Actualités

Thomas Gaudreault affrontera Philippe Couillard

C’est l’ancien journaliste de TVA Thomas Gaudreault qui portera les couleurs du Parti québécois dans la circonscription de Roberval et qui tentera de déloger Philippe Couillard lors des prochaines élections provinciales.

Thomas Gaudreault, âgé de 21 ans et originaire d’Albanel, est attaché politique du député Sylvain Gaudreault depuis trois mois. Il ne se formalise pas d’affronter le premier ministre du Québec aux prochaines élections générales. 

« C’est un candidat comme un autre. Je vais faire une campagne sur le terrain. Ma campagne ne sera pas un face-à-face avec Philippe Couillard. [...] Pendant les élections, il n’est plus premier ministre, il redevient un candidat », estime M. Gaudreault qui misera sur sa présence dans le comté pour convaincre les électeurs.

Thomas Gaudreault ajoute que son voisin de circonscription, William Fradette, est un autre nouveau visage dans la vingtaine avec lequel il forme une équipe qui représente le changement. C’est une preuve selon lui que le PQ se porte bien, malgré sa troisième place dans les sondages. « On est le seul parti qui présente des jeunes, qui représente les régions », indique-t-il. « Le Parti québécois a toujours été un parti qui me ressemblait. Un parti qui pense aux gens et pas juste à l’économie. »

Programme

Thomas Gaudreault se lance en politique parce qu’il a vu un bon nombre de personnes de son entourage quitter vers les grands centres pendant les dernières années. Son passé de journaliste lui a permis de se familiariser avec tous les enjeux du Haut-du-Lac, pense-t-il.

En entrevue, il dit se questionner sur l’avenir de nos services publics et veut préparer le Québec de demain. « Présentement, la situation dans les CHSLD, c’est un bain par semaine. Quand ça va être mon tour, est-ce qu’on va être rendu à un par mois ? », se demande Thomas Gaudreault.

Il est le seul candidat à avoir déposé sa candidature à l’investiture du Parti québécois dans Roberval. 

Élections 2018

D'anciens élus veulent reprendre du service

Plusieurs anciens élus qui ont quitté la politique par choix ou en raison d’une défaite ont décidé de reprendre du service pour les prochaines élections, parce qu’ils n’ont manifestement pas perdu leur passion pour le métier, aussi exigeant soit-il.

«La politique, c’est un bon virus qu’on a en dedans de soi. Une fois qu’on y a touché, on ne peut pas s’en départir vraiment», explique le candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ), André Bachand.

Élections 2018

Les syndicats espèrent ralentir les partis «anti-travailleurs»

Le mouvement syndical québécois se prépare en vue des élections du 1er octobre, car il craint d'avoir une influence limitée sur le gouvernement québécois pendant quatre années supplémentaires.

Près de 40 pour cent des travailleurs au Québec sont syndiqués, mais les deux partis qui galopent en tête des sondages d'opinion sont loin d'être favorables aux syndicats.

Les libéraux au pouvoir ont imposé des compressions importantes dans les secteurs de la santé et de l'éducation dès le début de leur mandat. De son côté, la Coalition avenir Québec (CAQ), première dans les intentions de vote selon les sondages, a tempéré ses positions antisyndicales, mais n'a pas réussi à apaiser les inquiétudes du mouvement syndical.

«Vous avez d'un côté les libéraux qui nous ont plongés dans l'austérité et ont attaqué nos membres. Et vous avez la CAQ dont l'agenda est désastreux, un agenda où on remet tout au privé», a résumé le directeur québécois du Syndicat canadien de la fonction publique, Marc Ranger.

«C'est notre devoir d'alerter et de mobilier nos troupes.»

Même si le Québec est réputé dans le reste du Canada pour le penchant de ses travailleurs pour descendre dansla rue pour manifester, l'influence des grands syndicats diminue d'année en année, fait valoir une professeure de sociologie de l'Université de Montréal, Mona-Josée Gagnon.

«On ne parle plus du syndicalisme dans les médias en général. Cela reflète l'affaiblissement du syndicalisme», a-t-elle soutenu.

Le syndicalisme semble être un domaine en perdition, même dans les universités québécoises, a-t-elle raconté. «Le syndicalisme à l'université est en retraite.»

M. Ranger ne partage pas cette opinion.

«À 40 % de membership, le mouvement syndical est en santé, mais il doit continuer à démontrer sa pertinence», a-t-il souligné.

