Le chef caquiste François Legault a toujours estimé que Sonia LeBel représente non seulement une recrue solide, mais qu’elle conforte l’image d’«incorruptible» qu’il veut donner à sa formation politique.

Advenant une victoire de la CAQ: LeBel, vice-première ministre?

Sonia LeBel serait désignée vice-première ministre par François Legault si la Coalition avenir Québec forme le gouvernement le 1er octobre, selon ce qui court chez certains à l’interne — et si elle-même l’emporte dans sa circonscription.

Cette nomination surprendrait plus ou moins si elle se concrétisait, le chef caquiste ayant toujours estimé que sa candidate dans Champlain représente non seulement une recrue solide, mais qu’elle conforte l’image d’«incorruptible» qu’il veut donner à sa formation politique.

Selon plusieurs, l’ex-procureure en chef de la Commission Charbonneau s’est mise dans l’embarras plus tôt cette semaine en déclarant que, pour une fois, «les Québécois réfléchissent»; et en ajoutant qu’elle n’avait pas abandonné son «poste de procureure de la Couronne pour rien» — ce qui a été perçu comme une forme d’«arrogance» de sa part.

Elle a corrigé le tir jeudi soir sur Twitter, peu après que François Legault se soit lui-même livré à un mea culpa pendant le dernier débat des chefs. «Ça m’arrive de faire des erreurs», a déclaré le chef caquiste en faisant référence à des réponses inexactes ou imprécises qu’il a formulées sur l’immigration.

Sur son compte Twitter, Mme LeBel a tenu à «préciser» ses propos : «Je suis heureuse de constater que les électeurs prennent le temps de considérer les propositions des différents partis avant de se faire une idée définitive. Je me suis visiblement mal exprimée et j’en suis désolée.»

Au Québec, le fait de désigner une femme «vice-première ministre» s’installe dans les mœurs politiques.

D’autres figures

À la direction de la Coalition avenir Québec, on laisse entendre qu’advenant une victoire, le nom du caquiste Marc Picard, candidat dans la circonscription, très sûre celle-là, de Chutes-de-la-Chaudière, serait proposé pour occuper le poste de président de l’Assemblée nationale.

Une figure peu connue du grand public pourrait diriger le ministère de l’Enseignement supérieur, celle de Claire IsaBelle, professeure titulaire à la Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa. Encore faudrait-il, toutefois, qu’elle l’emporte elle-même dans Huntingdon, où le libéral Stéphane Billette a arraché près de la moitié des suffrages en avril 2014.

Dans une entrevue récente accordée au Soleil, François Legault a fait valoir qu’il avait l’embarras du choix pour tout ce qui touche aux missions économiques de l’État. «Pierre Fitzgibbon, Christian Dubé, Gilles Bélanger, Éric Girard. Prends juste ces quatre-là. Demain matin, je leur dis : “Tu t’occupes des Finances, tu t’occupes du Conseil du trésor; on revoit complètement la façon de travailler d’Investissement Québec...” En économie, dans quatre ans, ça va paraître. Juste avec ces quatre personnes-là.»

Des libéraux ont fait remarquer qu’aucune de ces personnes n’est candidate dans une circonscription de la région de la capitale. D’autres ont remarqué que le chef caquiste n’a pas à ce moment-là glissé le nom de François Bonnardel, pourtant porte-parole du groupe caquiste en matière de finances publiques depuis des années. M. Legault s’est rattrapé en citant son nom dans sa déclaration finale au débat des chefs de jeudi.

M. Bonnardel pourrait entre autres être nommé leader parlementaire dans un éventuel gouvernement caquiste, pensent certains. D’autres croient que c’est au député sortant et candidat dans Borduas, Simon Jolin-Barrette, qu’échoirait cette responsabilité. M. Jolin-Barrette pourrait aussi et en même temps prendre la Justice. 

L’ex-porte-parole de la police de Montréal, Ian Lafrenière, s’il était élu dans Vachon et si la CAQ l’emportait le 1er octobre, pourrait naturellement s’installer aux commandes de la Sécurité publique. 

Si elle gagnait dans Prévost, l’ex-libérale Marguerite Blais occuperait un poste lié aux personnes aînées et aux proches aidants.

S’ils sont réélus, ce qui est plus que probable, les députés sortants Éric Caire, de La Peltrie, et Geneviève Guilbault, de Louis-Hébert, accéderaient au Conseil des ministres.

Ce ne serait pas nécessairement le cas pour l’ex-numéro deux de la Ville de Québec, Jonatan Julien, qui se présente dans Charlesbourg —, et ce, même s’il battait le ministre François Blais. M. Julien pourrait devoir demeurer en «réserve de la république» pour un éventuel remaniement, estime un interlocuteur.

Sous un éventuel gouvernement caquiste, M. Caire pourrait obtenir la responsabilité des Transports dans l’Est-du-Québec. Le «troisième lien» tomberait ainsi sous sa responsabilité.

Danielle McCann

Le chef François Legault a lui-même laissé entendre que Danielle McCann, qui se présente dans Sanguinet, irait à la Santé — si son parti et elle-même gagnaient dans 10 jours. Mme McCann a été présidente-directrice générale de l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal. La circonscription de Sanguinet est actuellement représentée par le candidat et député péquiste sortant, Alain Therrien.

Même s’il ne s’est pas aussi avancé que pour Mme McCann, M. Legault a plus d’une fois fait comprendre que le docteur Lionel Carmant, directeur du service de neurologie au CHU Sainte-Justine, ferait partie de la première cohorte ministérielle d’un gouvernement caquiste. Dans Taillon, M. Carmant fait notamment face à la péquiste Diane Lamarre, une élue qui s’est particulièrement illustrée ces dernières années devant le ministre Gaétan Barrette.

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