L’ancienne église Saint-Joachim est fermée depuis plusieurs années. Elle est laissée à l’abandon depuis.

Église Saint-Joachim: une enquête en cours

Un incendie s’est déclaré dans l’enceinte de l’ancienne église Saint-Joachim, à Chicoutimi, en milieu d’après-midi, lundi. Le feu pourrait être d’origine criminelle.

Plusieurs camions de pompiers se sont rendus sur la rue des Eudistes, vers 15 h, alors que de la fumée noire s’échappait de l’ancien temple religieux, fermé au culte depuis plusieurs années.

Rencontré sur les lieux, Stéphane Pellerin, sergent au Service de police de Saguenay (SPS), a indiqué que le brasier a été maîtrisé rapidement par les pompiers. Personne ne se trouvait à l’intérieur et l’incendie n’a donc pas fait de blessés. Le policier responsable a toutefois indiqué que des témoins ont vu des jeunes quitter les lieux tout juste avant l’arrivée des services d’urgences. Une enquête a été ouverte.

« On pense que ce serait peut-être des débris qui ont été laissés là par des squatteurs », a indiqué le sergent Pellerin.

Il faut dire que depuis la fermeture de l’église Saint-Joachim, puis sa vente à un promoteur privé, le bâtiment est laissé à l’abandon. L’église n’est pas entretenue et est souvent fréquentée par des jeunes en manque d’émotions fortes ou désireux de se réunir à l’abri des regards.

Cette situation déplaît au voisinage et certains citoyens du secteur aimeraient que la Ville agisse. C’est du moins le cas de Maryann Gauthier, une mère de deux jeunes garçons qui habite au coin des rues Jolliet et des Eudistes. Lors du passage du Quotidien, elle assistait à la scène depuis sa galerie avec un air de découragement.

« La mairesse devrait prendre cette situation au sérieux. Il manque d’endroits pour que les jeunes puissent se réunir dans le secteur. Il y a beaucoup d’élèves de l’école Dominique-Racine qui viennent rôder ici sur l’heure du midi et après l’école. Pour des enfants comme les miens, ça peut devenir attrayant d’aller se promener autour de l’église ou de rentrer dedans. C’est dangereux », a signifié la maman, qui souhaite que les autorités municipales agissent en ce sens.

Vandalisme

Ce n’est pas la première fois que l’église Saint-Joachim fait couler de l’encre. Des actes de vandalisme commis autour et à l’intérieur de l’édifice au cours des dernières années ont été rapportés dans nos pages, au même titre que le mécontentement des citoyens du quartier, qui aimeraient ne plus avoir à contempler cette balafre.

Selon le logiciel de taxation de Saguenay, l’immeuble est la propriété d’une compagnie à numéro détenue par Louis Moisan et Grégory Bonnier. À un certain moment, il a été question d’y faire un studio d’enregistrement, mais force est de constater que le projet n’a jamais vu le jour. Toujours selon cette même fiche d’évaluation, le bâtiment ne vaut pratiquement plus rien, à peine 100 $. Le terrain a pour sa part une valeur foncière de 79 300 $.

En 2016, Louis Moisan a signifié, en entrevue, que l’entreprise Gaz Métro était dorénavant détentrice d’une hypothèque légale sur le bâtiment et qu’il n’en était donc plus responsable. La compagnie ne partageait pas le même point de vue.

Un incendie, possiblement d’origine criminelle, s’est déclaré lundi après-midi dans l’ancienne église Saint-Joachim, à Chicoutimi.

« Nous avons eu un jugement bon pour 10 ans parce qu’il y avait des comptes impayés. C’est notre droit comme créancier, mais ça ne fait pas de nous les propriétaires. On peut juste vendre ou laisser la situation en état. Le gardien de l’immeuble, qui est responsable de sa gestion, reste le même qu’avant », expliquait alors la responsable des affaires publiques de la compagnie, Catherine Houde.