Mais les règles électorales limitent les possibilités de manoeuvre de M. Ranger et de ses collègues.

Les règles encadrent l'intervention d'un tiers, un syndicat par exemple, durant la période électorale. Il n'est pas autorité à dépenser de l'argent pour influencer les électeurs ou pour s'opposer ouvertement à des candidats pendant la campagne officielle.

Le premier ministre Philippe Couillard a déjà annoncé que les élections seront déclenchées le 23 août, ce qui laisse peu de temps aux dirigeants syndicaux pour rappeler aux électeurs le «danger» de voter pour les libéraux ou la CAQ.

«Je pense que nos règles sont trop strictes. On marche sur des oeufs, a déploré M. Ranger. Les candidats ont le droit de dire ce qu'ils veulent. Les chroniqueurs d'opinion d'opinion prennent position, ils ont le droit de le faire, mais le syndicat, toi tais-toi. Toi, tu n'en pas le droit. Tu n'es pas invité. Moi je pense que oui, on est invité et on doit participer aux débats publics.»

Le syndicat de M. Ranger et d'autres groupes de travailleurs ont ciblé 14 circonscriptions où ils pensent pouvoir empêcher une victoire d'un candidat libéral ou caquiste. Ils apporteront une aide aux péquistes et aux solidaires.

Les syndicats peuvent organiser des conférences de presse pendant la campagne électorale. Les membres individuels peuvent donner de leur temps pour faire des appels ou sonner aux portes, mais c'est à peu près tout ce qu'ils peuvent faire, a déclaré Ranger.

L'intervention d'un tiers peut parfois nuire à un parti ou un candidat, parlez-en au député conservateur fédéral (PCC) Maxime Bernier.

Jacques Roy, un producteur laitier, avait lancé un groupe Facebook contre M. Bernier - parce que celui-ci s'opposait à la gestion de l'offre - lors de la dernière course au leadership du Parti conservateur. Le nombre d'adhérents a rapidement atteint le plateau des 10 000. Il a persuadé des gens de l'ensemble de la province d'adhérer au PCC et de voter pour le principal adversaire de M. Bernier, l'éventuel vainqueur Andrew Scheer.

«Cela a très bien fonctionné», a rappelé M. Roy.

De son côté, le porte-parole de la CAQ, Ewan Sauvé, semble prendre avec un grain de sel l'intervention des syndicats. «Tous ont le droit d'exprimer leurs points de vue, a-t-il commenté dans un courriel transmis à La Presse canadienne. Nous appelons les syndicats à le faire en respectant les règles électorales en vigueurs.»

«Les syndicats ne doit pas perdre de vue que leur mission première est de représenter les intérêts de leurs membres et non pas de faire de la politique», a-t-il ajouté.

Élections 2018

Lisée: retourner les pouvoirs vers les régions

Le Parti québécois (PQ) mise sur son préjugé favorable aux régions pour regagner la faveur populaire et espérer prendre le pouvoir le 1er octobre.

S’il réussit cet exploit, alors que le parti est au plus bas dans les sondages depuis plusieurs mois, le chef du parti, Jean-François Lisée, s’engage à mettre l’accent sur la décentralisation des pouvoirs au profit des régions, et ce, sans tarder.

Sur le plan symbolique, il veut faire en sorte que la toute première décision associée à son éventuel gouvernement, dès les premiers jours suivant la prise du pouvoir, soit prise en faveur d’un accroissement notable des pouvoirs dévolus au palier local et régional.

«On va publier le décret du cran d’arrêt. C’est pour les régions du Québec. On va dire à tous les ministères, toutes les agences, toutes les sociétés d’État: si vous êtes en train de centraliser quelque chose et couper des emplois dans les régions du Québec, arrêtez immédiatement!» a déclaré M. Lisée, lors d’une entrevue à La Presse canadienne, cette semaine, en prévision de la campagne électorale qui s’amorcera le 23 août.

Contre-ordre

Il parle d’un «contre-ordre général» à décréter au processus poussé de centralisation des décisions orchestré depuis quatre ans, selon lui, par le gouvernement Couillard, qui a pourtant fait de la décentralisation des pouvoirs vers les régions une de ses priorités.

Or, aux yeux du chef péquiste, depuis leur élection, les libéraux de Philippe Couillard ont «dévitalisé les régions et nous, c’est le contraire qu’on va faire», a-t-il promis, sans préciser de quelle façon.

