Politique

Sébastien Proulx ne croit pas provoquer un malaise au sein du PLQ

QUÉBEC — Le Parti libéral du Québec (PLQ) pense déjà à l’après-Couillard. Les ministres sortants, réunis à Québec jeudi, ont commencé à se positionner en vue de la prochaine course au leadership.

Sébastien Proulx, fraîchement nommé leader parlementaire de l’opposition officielle, n’a pas écarté la possibilité de se présenter comme candidat à la chefferie.

Il a nié profiter d’avantages «indus» par rapport à d’autres et causer un malaise au sein de son caucus. À titre de leader, il bénéficiera notamment d’une équipe et d’un budget, ainsi que d’une grande visibilité.

«Le leader parlementaire, c’est vrai que c’est quelqu’un qui est actif dans le cadre des travaux parlementaires, mais ce n’est pas celui qui pose toutes les questions à l’Assemblée nationale», a-t-il plaidé, en insistant également sur le fait que la course n’était pas commencée.

La coutume veut que les officiers parlementaires, soit le chef intérimaire, le leader, le whip et le président du caucus, ne s’impliquent pas dans une course à la direction. Mais pour l’instant, aucune règle n’empêche M. Proulx de briguer la direction du PLQ.

S’il décidait de tenter sa chance, le député de Jean-Talon laisse entendre qu’il démissionnerait de son poste de leader parlementaire, au moment opportun. «Oui, je vais me gouverner en conséquence», a-t-il signifié.

Moreau et Fortin en réflexion

Sébastien Proulx n’était pas le seul à commenter la prochaine course à la chefferie, jeudi, en marge du tout dernier conseil des ministres présidé par Philippe Couillard.

Le ministre défait Pierre Moreau, ainsi que le député réélu dans Pontiac, André Fortin, se sont également mouillés. Ils pourraient être sur les rangs pour succéder à M. Couillard.

L’ex-vice-première ministre, Dominique Anglade, elle, a choisi de ne pas ouvrir son jeu. Elle a cependant clamé que le prochain chef devra être «imprégné de ce qui se passe au niveau de la base militante».

«On est en réflexion, on en discute en famille aussi, voir si c’est la meilleure chose pour notre famille», a confié M. Fortin aux courriéristes parlementaires, en ajoutant que des gens étaient en ce moment «très gentils avec nous, disons».

Interrogé à son tour, M. Moreau a fait valoir qu’il était «passionné» de politique. «Je ne ferme la porte à rien du tout, au contraire», a-t-il dit.

Pour sa part, le ministre des Finances sortant, Carlos Leitao, a semblé exclure d’emblée la candidature de Pierre Moreau. Il s’est prononcé en faveur d’une course à la chefferie mettant en vedette de jeunes politiciens.

«Je suis d’avis que le prochain chef du Parti libéral devrait être quelqu’un d’une autre génération», a-t-il affirmé.

Qu’importe, le sexagénaire Moreau pourrait être sur la ligne de départ. «Si on est d’avis que le résultat de la dernière élection est basé sur le changement, ce changement est incarné par quelqu’un qui est plus vieux que moi», a-t-il lancé, sourire en coin. Il compte s’investir dans la reconstruction du PLQ.

Le PLQ perd un autre député

Les ministres sortants se sont par ailleurs désolés d’avoir perdu un troisième député depuis le 1er octobre.

Mercredi soir, le Parti québécois (PQ) a gagné son pari et fait élire Méganne Perry-Mélançon dans la circonscription de Gaspé, au terme d’un dépouillement judiciaire.

Les libéraux sont donc passés de 32 élus à 29, après la démission du chef Philippe Couillard, l’expulsion du député de Chomedey, Guy Ouellette, et la défaite de leur candidat dans Gaspé, Alexandre Boulay.

«Nous on croyait qu’Alexandre Boulay représentait la relève pour notre parti, une des figures fortes en région, a déclaré le chef intérimaire du PLQ, Pierre Arcand. C’est sûr que c’est très décevant.»

Temps de parole du PQ et de QS

Reconnaissant le multipartisme au Québec, les libéraux ont dit vouloir discuter entre eux et avec les autres partis du temps de parole à accorder au PQ et à Québec solidaire.

Ces deux partis, qui n’ont fait élire que 10 députés chacun, n’ont pas le statut officiel de groupe parlementaire, qui permet notamment d’obtenir de précieux budgets de recherche.

Leur temps de parole sera très limité lors de la période de questions et pendant les commissions parlementaires, à moins que le gouvernement de la CAQ et l’opposition officielle libérale en décident autrement.

