La Coalition avenir Québec (CAQ) se féminise : le parti s’apprête à annoncer deux autres candidatures féminines, pour un total de 65. Du jamais-vu.

Davantage de femmes que d'hommes candidats à la CAQ

SAINT-AMABLE, Qc — La Coalition avenir Québec (CAQ) se féminise: le parti s’apprête à annoncer deux autres candidatures féminines, pour un total de 65. Du jamais-vu.

Des 125 candidats que le parti présentera aux élections cette année, 65 sont des femmes et 60, des hommes.

Il s’agit du plus haut pourcentage (52 pour cent) de candidatures féminines jamais atteint par un parti politique au Québec.

Le seul à s’en être approché est Québec solidaire (QS), qui a présenté 63 femmes sur 125 à chaque campagne depuis sa création.

Le chef caquiste, François Legault, a multiplié les annonces en Montérégie depuis le début de la campagne. Il a présenté les candidates Danielle McCann dans Sanguinet, MarieChantal Chassé dans Châteauguay et Claire Isabelle dans Huntingdon.

Elles s’ajoutent à d’autres candidatures d’envergure parmi lesquelles on compte l’ex-ministre libérale Marguerite Blais, l’ancienne procureure Sonia LeBel, la triple médaillée olympique Isabelle Charest et Nadine Girault, administratrice d’Investissement Québec.

M. Legault présentera deux autres femmes d’ici lundi dans les circonscriptions de Roberval et Les Plaines.

Dans Les Plaines, il misera sur Lucie Lecours, l’actuelle directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie Les Moulins (CCIM), a appris La Presse canadienne. Il présentera une retraitée du secteur municipal dans Roberval pour affronter le premier ministre sortant, Philippe Couillard.

Les femmes pour changer les moeurs à l’Assemblée nationale

C’est un exploit qui semblait improbable pour la CAQ. Dans le passé, ce parti ne s’est jamais signalé par sa propension (ou sa volonté) à recruter des femmes pour son équipe, obtenant le pire score des trois grands partis quant à la proportion de candidates.

En 2012, la CAQ comptait 24 % de candidates. En 2014, c’était encore pire : seulement 21 %.

En haut lieu, on a compris qu’on devait changer les choses pour espérer prendre le pouvoir, l’organisatrice en chef du parti, Brigitte Legault, reconnaissant que la formation politique «traînait de la patte» à ce chapitre.

Selon la députée sortante de la CAQ dans Montarville, Nathalie Roy, le parti a longtemps été «démonisé» par ses adversaires.

«On a toujours été démonisé, on a toujours entendu : «Ce n’est que le parti d’une personne», alors que c’est faux, a-t-elle déclaré en mêlée de presse, samedi, en rappelant que les libéraux avaient taxé la CAQ de misogynie parce qu’elle critiquait la sous-ministre Dominique Savoie. Ça laisse une trace dans l’esprit des gens.»

M. Legault a multiplié les contacts avec les groupes de femmes, notamment les réseaux de femmes d’affaires, pour séduire l’électorat féminin et repérer d’éventuelles candidates.

Il a été le seul chef de parti actif à participer au déjeuner-causerie organisé en avril par l’organisme La gouvernance au féminin au Ritz-Carlton, à Montréal, autour du thème : «Le monde politique à la rencontre du monde des affaires ou la nécessité d’avoir plus de femmes en politique».

L’élection de Geneviève Guilbault dans Louis-Hébert l’automne dernier aurait également été un véritable «élément déclencheur», selon Mme Roy. Mme Guilbault était enceinte au moment du scrutin.

«Ça a envoyé un signal très fort que c’est possible», a déclaré Mme Roy.

Samedi, de passage à Saint-Amable, sur la rive sud de Montréal, M. Legault s’est réjoui du nombre record de candidates qui, selon lui, assainiront assurément le climat à l’Assemblée nationale.

«Les femmes, de façon générale, sont consensuelles, travaillent positivement, travaillent mieux avec les adversaires, a-t-il dit, flanqué de sa candidate dans Verchères, l’ex-mairesse de Contrecoeur Suzanne Dansereau, et de Mme Roy, un poids lourd dans son équipe. Les Québécois, ce qu’ils souhaitent, c’est qu’on arrête de lancer de la boue, c’est qu’on soit plus positifs.»

«Je veux féliciter tous les partis d’avoir présenté autant de candidates, il était temps que ça se fasse», a-t-il ajouté.

Le chef de la CAQ a réaffirmé son engagement à former un conseil des ministres paritaire, advenant l’élection d’un gouvernement caquiste le 1er octobre.