La prochaine campagne électorale s’annonce fort difficile pour le PQ, qui, selon certains, est en train de jouer sa survie.

Mais contrairement à ce que laissent croire les sondages, qui placent depuis des mois les intentions de vote envers le PQ à moins de 20 %, M. Lisée ne s’avoue pas vaincu. Il est convaincu que son parti est toujours dans la course et que ses chances de l’emporter le 1er octobre, quoi qu’on en pense, sont bonnes.

«Nous, on veut les clés de la maison», illustre M. Lisée, persuadé que son parti va «surprendre» tout le monde le soir du 1er octobre. Il se fait rassurant : «Le PQ est toujours sous-estimé et il surprend» le jour du vote, dit-il, rappelant la victoire de René Lévesque en novembre 1976 et la quasi-victoire de Jacques Parizeau, lors du référendum d’octobre 1995.

Sans nommer spécifiquement la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault, sa stratégie électorale consistera à démasquer les «charlatans» qui promettent du même souffle de baisser les taxes et les impôts, tout en augmentant les services publics. Il croit en fait que la CAQ, «un parti conservateur», a un objectif caché de privatisation des services publics et en donne pour preuve le fait que M. Legault s’entoure de quelqu’un comme Youri Chassin, qui fait partie des gens clamant qu’il «faut couper, qu’il faut privatiser» les services publics.

Candidat caquiste dans Saint-Jérôme, l’économiste Youri Chassin a été directeur de la recherche à l’Institut économique de Montréal (IEDM), groupe de recherche qui fait notamment la promotion du libre marché.

«Un État fort»

Le rôle central de l’État dans les services offerts à la population «va être une des clés de la campagne», selon le chef souverainiste, qui en fait une question d’honnêteté et de crédibilité. Cherchant à se démarquer de ses rivaux sur ce plan, le PQ fera du maintien d’un «État fort» le cœur de son action et de sa plateforme, faisant le pari que ce sera le choix des électeurs.

Cette précieuse crédibilité en politique, sans laquelle on ne peut pas espérer prendre le pouvoir, ses deux adversaires en sont dépourvus, selon lui. Il reproche surtout au chef libéral Philippe Couillard de nier les années d’austérité budgétaire qui ont marqué le début de son règne et au chef caquiste François Legault de promettre une chose et son contraire, en parlant de baisses de taxes et d’impôts tout en disant que la qualité des services publics ne sera pas affectée. «Les deux ont un grave problème de crédibilité», selon lui.

Il se dit persuadé que le PQ peut raisonnablement faire des gains dans plusieurs régions, dont la Mauricie, l’Estrie, Québec, et la couronne de Montréal.

M. Lisée refuse de dire ce qu’il fera en cas de défaite de son parti le soir de l’élection. «Ce n’est pas une hypothèse à laquelle je réfléchis», dit-il sans vouloir commenter davantage. Il ne veut pas davantage s’étendre sur l’éventuel comité de transition qu’il devrait déjà mettre sur pied, en prévision de la victoire. «Je n’en parle pas», dit-il, comme si le sujet était tabou.

Souveraineté

Il promet que la promotion de la souveraineté du Québec ne sera pas exclue de la campagne. Au contraire, il entend bien en parler «au début, au milieu et à la fin».

Le PQ s’est engagé à ne pas tenir de référendum dans un premier mandat, une échéance reportée à un deuxième mandat.

M. Lisée convient que si cette idée est acceptée par les militants, elle est moins bien comprise par la population en général. «Il y a un travail d’explication à faire» auprès des électeurs, reconnaît-il.

Il est même convaincu que ce report à un deuxième mandat d’un référendum sur la souveraineté va certainement attirer des votes au PQ le 1er octobre.

Élections 2018

Alexandre Taillefer: François Legault est «une menace à la paix sociale»

La paix sociale serait menacée au Québec, si jamais François Legault prenait le pouvoir le 1er octobre, selon Alexandre Taillefer.

Le président de la campagne électorale du Parti libéral du Québec (PLQ), se dit très inquiet de l’éventuelle élection de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Et M. Taillefer n’a pas hésité à brandir le spectre d’une crise sociale, si jamais ce scénario s’avérait, au cours d’un entretien de près d’une heure avec La Presse canadienne, dimanche.

Il faut appréhender «une détérioration de la paix sociale», affirme avec aplomb M. Taillefer, un des joueurs-clés de la campagne électorale libérale.

