«Il faut être plus que moins pour trouver des solutions et les solutions doivent parfois aussi être adaptées aux différentes régions», affirme la candidate libérale Gertrude Bourdon.

Bourdon prête à négocier avec les infirmières

Prenant ses distances du style de son collègue Gaétan Barrette, la candidate libérale Gertrude Bourdon croit que maintenant que le dossier de la rémunération des médecins est réglé, il est temps d’offrir des salaires «compétitifs» aux infirmières, aux préposés et aux professionnels de la santé.

En entrevue au Soleil, Mme Bourdon se montre ouverte à négocier avec les syndicats des conditions avantageuses pour tous ceux qui «travaillent fort» au quotidien dans le système, surtout dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. «Si on les garde pas, on s’en sortira pas», croit-elle.

Celle qui a été désignée ministre de la Santé par Philippe Couillard souhaite travailler main dans la main avec les syndicats afin de revaloriser le métier d’infirmière et celui de préposé aux bénéficiaires. «Il faut être plus que moins pour trouver des solutions et les solutions doivent parfois aussi être adaptées aux différentes régions.»

Mme Bourdon est toutefois consciente que pour attirer des travailleurs dans ces métiers, il faudra que le gouvernement sorte de l’argent de sa poche. «Je pense pas qu’on puisse attirer dans le métier sans avoir des salaires qui sont compétitifs.»

Depuis plusieurs mois, des employés du système de la santé se plaignent dans les médias d’être surchargés. Sans leur lancer la pierre, Mme Bourdon constate qu’il manque à l’heure actuelle de relève; de jeunes qui font ce choix de carrière. «C’est sûr qu’il y a toujours des effets pervers à ça. Surtout en plein emploi.»

La candidate libérale salue tout le travail accompli par le ministre de la Santé sortant, Gaétan Barrette. «Une réforme comme il s’est fait, il n’y a pas beaucoup de monde qui aurait osé faire ça. […] Mais en même temps quand on dit ça, les gens sont essoufflés aussi. On récolte ça aussi.»

C’est pourquoi elle croit qu’il est temps de «se donner un rythme plus calme» côté changements en santé, tout en faisant «des ajustements» au système. «Je viens avec mon style, avec ma réputation, avec mes compétences, bien humblement, consolider ce qui va bien et corriger ce qu’on a à corriger.»

La place de l’urgence

En plus de pallier au manque de main-d’œuvre, Mme Bourdon étale ses deux autres priorités : clarifier par quelle porte le patient doit entrer dans le système et donner plus d’importance aux services sociaux. Mme Bourdon rappelle que malgré l’ouverture de supercliniques, les portes des urgences au Québec seront toujours ouvertes à une panoplie de cas. Elle dit avoir «réagi fortement» lorsqu’elle a entendu le chef péquiste Jean-François Lisée dire, lors du premier débat des chefs, que «si ça saigne juste un peu, si vous ne voyez pas l’os, n’allez pas à l’urgence.» Selon elle, il est «dangereux» de dire ça, car «il faut que le patient s’écoute» et consulte s’il est inquiet pour sa santé. Mme Bourdon raconte qu’elle-même s’est déjà pointée à l’urgence pour un torticolis grave, parce qu’il était 3h du matin un samedi. 

La candidate dans Jean-Lesage, à Québec, indique également que sa campagne terrain lui fait réaliser à quel point il faut miser sur les organismes communautaires afin de prévenir les problèmes de santé. Elle veut leur offrir du financement à la «mission» et non par projet, en plus de mieux coordonner leur action. «Si j’arrive à être aussi certaine de la place des services sociaux, c’est que je suis dans un comté pauvre», lance-t-elle. 

Deuxième derrière la Coalition avenir Québec dans les intentions de vote selon un récent sondage, Mme Bourdon ne regrette toutefois pas d’avoir choisi le Parti libéral du Québec — après avoir hésité entre les deux partis cet été —, et croit encore sa victoire possible. «Quand j’ai une cible, je ne regarde pas en haut de la montagne, je regarde mes pas.»