Bassirou Yameogo a publié le livre Du rêve au cauchemar, cet automne, dans lequel il raconte l’épreuve qu’il a traversée. Une partie des profits de l’ouvrage, publié chez Publications Saguenay, sont versés à la Fondation Bouba et Kadi, qu’il a fondée pour venir en aide aux orphelins et aux veuves du Burkina Faso.

Écrasement d'un vol d'Air Algérie: une pétition pour être dédommagé

Bassirou Yameogo, qui a perdu sa femme et son fils lors de l’écrasement du vol AH5017 d’Air Algérie, le 24 juillet 2014, lance une pétition afin de réclamer au transporteur aérien un dédommagement financier qui lui permettra d’assurer sa subsistance à long terme.

La pétition, lancée le 27 décembre, comptait quelque 370 signatures, mercredi en après-midi. Celui qui a quitté le Burkina Faso en 2012 pour ensuite s’établir à Jonquière, en 2013, afin de préparer la venue au Canada de sa femme, Kadidia Kaounda, et de leur fils, Aboubacar, 13 ans, demande à tous ceux qui lui ont exprimé leur soutien depuis la tragédie de signer la pétition mise en ligne (https://bit.ly/2EZ4hk3).

Bassirou Yameogo, qui a perdu sa femme et son fils dans l’écrasement du vol AH5017 d’Air Algérie, le 24 juillet 2014, a lancé une pétition afin d’obtenir un dédommagement financier qui lui permettrait d’assurer sa subsistance à long terme.

« Ce que je poursuis, c’est mon honneur. La compagnie doit faire preuve de compassion pour ce que nous vivons », a-t-il exprimé, en entrevue téléphonique. Il présente son action comme un geste de dernier recours contre le transporteur aérien qui, dénonce-t-il, tente d’acheter son silence.

Depuis l’écrasement, il y a plus de quatre ans, Bassirou Yameogo a reçu 175 000 $ d’Air Algérie, dont 30 000 $ ont été versés à son avocat. L’homme, qui se trouve sans revenu, cumule aujourd’hui des dettes de plus de 40 000 $ et se dit acculé à la faillite, s’il ne reçoit pas une aide financière supplémentaire.

M. Yameogo est incapable de travailler depuis la tragédie. Malgré ses tentatives de reprendre une vie normale, il souffre de plusieurs problèmes de santé, notamment de douleurs chroniques importantes.

Déposer une demande au Programme d’aide sociale, auquel il aurait accès, n’est pas une option pour lui. « Ce n’est pas le contribuable qui va payer pour moi. Le contribuable ne m’a pas mis dans cette situation », a-t-il insisté.

Dernière avance

En décembre, Air Algérie lui a proposé de lui fournir une dernière avance provisionnelle de 100 000 $, sous condition qu’il « s’engage à ne plus tenir de manifestation ni autre genre de démonstration d’insatisfaction envers Air Algérie », peut-on lire dans une copie d’un courriel transmis par M. Yameogo au Quotidien.

« J’ai dit : “Si c’est ainsi, je ne veux pas”. Je leur ai dit que je ne veux pas d’une provision contre ma liberté d’expression. Vous ne pouvez pas me museler », a-t-il plaidé.

Cette aide est insuffisante, déplore-t-il, pour assurer à long terme sa subsistance, couvrir ses nombreux frais médicaux, et compenser la perte de revenus liée à son invalidité, qui l’empêche de retourner sur le marché du travail et de soutenir financièrement les membres de sa famille qui demeurent toujours en Afrique.

En raison du préjudice économique subi, il réclame la tenue d’un procès, plutôt que des séances de médiation individuelles entre le transporteur aérien et chacune des familles touchées par le drame.

« Cercueils volants »

La pétition lancée la semaine dernière est également pour lui un moyen de sensibiliser la population à certains transporteurs aériens, qu’il compare à des « cercueils volants ». « Il ne faut pas que ça continue, il faut qu’on respecte la vie humaine », a-t-il conclu.

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116 MORTS

Au total, 116 personnes, dont 12 Canadiens, des citoyens et des résidants permanents qui habitaient au Québec ou qui s’apprêtaient à y vivre, ont perdu la vie dans l’écrasement, au Mali, du vol AH5017 d’Air Algérie, le 24 juillet 2014.

Le vol effectuait la liaison d’Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, à la capitale algérienne Alger. 

L’écrasement est survenu après que l’appareil ait traversé une cellule orageuse.

Le Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile de la France a établi, dans son rapport final, dévoilé en avril 2016, que des erreurs de pilotage et le manque de formation de l’équipage ont causé l’écrasement. Le système antigivre des moteurs, qui n’avait pas été activé, a provoqué le décrochage de l’avion.