Par ailleurs, jeudi, le conseil des ministres sortant a nommé Yves Ouellet secrétaire général et greffier du Conseil exécutif.

Il entrera en poste à compter du 18 octobre, tel que souhaité par le premier ministre désigné, François Legault.

M. Ouellet est actuellement membre du conseil d’administration et président-directeur général de la Société québécoise des infrastructures.

Politique

Guy Ouellette exclu du caucus libéral

Le malaise était trop grand pour que les libéraux passent l’éponge. Le député Guy Ouellette est désormais exclu de leur caucus et devra siéger comme indépendant.

Élu sous la bannière libérale il y a quelques jours à peine, M. Ouellette reste député de Chomedey, mais fera cavalier seul à l’Assemblée nationale.

Politique

Philippe Couillard démissionnerait jeudi

Tout indique que le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, annoncera sa démission jeudi, lors d’un caucus réunissant tous ses candidats à Québec.

M. Couillard avait laissé planer le doute lors de son discours de défaite lundi soir, affirmant qu’il entreprenait «une réflexion» de quelques jours sur son avenir politique. Il aurait maintenant pris la décision de quitter la politique.

Selon une source sûre, M. Couillard démissionnerait de son poste de chef. Il pourrait aussi quitter son poste de député de Roberval, ce qui aurait pour effet de provoquer une élection partielle au Saguenay–Lac-Saint-Jean à court ou à moyen terme. 

Les 125 candidats libéraux sont conviés à Québec pour faire un post mortem de la campagne qui vient de se terminer et qui a relégué le parti au rang d’opposition officielle. Le 1er octobre, les libéraux ont obtenu le pire pourcentage de vote de l’histoire récente de leur parti. Ils n’ont réussi à faire élire que 32 députés; la majorité sur l’île de Montréal. 

Premier ministre du Québec depuis 2014, M. Couillard a dit lundi soir laisser le Québec en meilleur état que lorsqu’il est entré en poste. 

En caucus vendredi

Vendredi, un premier caucus des élus libéraux du 1er octobre aura lieu à Québec pour planifier la suite des choses, soit le choix d’un chef par intérim et les modalités d’une course à la direction.

Il ne faut cependant pas s’attendre à voir émerger un nouveau chef libéral dans les prochains mois. Les députés et membres du personnel politique libéral contactés par La Presse canadienne sont d’avis que l’ampleur de la défaite de lundi dernier doit entraîner un examen de conscience sérieux qui dépasse le seul choix d’un chef.

Des députés vont donc défendre l’idée de ne pas tenir de course à la direction avant la fin de 2019, mais idéalement seulement en 2020.

Les élections à date fixe facilitent la tâche aux partis, qui peuvent mieux planifier ce genre d’exercice, parfois périlleux. Les prochaines auront lieu en octobre 2022.  Avec La Presse canadienne

Élections

Sylvain Gaudreault «sous le choc»

Vingt-quatre heures après la soirée électorale, le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault, se dit « secoué » et « sous le choc » après avoir vu le Parti québécois remporter seulement neuf sièges sur 125.

Lundi soir, Sylvain Gaudreault a été élu avec 48,35 % des voix contre 32,47 % pour Benoit Rochefort de la Coalition avenir Québec, avec tout près de 5000 votes de majorité.

Élections 2018

Le PLQ a été plombé par l’ère Charest selon Robert Benoit

Les libéraux provinciaux ont-ils causé leur propre perte en faisant preuve d’une trop grande inertie au cours des dernières années? Ancien président du Parti libéral du Québec, Robert Benoit n’est pas aussi catégorique, mais il laisse entendre que le chef du PLQ, Philippe Couillard, et ses troupes ont commis une erreur en ne prenant pas davantage leurs distances vis-à-vis l’ère Jean Charest.

M. Benoit raconte qu’il s’était permis d’offrir un conseil à M. Couillard alors que ce dernier effectuait ses débuts comme premier ministre. « Je lui avais dit qu’il fallait qu’une cassure soit opérée par rapport à la période Charest. Mais ça ne s’est pas fait et le Parti libéral a traîné l’époque Charest ainsi que son équipe. La dissociation n’a pas été réalisée », soutient cet ancien député d’Orford.

Cela dit, il affirme que le jugement de la population sur l’époque Couillard n’est pas juste. Il juge que Philippe Couillard « n’était pas toujours d’une grande sagesse, mais qu’il a été un bon premier ministre ».