«Moi, ça m’inquiète énormément», ajoute celui qui se décrit comme «un électron libre» de la politique, reconnu pour son franc-parler.

Il associe la CAQ au courant politique libertarien, qui prône un État minimaliste.

«Le libertarisme est un danger» réel qui pourrait frapper le Québec si la CAQ prenait le pouvoir, assure M. Taillefer, en affirmant que M. Legault est entouré de «plusieurs personnes» prônant ce type d’idéologie de droite.

Si la CAQ prend le pouvoir, il craint donc des coupes massives dans la fonction publique, la fin des commissions scolaires et la privatisation de plusieurs services publics, soit un cocktail de décisions susceptibles de créer notamment un affrontement entre les syndicats et le gouvernement.

François Legault, c’est «l’éléphant dans un magasin de porcelaine», à ses yeux.
Il craint aussi que les électeurs qui s’apprêtent à voter pour lui ignorent qui est «le vrai François Legault».

Il craint aussi que les électeurs qui s’apprêtent à voter pour lui ignorent qui est «le vrai François Legault».

«Il dit ce que la population veut entendre», ne révélant pas ce qu’il entend vraiment faire une fois élu, selon lui.

D’où l’importance, capitale à ses yeux, du scrutin du 1er octobre pour le Québec, alors que les électeurs auront le choix entre un gouvernement libéral «progressiste» ou un gouvernement caquiste de droite.

Un homme de gauche

L’homme d’affaires bien connu dit être entré au PLQ par la porte de gauche. Il entend bien y défendre des valeurs progressistes, qui vont se transformer en mesures concrètes dans la plateforme électorale que s’apprête à présenter le parti, qu’il veut tirer toujours plus vers la gauche de l’échiquier politique, avec des investissements importants dans les programmes sociaux.

Il promet que cette plateforme contiendra «des idées novatrices qui vont surprendre beaucoup de monde», en promettant «tout ce qui permet d’offrir une meilleure qualité de vie» aux citoyens.

Homme fortuné, il ne se définit pas pour autant comme un membre de la «gauche caviar», précise-t-il durant l’entrevue, autour d’un café, dans le décor feutré de l’Hôtel Ritz-Carlton.

Il dit croire fermement aux «bienfaits des politiques sociales» pour créer une société plus juste, plus égalitaire, prônant notamment une hausse du salaire minimum à 15 $ l’heure.

Son saut en politique, en mai dernier, n’a pas été de tout repos.

Il en reste traumatisé, au point de remettre en question son engagement politique futur. «Je suis un électron libre. Je ne suis pas un loose cannon, mais je suis un électron libre», soutient l’homme d’affaires, loin d’être sûr de se sentir très à l’aise dans l’univers politique, avec sa culture, ses codes et ses normes, parfois rigides.

«Je pense que je ne suis malheureusement pas fait pour la politique», confesse-t-il.

Ceux qui le voyaient déjà candidat au leadership libéral, si Philippe Couillard démissionnait au lendemain d’une défaite, il répond qu’il est «un gars très intuitif», bien peu disposé aux savants calculs stratégiques destinés à mieux se positionner.

Surtout, il estime ne pas être fait du bois dont on façonne les politiciens.

«Je ne pense pas que je serais capable de travailler dans un moule» comme celui-là, dit cet anticonformiste.

Pas de cravate

Un exemple parmi d’autres : le code vestimentaire.

L’uniforme d’un chef politique est le complet-cravate, idéalement de couleur sombre et de coupe conservatrice.

Or, Alexandre Taillefer ne porte que des jeans, 365 jours par année, accompagnés la plupart du temps d’une chemise sport ouverte, «gougounes» de caoutchouc aux pieds pour plus de confort.

Son cou n’a jamais été encerclé d’une cravate «au cours des 15 dernières années», et pas question que cela change.

Il veut bien «servir la population», mais n’est donc «pas certain» que la politique active et «soit la meilleure façon» pour quelqu’un comme lui.

Le coeur qui bat fort

Il a été échaudé par la couverture médiatique, en mai, quand il a annoncé qu’il allait présider la campagne libérale. Surpris de faire la manchette pendant des jours, il a été critiqué sous toutes ses coutures, certains raillant le fait d’avoir affirmé qu’il rêvait de devenir un jour premier ministre du Québec.

