Le chef du PQ Jean-François Lisée (à droite) accompagné des candidats Véronique Hivon et Jean-Martin Aussant à Montréal, mardi

Cadre financier du PQ: des promesses moins coûteuses que la CAQ et le PLQ

MONTRÉAL — Le Parti québécois a dévoilé son cadre financier jeudi matin, et ses engagements électoraux s’avèrent moins élevés que ceux de la Coalition avenir Québec et du Parti libéral. Au total, les promesses du parti atteindraient 1,4 milliard $ à terme.

Mais il ne sera pas moins généreux envers les citoyens, soutient le Parti québécois (PQ), car plusieurs mesures annoncées s’autofinancent ou utilisent des fonds déjà disponibles. Et pas de coupes dans les services, a martelé le chef de la formation, Jean-François Lisée.

Aux fins de comparaison, la Coalition avenir Québec (CAQ) a calculé des promesses électorales de 2,6 milliards $ dans son propre plan financier, et celles du Parti libéral (PLQ) s’élèvent à 2,4 milliards $.

Jeudi matin, le PQ s’est targué de s’appuyer - contrairement à la CAQ et au Parti libéral, a-t-il dit - sur les chiffres du rapport préélectoral de la vérificatrice générale. Il pourfend d’ailleurs ses deux adversaires pour ne pas avoir respecté cette entente qui devait permettre à tous de s’appuyer sur les mêmes bases, devant du même coup être plus compréhensibles pour les citoyens.

On a utilisé le taux de croissance prévu par la vérificatrice générale, a lancé le chef péquiste Jean-François Lisée - contrairement aux libéraux et aux caquistes qui, selon lui, ont misé sur une croissance plus forte que prévu pour pouvoir payer leurs promesses électorales.

Le plan financier péquiste a aussi reçu le sceau de trois économistes indépendants, et remplit les exigences de l’Association des économistes québécois, précise le parti, qui a fait part de ses engagements financiers à sa permanence à Montréal.

La formation politique augmenterait ses budgets en santé de 4,7 pour cent et en éducation de 3,6 pour cent. En moyenne, les dépenses augmenteraient de 3,3 pour cent sous un gouvernement péquiste, ressort-il des documents fournis.

Pour aller chercher des revenus supplémentaires pour l’État, le PQ entend s’y prendre de diverses façons.

La rémunération des médecins

Tout d’abord, il souhaite geler l’enveloppe de rémunération des médecins, ce qui lui permettrait à terme de récupérer 1,25 milliard $. Une mesure qui joue son rôle pour l’équilibre des finances publiques. Cela fait en sorte qu’une somme de 4 milliards $ serait récupérée et réinjectée dans les services au cours d’un premier mandat, calcule-t-il.

Le chef s’attend à de la résistance, voire des contestations judiciaires de la part des médecins. Interrogé à ce sujet, il a précisé qu’il n’écartait aucune avenue, pas même une loi spéciale pour y faire face.

Les médecins sont aussi visés sur un autre plan: le PQ prévoit récupérer des sommes d’argent en leur interdisant de s’incorporer, une mesure qui réduit l’impôt qu’ils ont à payer. Il sera aussi question de régler le problème des surdiagnostics, «qui coûte injustement aux Québécois des milliards», a dit le chef.

La formation péquiste a été la dernière à présenter son cadre financier, juste à temps pour le débat des chefs de jeudi soir.

«Notre cadre tient la route quoiqu’il arrive», a soutenu M. Lisée.

Et c’est le seul cadre financier qui peut faire dire aux Québécois que «les services sont en sécurité», a-t-il ajouté en conférence de presse.

Dans des promesses plus spécifiques, la formation politique s’est engagée à dépenser plus de 1 milliard $ pour favoriser les soins à domicile et quelque 500 millions $ seraient consacrés à l’embauche de préposés et d’infirmiers.

Le PQ dépenserait 200 millions $ pour assurer ce que la vice-cheffe Véronique Hivon a qualifié de «seuil de services» aux enfants en difficulté.

Le parti table sur une croissance des revenus de l’État de 2,3 pour cent à 3,3 pour cent.

M. Lisée n’a aucune autre activité prévue à son horaire jeudi. Le reste de la journée sera consacrée à la préparation pour le premier débat des chefs qui a lieu en soirée.