Edith Blais et son compagnon Luca Tacchetto ont échappé à leurs ravisseurs.
Edith Blais et son compagnon Luca Tacchetto ont échappé à leurs ravisseurs.

Edith Blais a échappé à ses ravisseurs

La Presse canadienne
Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Les otages Edith Blais et Luca Tacchetto, enlevés il y a 15 mois au Burkina Faso, ont réussi à fuir leurs ravisseurs et sont maintenant libres.

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Une source sûre a raconté à La Presse canadienne que la Québécoise et son compagnon de voyage italien ont échappé à leurs ravisseurs avant d’intercepter « un véhicule civil » qui les a conduits jusqu’à un point de contrôle de la Force de maintien de la paix de l’Organisation des Nations unies (MINUSMA).

Edith Blais et Luca Tacchetto ont ensuite été escortés par les Casques bleus jusqu’à un camp de la MINUSMA à Kidal, au nord du Mali. La Sherbrookoise âgée de 35 ans et son ami y ont passé la nuit de vendredi à samedi.

Samedi matin, les deux ex-otages ont été transportés par un avion officiel de l’ONU jusqu’à Bamako, la capitale du Mali.

La députée de Compton-Stanstead, Marie-Claude Bibeau, n’a pu confirmer ni infirmer l’information à La Tribune. 

« Ils auraient pris la fuite ou auraient été libérés dans la région de Kidal, explique quant à lui le codirecteur de l’Observatoire sur la radicalisation et l’extrémisme violent, David Morin. » 

« On est dans un contexte où récemment, le gouvernement du Mali a officiellement annoncé qu’il était important d’ouvrir certains canaux de communication avec certains groupes djihadistes, enchaîne-t-il. Ils ont ciblé deux chefs bien connus dans la région, dont un détenait probablement Édith. Est-ce que dans ce contexte, l’espace d’un dialogue semblait ouvert? Oui. Maintenant, il faudra attendre quelques semaines ou quelques mois avant de connaître les circonstances exactes. »

Photos

La MINUSMA a publié samedi des photos sur le web où l’on voit le duo tout sourire, notamment avec le chef de la MINUSMA, Mahamat Saleh Annadif, qui a escorté les deux ex-otages jusqu’aux autorités maliennes. Plusieurs personnes devaient accueillir Edith Blais et Luca Tacchetto au palais présidentiel, dont l’ambassadeur canadien au Mali, Michael Elliott.

Le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a confirmé la nouvelle.

« Le Canada est très soulagé de confirmer qu’Edith Blais et Luca Tacchetto, qui avaient été enlevés au Burkina Faso, ont retrouvé la liberté », a-t-il déclaré par voie de communiqué.

M. Champagne a tenu à remercier les gouvernements du Burkina Faso et du Mali, la MINUSMA, ainsi que d’autres partenaires, pour leur aide et leur coopération dans ce dossier.

Il a ajouté que le Canada continuera de travailler avec ses partenaires internationaux « pour poursuivre les responsables de ce crime et les traduire en justice ».

La famille d’Edith Blais était sans nouvelles de la Sherbrookoise depuis le 15 décembre 2018. Cette dernière avait prévu d’aller travailler avec une organisation qui tentait de reboiser des régions du Togo.

Elle voyageait en voiture avec son ami Luca Tacchetto au Burkina Faso lorsque toutes les communications avec leur famille se sont interrompues brusquement. Auparavant, Mme Blais publiait régulièrement sur les réseaux sociaux des photos de son périple.

Le duo avait été vu pour la dernière fois à Bobo-Dioulasso, la deuxième ville en importance du Burkina Faso, dans le sud-ouest. Ils prévoyaient se rendre dans la capitale, Ouagadougou, avant de traverser la frontière avec le Togo, au sud.

Les détails de leur fuite et l’identité de leurs ravisseurs n’ont pas été dévoilés. Ceux-ci auront certainement l’occasion de raconter leur histoire, de vive voix, lorsqu’ils seront enfin réunis avec leurs proches.

Rencontrée brièvement, la mère d'Édith Blais, Jocelyne Bergeron, a refusé pour le moment la demande d'entrevue de La Tribune