Cet épisode l’a beaucoup affecté, relate l’ancien Dragon de la télé. Il se levait le matin anxieux, se demandant quel média allait l’éreinter ce jour-là. «Le cœur me débattait», raconte celui qui semble encore sonné de constater qu’une expression malhabile — comme lorsqu’il a parlé de l’importance d’avoir les deux mains sur le volant — puisse faire la manchette et susciter autant de commentaires.

Quoi qu’il en soit, il sera très actif durant la campagne électorale, à la fois dans le «war room», le centre décisionnel libéral, et en tournée, menée en parallèle de celle du chef, Philippe Couillard.

En cas de victoire ou de défaite, il reprendra ses activités à la tête de ses entreprises et promet de continuer, d’une façon ou d’une autre, à s’impliquer au PLQ pour influencer ses choix. Mais il pourrait bien dorénavant préférer l’ombre à la lumière.

Politique

Legault rejette un projet éolien sur la Côte-Nord

SHAWINIGAN — Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, se range du côté du président d’Hydro-Québec et rejette un important projet éolien sur la Côte-Nord.

De Shawinigan, où il lançait sa campagne par un discours à saveur économique, l’aspirant premier ministre a précisé qu’il ne signerait pas le contrat pour le projet de parc éolien Apuiat, à la lumière des informations qu’il détient.

Il s’est également ouvert, de façon plus générale, sur l’énergie éolienne, une énergie qu’il considère «d’appoint», qu’on ne doit pas acheter en situation de surplus, selon lui.
Le projet Apuiat, qui procurerait des centaines d’emplois aux Innus avec sa production de 200 mégawatts, sème la controverse.

Le président d’Hydro-Québec, Éric Martel, a remis en question la pertinence du projet, tant sur le plan financier qu’énergétique, la société d’État devant déjà composer avec d’importants surplus d’électricité.

«J’ai confiance que même les citoyens de la Côte-Nord, qui vont peut-être se voir privés d’un projet à court terme, vont comprendre qu’on ne peut pas mettre 1,5 milliard de pertes chez Hydro-Québec pour créer des emplois, a déclaré M. Legault. Il faut que ce soit des emplois utiles.»

Selon lui, le président américain Donald Trump importerait davantage d’hydro-électricité du Québec si on lui expliquait qu’elle coûte moins cher que le charbon. «Je trouve que c’est un bon argument qui n’a pas été assez utilisé», a lancé le chef caquiste.

Pour sa part, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) et premier ministre, Philippe Couillard, martèle qu’il «est essentiel de faire le projet» Apuiat, ne laissant pas de place au doute sur ses intentions et sa détermination.

Il a maintenu dimanche sa position en marge de la Conférence des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l’Est du Canada, à Stowe au Vermont.

«Je réitère le caractère absolument fondamental de cette entente pour l’avenir du nord du Québec et pour l’avenir du développement hydro-électrique dans le nord du Québec, a-t-il souligné. Il ne faut pas penser que les Premières Nations continuent d’accepter qu’on prélève des ressources sur leurs territoires traditionnels sans en avoir des bénéfices tangibles.»

Tout le Québec est prenable

L’économie sera l’un des principaux sujets de la campagne électorale, avec l’éducation et la santé. M. Couillard a annoncé samedi que la campagne s’amorcera le 23 août, pour une durée de 39 jours, soit le maximum prévu par la loi.

Dimanche, M. Legault s’est montré impatient d’en découdre avec les libéraux. Sur une scène en plein air, à quelques pas de la Cité de l’énergie, à Shawinigan, il a présenté 92 de ses candidats et a avancé qu’un raz-de-marée caquiste était possible.

«C’est prenable partout et on va essayer de gagner partout, dans toutes les régions du Québec», a-t-il déclaré, vantant son équipe «exceptionnelle», mais en assurant toutefois ne rien tenir pour acquis.

Une campagne plus longue ne peut qu’aider la CAQ, a-t-il affirmé. «Le parti qui a le plus à gagner à avoir du temps pour expliquer son programme pis à montrer son équipe, c’est la CAQ, a-t-il dit. Plus on a de temps, plus je suis content.»

Par ailleurs, le chef caquiste a affirmé en point de presse ne pas penser à l’après-élection, et ne toujours pas savoir s’il participera ou non au Sommet de la Francophonie en octobre, dans l’éventualité où il forme le gouvernement.

Actualités

Laviolette-Saint-Maurice: nouvelle circonscription... sans Julie!