Robert Benoit croit par ailleurs que le PLQ traversera une période de reconstruction au cours des mois et années à venir. « Il faut rebâtir à partir de la base. Et retourner aux écrits de Claude Ryan par rapport aux valeurs libérales. Renaître de ses cendres est possible. Par contre, dans ce cas-ci, le parti devra comprendre ce que veulent les gens plus jeunes », dit-il.

Plus largement, il considère que le scrutin de lundi ressemble beaucoup à celui de 1976 lorsque le Parti québécois avait défait les libéraux pour la première fois. Les lendemains de cette élection avaient été difficiles pour le PLQ.

Et le député Bélanger?

Quand on demande à Robert Benoit son opinion au sujet du nouveau député d’Orford, il a de bons mots pour lui. « C’est une personne de qualité qui a du panache. En plus, son parcours au plan éthique est correct. »

Occupant la présidence de l’organisme Memphrémagog conservation, M. Benoit reconnaît dans la foulée que l’intérêt pour l’environnement démontré par Gilles Bélanger tend à le rassurer.

« Je pense cependant qu’il faudra éduquer le parti auquel il appartient par rapport à l’environnement. Dans le dossier de la protection des milieux humides, le discours de la CAQ est préoccupant. Des partis comme le Parti québécois et Québec solidaire pourront peut-être influer sur les caquistes s’ils jouent bien leur rôle. C’est à espérer en tout cas. »

Élections 2018

Rien n’empêche Bourdon de soumettre sa candidature au poste de pdg du CHU de Québec

Que fera Gertrude Bourdon après son saut raté en politique? La présidente-directrice générale démissionnaire du CHU de Québec pourrait-elle resoumettre sa candidature à ce poste? Réponse et explications.

Lundi, la libérale Gertrude Bourdon n’a récolté que 17,9 % des votes dans Jean-Lesage, loin derrière le solidaire Sol Zanetti (34,7 %) et la caquiste Christiane Gamache (32,4%).

Élections 2018

«On vient de changer d’époque», dit un ex-dirigeant péquiste

«On vient de changer d’époque», affirme au Soleil l’ex-président du Parti québécois (PQ), Raymond Archambault, en analysant les résultats électoraux de lundi au Québec.

Il constate que des électeurs souverainistes du Parti québécois sont passés chez Québec solidaire (QS) durant la campagne électorale. Mais il estime en même temps que le succès du parti de Manon Massé et de Gabriel Nadeau-Dubois dans les urnes va bien au-delà du discours que certains de leurs candidats et ces deux co-porte-parole ont pu tenir sur l’indépendance.

«Chez QS, ils veulent refaire le monde», ce qui correspond «pas mal à ce que pensent ou veulent beaucoup de jeunes», réfléchit tout haut Raymond Archambault pour expliquer plus globalement la poussée enregistrée par les solidaires. La clé de la croissance électorale de QS serait là, dans l’espoir qu’il a donné de contribuer à «refaire le monde».

L’ex-président du PQ constate surtout que la nouvelle Assemblée nationale est et sera dominée par des élus non souverainistes ou fédéralistes. C’est l’illustration la plus éclatante de la nouvelle donne, de la «nouvelle époque», à ses yeux.

«Et ce n’est pas parce que l’indépendance n’est plus nécessaire», s’empresse-t-il d’ajouter.

M. Archambault va au-delà de ces constats. Il établit des responsabilités. Il laisse entendre que cette nouvelle époque serait progressivement advenue en partie en raison du manque d’ambition de sa propre formation politique sur ce front de l’indépendance.

«On a une responsabilité au Parti québécois de ne pas en avoir fait un enjeu électoral depuis le référendum de 1995», pense l’ex-président du parti. Cette absence a rendu «l’option un peu vieillotte» aux yeux de plusieurs, «un peu désuète», dit-il.

«Nous sommes nés dans un contexte politique qui n’a pas changé, alors que la clientèle électorale, elle, a fini par changer.»  

Élections 2018

Québec solidaire, premier chez les écoliers

Si les enfants avaient eu à choisir le nouveau gouvernement, leur choix aurait été Québec solidaire, mais minoritaire. Élections Québec a publié les résultats d’une simulation électorale consistant à faire voter les mineurs pour les sensibiliser à l’exercice démocratique.

Le choix des jeunes s’est tourné vers la formation de gauche avec un appui de 26,46 %, ce qui représenterait une députation de 45 élus solidaires.

Élections 2018

Une percée pas si profonde pour QS

ANALYSE / La percée de Québec solidaire (QS) hors de Montréal est sans contredit un des dénouements majeurs du scrutin de lundi. On se demandait si le parti de gauche aurait finalement un député hors de «l’île», il en a fait élire quatre, sans compter ses six autres dans la métropole. Mais quand on regarde le détail des résultats, QS ne semble pas avoir élargi sa base autant qu’on pourrait le penser, à première vue — et que celle du Parti québécois (PQ) demeure plus étendue.

