Écrire des deux mains pour passer son année scolaire

Des élèves de l’école primaire La Carrière de Chicoutimi-Nord devront être en mesure d’écrire des deux mains, d’ici lundi, s’ils veulent passer leur année scolaire. Une nouvelle que la plupart d’entre eux ont apprise avec surprise, jeudi, quand ils ont reçu la lettre du ministère. Même chose pour les parents qui se sont questionnés sur cette pratique... jusqu’à ce qu’ils comprennent qu’il s’agissait d’un poisson d’avril avec quelques jours d’avance !

La lettre, adressée aux enseignants de la province de Québec, et remise aux élèves, contient l’entête « Éducation et Enseignement supérieur ». Elle a été signée par le « ministre » S. Turgeon.

« Le ministère vient de prendre une décision très importante concernant vos élèves. Pour être en mesure d’être admis en 4e année, l’an prochain, tous les élèves de niveau 3e année de la province devront être en mesure d’écrire adéquatement des deux mains », est-il écrit dans la lettre.

Dans le paragraphe suivant, les élèves apprennent qu’ils devront réussir un test de compétence le lundi 1er avril. « Ceux-ci devront être en mesure de recopier un court texte de la main gauche et, par la suite, de reproduire ce même texte de la main droite. Ils doivent obligatoirement se pratiquer en fin de semaine à la maison en compagnie de leurs parents afin d’essayer d’écrire le plus lisiblement possible. »

Le Progrès s’est entretenu avec la maman d’une petite fille de troisième année qui est revenue de l’école en larmes.

La lettre a été envoyée aux parents des élèves de l’école La Carrière de Chicoutimi-Nord.

« Je ne l’ai jamais vu pleurer autant ! Je me demandais ce qui se passait. Elle avait peur de ne pas aller en quatrième année. C’est une élève très performante. Elle pense déjà au PEI ! », a-t-elle expliqué.

C’est quand elle a lu le passage suivant qu’elle a compris ce qui se passait. Les élèves avaient accès au court texte qu’ils devaient apprendre.

« Les poissons gigotent. Les poissons barbotent. Les poissons vivent dans l’eau », peut-on lire dans la lettre.

« De mon point de vue, c’est vraiment drôle, mais ma fille ne l’a pas ri sur le coup. C’était trop pour elle. En tout cas, ils l’ont eue ! Elle est bonne », a admis la maman qui a discuté avec des parents qui n’avaient pas compris la blague.

Une première

Questionnée à ce sujet, la conseillère en communication de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, Claudie Fortin, avoue que cette pratique n’est pas chose courante. Habituellement, les jeunes utilisent les traditionnels poissons collés dans le dos de leurs collègues de classe ou de leurs enseignants, mais pour un canular de cette ampleur, c’est une première. « C’est une initiative d’une enseignante de quatrième année qui est nouvelle dans l’école. Elle a suggéré cette idée et une autre enseignante a accepté d’embarquer avec elle », a expliqué Mme Fortin.

Pour le directeur de l’école, qui a accepté d’embarquer dans le poisson d’avril, c’était aussi une première.

Parions que les jeunes et les parents s’en souviendront longtemps... surtout s’ils ont pris le temps de pratiquer !