C'est dans cet avion Piper Cub J3 que  les frères Frédéric et Jeannot Bouchard, de Jonquière, ont péri.

Écrasement d'un hydravion: un lac difficile

La Sûreté du Québec ne peut confirmer officiellement la mort des frères Frédéric et Jeannot Bouchard, lors de l'écrasement de leur Piper J3 en revenant d'une excursion de pêche, puisque les corps doivent être formellement identifiés à l'Institut médico-légal de Montréal.
En effet, le monomoteur biplace a été complètement calciné après l'écrasement survenu à proximité du lac d'où l'on croit qu'il venait de décoller.
Le petit appareil basé à la marina de Shipshaw avait été modifié, selon la photo de la page Facebook de Jeannot Bouchard, l'une des deux victimes. En plus d'être repeint, pour enlever la couleur jaune caractéristique des J3 Cub fabriqués au milieu des années 40 par Piper, on y avait modifié le bout des ailes pour assurer une meilleure portance et réduire la traînée.
Lac difficile
Le président de l'Association des pilotes du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Jacques Laberge, connaissait peu les victimes, puisque les deux frères n'étaient pas membres, mais en revanche, il est très familier avec le secteur de la tragédie puisqu'il possède un camp sur le réservoir Pipmuacan.
« Je suis installé à environ huit milles à l'ouest et eux étaient à l'est. » D'ailleurs, la SQ avait communiqué avec lui le jour de la disparition, afin de savoir s'il avait eu des nouvelles. Selon M. Laberge, le campement des frères ne se trouvait pas directement sur l'immense réservoir, mais plutôt sur un petit lac plus en hauteur.
« C'est un lac très difficile, car il est étroit et orienté nord-sud, donc de travers avec les vents dominants (ouest-est), dit-il. C'est pour ça qu'ils ne décollaient jamais deux à bord. Pour amerrir, ça ne posait pas de problème, mais au décollage, Frédéric envoyait son passager à pied par un petit sentier pour aller le chercher sur le Pipmuacan afin d'avoir plus d'espace. »
Pour l'instant, on ne sait pas exactement dans quel secteur l'avion a été retrouvé, mais puisque les deux frères étaient à bord, on peut présumer qu'il décollait du « Pip » et non du lac où se trouvait leur campement.
Selon Jacques Laberge, les conditions étaient quand même très difficiles sur le Pipmuacan, car les vents soufflaient de travers en fin de semaine et l'endroit d'où il devait décoller était lui aussi étroit.
Le J3 Cub est un avion très performant, mais aussi très léger (son poids maximum au décollage est de 553 kilos), sensible aux vents et aux grosses vagues. Ça peut avoir joué dans la tragédie. Jacques Laberge estime que les vents devaient souffler à 20 noeuds durant le week-end, ce qui excède les limites de vents de travers (à 90 degrés) du J3.
Pas d'enquêteur
Au Bureau de la sécurité des transports, Chris Krepski indique que l'organisme ne déléguera pas d'enquêteurs sur place. 
« Nous allons nous fier aux données recueillies par les enquêteurs de la Sûreté du Québec et par les techniciens en recherches et sauvetage de l'Escadron 439 de Bagotville qui a découvert le lieu du crash. Lorsque la carcasse de l'avion sera récupérée, nous allons l'inspecter », a expliqué le porte-parole.
« C'est une véritable tragédie et ça nous touche beaucoup chaque fois, a conclu le président de l'association des pilotes, Jacques Laberge. Je ne peux que présenter mes sympathies à la famille au nom de tous les pilotes de la région. »