SHAWINIGAN — La campagne électorale n’est pas commencée, mais c’est tout comme. Autour des BBQ, des candidats s’activent dans certaines circonscriptions particulièrement chaudes. Les journaux du Groupe Capitales Médias vous proposent chaque dimanche d’ici la fin août six luttes qui feront jaser tout le Québec. Cette semaine, place à Laviolette-Saint-Maurice.

Déjà, on peut prédire deux grands bouleversements en Mauricie lors du prochain scrutin provincial: une nouvelle circonscription, soit celle de Laviolette-Saint-Maurice, et une première élection en 17 ans sans Julie Boulet.

Politique

Le Parti conservateur du Québec veut faire élire son premier député en octobre

MONTRÉAL — Le Parti conservateur du Québec (PCQ) aspire à faire élire son premier député à l’Assemblée nationale aux prochaines élections d’octobre, ou à tout le moins augmenter ses appuis, quatre ans après avoir récolté moins d’un pour cent des voix au scrutin provincial.

En entrevue avec La Presse canadienne au début de la semaine, le chef du PCQ, Adrien Pouliot, a dit qu’il avait bon espoir d’obtenir plus de votes des Québécois cette fois-ci, mentionnant qu’il était en voie de recruter plus de 100 candidats, alors que le parti n’en avait eu que 59 en 2014. Le parti espère présenter ses 125 candidats pour l’élection.

M. Pouliot perçoit beaucoup de potentiel chez les anglophones et auprès des citoyens de la région de Québec, qu’il côtoie dans la circonscription de Chauveau, où il se présente.

Selon lui, le PCQ est la seule formation politique de droite au Québec, et il classe les quatre autres partis comme étant à gauche, dont le Parti libéral du Québec (PLQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ).

«Il y a vraiment une «écoeurantite» des libéraux et les gens cherchent une alternative, a soutenu M. Pouliot au bout du fil. Et ils voient M. Legault (François, le chef de la CAQ) comme ce qu’il est: une peinture neuve sur un vieux «char». Ça n’en fait pas une auto neuve, ça.»

Le dernier test électoral du PCQ remonte à la fin de l’année 2017. Lors de l’élection partielle dans la circonscription de Louis-Hébert, dans la région de Québec, la candidate du PCQ, Sylvie Asselin, avait terminé cinquième avec un peu plus de 4 pour cent du vote.

Faire connaître le parti

M. Pouliot croit que le défi de son parti est de se faire connaître, car selon lui, ses idées résonnent auprès des Québécois, notamment en matière de santé.

«Les Québécois sont les Canadiens les plus intéressés à augmenter le rôle du privé dans la gestion de la santé. Alors, oui, je pense que clairement les gens sont tannés d’attendre 15 ans à l’urgence pour se faire soigner», a-t-il fait valoir.

«Les Québécois sont prêts à entendre des solutions nouvelles. Ça fait 40 ans au Québec qu’on a la même recette d’étatisme, d’implication du gouvernement, puis qu’on change de chef. Nous, on propose de changer la recette.»

M. Pouliot n’a pas voulu divulguer immédiatement les engagements de son parti pour la campagne, mais il souligne qu’ils refléteront les valeurs du PCQ, qui défend notamment les droits et les libertés individuelles, ainsi que la diminution de l’interventionnisme de l’État.

«Oui, ça prend un État, mais on trouve que l’État au Québec est trop gros. Donc on veut réduire la taille de l’État, pour réduire le fardeau fiscal des Québécois», a souligné le chef conservateur, qui a utilisé le terme «gouvernemaman» plusieurs fois au cours de l’entrevue.

Un certain conservatisme social

Le PCQ est d’abord et avant tout un parti conservateur sur le plan économique, soutient M. Pouliot, même s’il avoue que certains de ses candidats sont plus conservateurs que lui sur le plan social.

La «Zone Assnat» du «Journal de Québec» révélait mardi dernier que le candidat du PCQ dans Matane-Matapédia était ouvertement contre l’avortement et contre le mariage entre conjoints de même sexe.

«Moi personnellement, je suis pour l’avortement, je suis pour le mariage gai», a nuancé M. Pouliot.

Ces deux enjeux n’apparaissent pas dans le programme du parti adopté en mai 2018.

M. Pouliot souligne que le PCQ est davantage conservateur social lorsqu’il est question de justice et de famille. Selon le programme, par exemple, le parti abolirait la Loi sur l’immatriculation des armes à feu et adopterait une «Charte québécoise des droits des victimes».