Les deux formations ont terminé la soirée avec des parts très comparables du vote total, soit 16 % pour QS et 17 % pour le PQ. Or, parmi les 115 circonscriptions où les candidats solidaires ont perdu, il n’y en a que 14 (12 %) où ils ont fini deuxièmes. Partout ailleurs, ils n’ont pu faire mieux qu’une troisième ou une quatrième place. Par comparaison, le PQ a beau avoir gagné un siège de moins que QS (neuf contre 10), il a terminé second dans 34 circonscriptions, soit près du tiers (29 %) des 116 qu’il a perdues.

Pire encore pour QS : sur les 14 courses où ses candidats ont fini deuxièmes, une seule s’est jouée sur une marge de moins de 1000 votes. C’était dans Maurice-Richard (anciennement Crémazie), où l’ex-ministre libérale Marie Montpetit a coiffé le solidaire Raphaël Rebelo par environ 500 voix. La profonde division du vote a permis à Mme Montpetit de «passer» avec seulement 29,5 % des suffrages exprimés.

Dans les 13 autres endroits où les solidaires se sont classés seconds, ils ont perdu par une moyenne de 12 300 voix, une différence pharaonique. Il s’agit principalement de forteresses libérales inexpugnables de l’ouest de l’île de Montréal où les «rouges» obtiennent routinièrement au-delà de 60 % des voix à cause du vote non francophone, ou alors de régions plus rurales où la Coalition avenir Québec (CAQ) était tellement forte qu’elle semble avoir drainé pratiquement tous les électeurs qui n’étaient pas trop à gauche. Dans Arthabaska, Saint-Hyacinthe et Granby, par exemple, QS est arrivé second avec seulement 12 à 16 % des voix, en grande partie parce que la CAQ (52 à 62 %) n’a presque rien laissé aux péquistes et aux libéraux.

C’est donc dire que les solidaires ont décroché la plupart de leurs deuxièmes places «par défaut», pas à cause de leur force dans ces circonscriptions.

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Du côté péquiste, sur les 34 seconds rangs, six ont été des courses serrées (moins de 1000 voix) et sept autres ont été des défaites «honorables» (moins de 5000 voix) qui peuvent laisser un espoir au moins théorique pour la prochaine élection, s’il n’y a pas de nouvelle vague caquiste. Dans Chicoutimi, par exemple, même si la victoire de la CAQ a été claire (4400 voix), le PQ y demeure une force non négligeable (25 % des voix).

La percée de QS hors de Mont­réal demeure un développement politique important, mais tout indique qu’elle fut extrêmement pointue et ciblée. Même si le parti a obtenu plus de votes au total qu’en 2014, sa «clientèle» traditionnelle, instruite et urbaine, demeure concentrée dans les grandes villes ou dans les quartiers centraux de villes plus petites — surtout quand elles ont une composante universitaire, comme à Sherbrooke. Cela ne signifie pas que QS ne progressera pas davantage d’ici 2022, mais, à la lumière des résultats de lundi, c’est le PQ qui semble avoir la base la plus large et le meilleur potentiel de croissance.

Et les femmes?

Pour la première fois de l’histoire, près de la moitié des candidats étaient en fait des candidates : les femmes représentaient 47 % des aspirants-députés sur la ligne de départ, d’après un décompte du Devoir. Et sur la ligne d’arrivée, combien en restait-il?

À la mi-septembre, une analyse du magazine L’actualité laissait craindre le pire pour ce fort contingent de candidates. Basée sur l’outil de prédiction électorale Qc125, elle montrait que 46 % des candidates se présentaient dans des circonscriptions qu’elles étaient «assurées de perdre» (moins de 5 % des chances de gagner), alors que cette proportion n’était que de 34 % pour les hommes.

Cependant, possiblement parce que les sondeurs n’ont pas vu juste (sous-estimant la CAQ par plusieurs points), l’hécatombe appréhendée n’a pas eu lieu, ou du moins fut-elle moins pire que prévu. Les 47 % de candidates au départ se sont transformées en 42 % des députés (52 sièges en tout). Il y a là, certes, une baisse qui indique que toutes proportions gardées les femmes ont davantage que les hommes été lancées dans des circonscriptions imprenables. Mais cela demeure un record, et de loin — la précédente marque était de 33 % en 2012, et elle avait presque été atteinte une première fois (32 %) au milieu des années 2000.

