans Sanguinet, ajoutant que son parti irait «chercher les infirmières qui sont actuellement dans les agences». 

«Et pour ça, il faut améliorer le climat de travail», a dit l’ancienne présidente-directrice générale de l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal. Selon elle, il faut «rapprocher du terrain le pouvoir de décision, redonner aux équipes et aux établissements de la marge de manœuvre». «Ils vont être capables de trouver des solutions», a-t-elle dit.

La candidate du Parti libéral du Québec (PLQ), Gertrude Bourdon, a quant à elle proposé de faire des «affichages massifs de postes dans le cadre des ententes locales, dans l’ensemble des régions». 

«On peut faire de la surdotation. Je l’ai fait dans mon établissement: quand on avait 100 postes à un endroit, on allait jusqu’à afficher 200 postes pour s’assurer que s’il y avait des congés de maternité, des congés de maladie ou des vacances, on avait toujours suffisamment de personnel», a illustré celle qui dirigeait le CHU de Québec jusqu’à tout récemment. 

La péquiste Diane Lamarre estime pour sa part qu’il faut «créer des postes attrayants», «proposer des horaires flexibles», «offrir des conditions de rémunération plus intéressantes» et «donner plus d’autonomie aux professionnelles en soins» pour mettre un terme à leur surcharge de travail. 

«Les infirmières doivent répondre au téléphone, faire plein de paperasse […] Il faut les laisser faire des soins, les utiliser de façon optimale, et permettre à d’autres de s’occuper d’autres tâches», a dit la députée de Taillon sortante.

Pour la candidate de Québec solidaire (QS), Vanessa Roy, il faut «s’inspirer des meilleures pratiques» en laissant notamment les infirmières «faire leurs horaires et s’arranger entre elles». La physiothérapeute a cité l’exemple de l’Hôpital général Juif de Montréal, «où il n’y en a plus, de temps supplémentaire obligatoire».

Ratios patients-infirmière: une loi ou pas?

Si les quatre candidates ont promis de poursuivre les projets pilotes visant à diminuer les ratios patients-infirmière, aucune ne s’est fermement engagée à déposer une loi à ce sujet. 

«On n’est pas fermé, mais on se demande si une loi est nécessaire. Si elle l’est, on ira» a dit Gertrude Bourdon. Sa rivale caquiste s’est elle aussi dite «ouverte», mais pour elle, «au bout du compte, la vraie question, c’est d’avoir l’argent et les ressources». 

Diane Lamarre a quant à elle proposé la mise en place d’un organisme indépendant «qui déterminera ce qui est bon [comme ratios] pour l’intérêt et la sécurité des patients», tandis que Vanessa Roy s’est engagée à «tout mettre en œuvre —ça inclura une loi s’il le faut — pour assurer la pérennité des projets ratios», qui devraient, selon elle, être étendus à d’autres professionnelles, comme les inhalothérapeutes, 

Au sujet de l’accès à la première ligne, Danielle Mc Cann a réitéré la promesse que la CAQ vient de faire aux Québécois d’avoir accès à un médecin ou une infirmière en 36 heures, sans toutefois détailler comment son parti s’y prendrait. 

Gertrude Bourdon a pour sa part vanté l’interdisciplinarité dans les groupes de médecine familiale, alors que Diane Lamarre a insisté sur l’importance de donner, notamment dans des CLSC ouverts sept jours, sept soirs, plus d’autonomie aux IPS et aux autres professionnelles de la santé. 

Vanessa Roy s’est également dite d’avis que l’accès à la première ligne passait par les CLSC, «avec de véritables équipes interdisciplinaires où tout le monde est sur le même niveau».