Par ailleurs, il verserait une allocation de garde imposable de 100 $ par enfants aux familles, une idée prônée par la défunte Action démocratique du Québec (ADQ).

Politique

La campagne électorale lancée le 23 août, annonce Couillard

La prochaine campagne électorale durera 39 jours, soit la limite supérieure légale. La loi prévoit qu’une campagne électorale doit durer entre 33 et 39 jours.

Le premier ministre Philippe Couillard a choisi de mettre fin au suspense qui durait depuis quelques jours sur la date du déclenchement du scrutin, samedi, en fin de journée, à l’occasion de son discours de clôture du 36e congrès de l’aile jeunesse de son parti.

En conférence de presse, le chef libéral a justifié son choix en disant qu’une durée plus longue lui permettra de mieux passer son message dans toutes les régions, «pour aller à la rencontre de Québécois».

«Six jours de plus, ce n’est pas banal», pour présenter tous les engagements faits par son parti à la population, a-t-il dit.

Il a aussi fait valoir que la campagne sera ponctuée de trois débats des chefs, deux en français et un anglais, ce qui grugera beaucoup de temps, si on tient compte de la préparation requise.

Dans son discours, très centré sur la place à faire aux jeunes et à leurs valeurs, M. Couillard, qui réclame un deuxième mandat à la population, a décrit le déclenchement de la campagne électorale comme étant le début de «la grande marche vers la réélection du Parti libéral du Québec».

Le début de la campagne sera précédé par le dépôt du rapport attendu de la vérificatrice générale sur l’état des finances publiques, le 20 août.

Les autres partis n’ont pas tardé à réagir à l’annonce de M. Couillard.

«Notre équipe est prête et nous avons hâte de vous faire part de nos propositions pour les familles du Québec», a lâché la Coalition avenir Québec dans un tweet relancé par son chef François Legault.

De passage aux Îles-de-la-Madeleine, le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, s’en est réjoui. «Tant mieux ! L’équipe du Parti québécois est prête à proposer un gouvernement proche des besoins des gens et qui refuse l’austérité permanente que préparent la CAQ et le PLQ», a-t-il commenté sur son compte Twitter.

Même constat chez Québec solidaire.

«On était déjà pas mal en campagne, a fait valoir la porte-parole du parti, Manon Massé à La Presse canadienne. Pour nous, c’est maintenant clair. Notre monde savait très bien que l’élection s’en venait. Nos gens étaient sur le terrain depuis un temps. On est prêt.»

Non aux contraintes

Durant leur congrès, les quelques centaines de jeunes militants libéraux réunis au Centre Pierre-Charbonneau ont adopté plusieurs résolutions à l’intention du gouvernement.

Le premier ministre Couillard a rejeté du revers de la main une résolution des jeunes qui aurait eu pour effet de restreindre la liberté d’expression des créateurs.

Dans la foulée de la controverse entourant les spectacles SLAV et Kanata, les jeunes libéraux voulaient inciter les organismes subventionnaires des projets culturels (le Conseil des arts et des lettres et la Société de développement des entreprises culturelles) à inclure dans le processus créatif les autochtones et les minorités culturelles lorsque les projets soumis abordent leur réalité ou leur histoire.

M. Couillard a répliqué en disant qu’il ne croyait pas que «l’approche coercitive ou conditionnelle soit la meilleure dans le domaine de la création artistique».

Il a rappelé qu’il dirigeait «le parti des libertés», clamant que la «liberté artistique, elle est fondamentale».

Les jeunes libéraux ont eu plus de chance avec une autre résolution visant à inciter le gouvernement à se pencher sur le problème de la santé mentale des jeunes et des étudiants, qui a reçu l’appui du premier ministre.

Élection 2018

Legault n’a pas la stature d’un premier ministre, dit St-Pierre

QUÉBEC - Le chef caquiste François Legault n’a pas la stature d’un premier ministre quand il refuse de dire s’il ira au Sommet de la Francophonie en octobre dans l’éventualité où il forme le prochain gouvernement.

C’est ce que conclut la ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre. «Il ne comprend pas», a-t-elle tranché en entrevue téléphonique à La Presse canadienne, vendredi.

Avec ses 84 États et gouvernements membres et observateurs, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) est la deuxième organisation la plus importante au monde après les Nations unies.