Les équipes libérale et solidaire ont atteint la parité, avec respectivement 16 femmes sur 32 députés et cinq sur 10. Le Parti québécois est celui qui compte la plus petite proportion de femmes (trois sur neuf, ou 33 %), mais avec la débandade qu’il a connue et le petit nombre de sièges qu’il lui reste, il est difficile d’y lire grand-chose.

Du côté de la CAQ, 38 % des élus sont des femmes. Il s’agit une grande progression par rapport aux équipes caquistes antérieures, mais pour un parti qui a présenté plus de femmes que d’hommes cette année (65 contre 60), cela reste relativement peu. Et c’est tout à fait cohérent avec l’enquête de L’actualité, notons-le, qui avait trouvé que la CAQ envoyait beaucoup plus de femmes (35 %) que d’hommes (7 %) dans des circonscriptions perdues d’avance et, à l’inverse, plus d’hommes (46 %) que de femmes (18 %) dans des «comtés sûrs».

Élections 2018

La percée de QS à Québec réjouit Labeaume

Le maire de Québec s’est réjoui des victoires des candidats de Québec solidaire (QS) Catherine Dorion et Sol Zanetti. Régis Labeaume a indiqué que Manon Massé l’avait contacté par message texte le soir du scrutin, mentionnant qu’elle lui envoyait «deux Gaulois solidaires». Ce à quoi le maire a répondu : «Merci, ça fait mon affaire dans les circonstances».

Au moment de devoir préciser sa pensée, il a tout simplement indiqué que les deux nouveaux élus de Québec étaient des personnes «intelligentes».

Mme Massé avait affirmé lors de sa dernière conférence de presse à Québec qu’elle et le maire Labeaume avaient eu des discussions productives sur plusieurs sujets concernant la Capitale nationale. 

Un avis que partage le député élu de Jean-Lesage, Sol Zanetti, qui se dit sûr que le maire de Québec sera réceptif aux propositions de QS, notamment sur le transport en commun. 

Il a ajouté que son parti aura la responsabilité d’informer la population sur certains faits par rapport à des projets comme le troisième  lien. 

«Il faut qu’on fasse reculer le soutien populaire envers le troisième lien. Je pense que la popularité de ce projet vient en grande partie d’une campagne intensive de certaines radios pour faire croire que ce nouveau lien sera une solution contre la congestion routière», soutient-il. 

La véritable opposition officielle?

Lors de son point de presse mardi, la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, mentionnait que son parti allait être «la véritable opposition officielle» face aux propositions du nouveau gouvernement de François Legault. 

Mme Massé entend questionner régulièrement le nouveau premier ministre sur ses orientations non seulement sur le troisième lien à Québec, mais aussi sur l’exploitation des hydrocarbures et la réforme du mode de scrutin.

De leur côté, Catherine Dorion et Sol Zanetti devront régulièrement défendre leurs positions divergentes de celles de la Coalition avenir Québec (CAQ), étant donné la nouvelle présence des deux partis dans la ville de Québec.

«Que ce soit à propos du troisième lien ou d’autres projets d’urbanisme, on veut s’assurer de donner une voix au peuple face à ce genre de projets soutenu par la CAQ», indique Catherine Dorion, candidate élue dans Taschereau.

De son côté, Sol Zanetti voit cette nouvelle dualité régionale comme un moyen de dynamiser davantage les débats sur les enjeux importants pour les gens de Québec.

«Pour se donner un rapport de force, on devra être le bras parlementaire des mouvements citoyens», affirme-t-il [...] «Les débats seront plus intéressants, il y aura des positions plus tranchées», ajoute Sol Zanetti.

Une victoire vertigineuse  

Au lendemain de leur victoire respective, les deux nouveaux députés élus réalisent tranquillement ce qui les attend comme défi pour les quatre prochaines années.

«J’ai dormi 45 minutes cette nuit, ça été une soirée incroyable avec les militants. Ça semblait irréel comme situation», affirme Catherine Dorion [...] «Il va avoir une adaptation pour ma nouvelle vie de parlementaire, mais j’ai l’intention de rester moi-même et d’amener ma touche personnelle à l’Assemblée nationale», ajoute-t-elle. 

«C’est grisant, galvanisant et vertigineux à la fois, car c’est un saut dans l’inconnu. Je vais apprendre beaucoup sur la politique parlementaire. Cette victoire récompense notre persévérance dans les dernières années», explique Sol Zanetti qui a remporté la circonscription de Jean-Lesage par 699 voix d’avance sur la candidate caquiste, Christiane Gamache.  

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