Éduc’alcool craint une augmentation de la consommation à Noël

Guillaume Pétrin
Guillaume Pétrin
Le Quotidien
Le plus récent sondage réalisé par la firme CROP pour Éduc’alcool a démontré que la consommation d’alcool des Québécois n’avait pas beaucoup changé, après huit mois de pandémie. Par contre, les nouvelles contraintes annoncées par le gouvernement provincial interdisant les rassemblements en zone rouge à Noël pourraient faire basculer la tendance .

En entrevue avec Le Quotidien, le directeur général d’Éduc’alcool, Hubert Sacy, s’est dit préoccupé par les répercussions que pourraient avoir de telles mesures chez les gens seuls.

« On nous a annoncé que personne n’allait aller chez personne. Ça veut dire que les gens qui seront seuls se sentiront isolés et subiront une solitude. Il sera extrêmement important pour nous de les conseiller adéquatement pour leur expliquer que s’ils ressentent de la solitude, l’alcool n’est pas un médicament et que les magasins de la SAQ ne sont pas des pharmacies. »

Le directeur général avait un message clair à l’intention des gens seuls: « Si vous vous sentez seuls, si vous vous sentez isolés, appelez votre famille, appelez vos amis, faites des rencontres virtuelles (…) Au lieu de rester tout seul et de noyer votre chagrin dans l’alcool, faites des soupers ou des apéros virtuels. »

De plus, comme on sait que l’abus d’alcool affaiblit les défenses immunitaires face à différents virus, le directeur général d’Éduc’alcool est d’avis qu’il vaut mieux demeurer prudent en situation de pandémie de COVID-19.

« Avec une telle pandémie, la dernière chose que l’on veut, c’est bien d’affaiblir notre système immunitaire, car ce virus-là est vraiment méchant ! »

Campagnes publicitaires

Afin de faire passer son message, Éduc’alcool sera bien visible dans le paysage médiatique pendant la période des Fêtes, et comme la situation évolue et change rapidement, l’organisme avait prévu deux types de campagnes publicitaires.

« On avait prévu une campagne au cas où les visites étaient permises et une au cas où c’est chacun chez soi. La première avait une dimension concernant la conduite avec les facultés affaiblies et avec des conseils pour les invités. Pour la deuxième, on mettra davantage l’accent sur la solitude, l’isolement et sur le fait que ce n‘est pas parce que l’on n’est pas en famille que l’on doit se paqueter la fraise ! »

« On ne veut pas dicter aux gens leur attitude, ce n’est pas notre genre. On veut donner des conseils, des avis et des références vers des sites Web. »

Sondage

Le dernier sondage réalisé par la firme CROP, entre le 19 et le 24 novembre, démontre que les deux tiers des Québécois, qu’ils soient buveurs ou abstinents, n’ont pas changé leur niveau de consommation, même que 13 % ont diminué. Par contre, 20 % ont dit consommer davantage.

Durant la seconde vague de pandémie, l’enquête révèle également une nette diminution du nombre de Québécois buvant pour réduire l’anxiété. Alors qu’en avril et en mai dernier, près de trois Québécois sur dix admettaient avoir augmenté leur consommation afin de réduire l’anxiété et le stress, ils ne sont plus que 17 % dans ce cas maintenant.

Sur une moins bonne note, le sondage fait ressortir que ce sont les Montréalais, les jeunes de 18 à 34 ans, les plus fortunés, ceux qui ont subi un changement de situation d’emploi et ceux qui sont davantage affectés psychologiquement qui sont plus nombreux à avoir augmenté leur consommation d’alcool.