C’est le seul forum où le Québec a un statut de gouvernement participant, au même titre que la France et la Suisse, par exemple.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) a refusé de dire, cette semaine, s’il dirigera ou non la délégation québécoise présente en Arménie les 11 et 12 octobre, advenant son élection comme premier ministre.

C’est un fait que l’événement survient cette année à un bien mauvais moment pour le Québec, qui pourrait se retrouver, sur le plan politique, en pleine période de transition, si jamais la CAQ est portée au pouvoir le 1er octobre.

«Je ne veux pas commencer à avoir l’air prétentieux en vous disant que oui ou non j’irai en Arménie au mois d’octobre», s’est contenté de dire François Legault en entrevue avec La Presse canadienne.

Ses tergiversations ont fait bondir la ministre St-Pierre, vendredi.

«C’est scandaleux, a-t-elle déclaré. Qu’un candidat au poste de premier ministre fasse ces déclarations-là m’apparaît vraiment une incompréhension totale du rôle du premier ministre du Québec sur la scène internationale.

«On n’a jamais été aussi présent à l’international et on va avoir quelqu’un qui va dire: «Moi je m’en fous». Heille. Ça dépasse l’entendement, c’est du je-m’en-foutisme», a-t-elle râlé.

Le scénario d’une victoire de la CAQ est hypothétique, poursuit Christine St-Pierre, qui croit fermement en les chances de son chef, Philippe Couillard, de remporter l’élection. D’ailleurs, celui-ci a confirmé, vendredi, sa présence au sommet.

Elle craint par ailleurs que M. Legault commette un grave impair diplomatique s’il est porté au pouvoir. «Les absents ont tort et ce serait mal vu, a-t-elle soutenu. Ça affaiblirait, à mon avis, la position du Québec.»

Alors que le nombre de locuteurs français est en constante augmentation (284 millions en 2015, selon l’OIF), le Québec exerce son leadership, dit la ministre, en créant, à Montréal, un secrétariat sur les droits des LGBT dans la Francophonie.

De plus, il milite avec les autres États francophones pour la protection et la promotion de la langue française, la démocratie, l’égalité entre les hommes et les femmes, le développement de l’espace économique francophone et la lutte contre la radicalisation menant à la violence.

Le ministère des Relations internationales planche depuis longtemps sur les notes devant servir au premier ministre lors du sommet. Une attention toute particulière est donnée à la résolution du Québec en matière d’éducation à la citoyenneté et aux droits de la personne.

La réunion devrait également permettre aux pays membres de trancher sur la demande de l’Arabie saoudite d’obtenir un statut d’observateur, sur celle des Émirats arabes unis qui désirent un statut de membre à part entière, et sur le renouvellement du mandat de la secrétaire générale de l’OIF, Michaëlle Jean.

M. Legault n’a toujours pas précisé s’il est favorable à la réélection de Mme Jean à la tête de la Francophonie. Rappelons que l’ex-gouverneure générale du Canada a fait l’objet de plusieurs reportages cette année alléguant une série de dépenses associées à un train de vie princier.

Tant M. Couillard que le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, appuient Mme Jean, tandis que la France et l’Union africaine ont plutôt choisi de mousser la candidature de la chef de la diplomatie rwandaise, Louise Mushikiwabo.

Diversifier l’économie par... la diplomatie

Christine St-Pierre n’en démord pas: pour avoir de bonnes relations économiques avec un pays, il est nécessaire de passer par la diplomatie.

Cette semaine, le chef caquiste a prôné un virage à l’international. Se qualifiant de «développeur», il a dit vouloir privilégier une approche plus pragmatique, axée sur des résultats concrets, au bénéfice des gens d’affaires.

Selon lui, le Québec doit utiliser ses délégations à l’étranger pour «augmenter les exportations, pour permettre à nos entreprises de rencontrer des clients». Il voudrait voir le personnel réaffecté aux dossiers économiques.

«Pour diversifier les marchés, il faut un accord; pour avoir un accord, il faut des rencontres diplomatiques», a déclaré la ministre, piquée au vif.

«Ses déclarations viennent dire à nos représentations sur le terrain: «Bof, vous savez, vous ne faites pas grand-chose». Il faut, pour établir du commerce, des bonnes relations avec les autorités en place», a-t-elle martelé.

Elle accuse par ailleurs François Legault de «traîner dans son ADN» les compressions faites dans les délégations du Québec à l’étranger par son ancien chef, le premier ministre péquiste Lucien Bouchard.