Le chef libéral Philippe Couillard a été interpellé par des travailleurs en CHSLD, dont le président du conseil régional de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Michel Quijada.

Couillard interpellé sur la pénurie de préposés

Le jour même où le Parti libéral du Québec (PLQ) a promis de créer 1500 nouvelles places en centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) au cours d’un prochain mandat, le chef Philippe Couillard s’est fait interpeller sur le manque de personnel pour permettre d’offrir un deuxième bain par semaine aux patients de l’Outaouais.

M. Couillard s’est fait accueillir par des manifestants, vendredi avant-midi, à son arrivée devant le CHSLD Bon séjour de Gatineau. Il a pris quelques minutes pour s’entretenir avec le président du conseil régional de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Michel Quijada, qui ne s’est pas gêné pour dénoncer la pénurie de préposés aux bénéficiaires dans la région.

« Ça n’a pas de bon sens », « c’est aberrant », a lancé le représentant syndical en énumérant le déficit de préposés observé pour le quart de travail en cours dans chacun des CHSLD de la région.

« On nous dit dans la région que lorsqu’il manque un préposé aux bénéficiaires, on ne peut pas donner le deuxième bain, a-t-il poursuivi. Est-ce que ça veut dire que dans la région de l’Outaouais, les gens n’ont pas droit à leur deuxième bain ? »

« Ben non », a répondu Philippe Couillard, qui soutient que l’offre d’un deuxième bain est actuellement possible dans les deux tiers des CHSLD de la province.

Michel Quijada a aussi évoqué des conditions de travail « épouvantables » pour des employés qui « travaillent ventre à terre jour après jour » au sein d’un réseau « en débandade », en réclamant des changements immédiats. 

« Les gens ne restent pas parce que le travail est difficile, a-t-il souligné. Quand on compare un salaire, par exemple, de quelqu’un qui travaille chez Costco qui fait 23 $ de l’heure et un préposé aux bénéficiaires qui s’occupe jour après jour des patients, des gens qui sont malades, des gens qui ont besoin de soins et qu’on les paye 20 $ de l’heure – ça c’est au dernier échelon – il y a quelque chose qui ne marche pas. »

Le chef libéral soutient que la solution passe notamment par la mise en place de nouveaux ratios et une campagne de valorisation du travail de préposé aux bénéficiaires, tout en indiquant que le plan de match du PLQ prévoit aussi « des négociations salariales ».

En rappelant l’engagement de son parti de faire commencer les enseignants au septième échelon de leur échelle salariale pour résorber la pénurie vécue dans les écoles du Québec, M. Couillard a indiqué être « prêt à regarder le même genre de chose avec les préposés, les infirmières auxiliaires et bien sûr les infirmières également ».

Interrogé à savoir si l’annonce de nouvelles places en CHSLD est paradoxale dans le contexte où la pénurie de personnel continue de sévir, le chef libéral estime que son parti « a déjà agi ». « Il y a déjà 1500 [personnes] de plus dans notre réseau de CHSLD, et 2000 personnes de plus dans nos équipes de soins à domicile, a-t-il dit. Il n’y a pas moins d’argent ici en Outaouais pour donner des soins qu’ailleurs. Ailleurs, ils réussissent à le faire. Maintenant, il y a une tension supplémentaire ici à cause de la proximité de l’Ontario pour la main-d’œuvre. »

La promesse libérale d’ajouter 1500 places dans le réseau de CHSLD au cours d’un prochain mandat nécessitera, selon le parti, des investissements de 525 millions $ en travaux de construction, de même qu’un budget annuel de 132 millions $, à terme, pour assurer leur fonctionnement.

Le tiers des places promises seraient réservées aux patients de moins de 65 ans qui doivent être hébergés en CHSLD en raison de différents handicaps ou maladies. Le PLQ s’engage aussi à ce que ces personnes soient regroupées, si possible, afin qu’elles puissent cohabiter « avec des gens qui vivent des réalités communes ».

Une « attention particulière » serait aussi apportée aux gens souffrant de troubles cognitifs comme l’Alzheimer par le biais d’« unités spécifiques ». 

Le parti s’engage également à déployer une ligne d’aide, Tel-Aînés, à travers toute la province.