Écoute électronique : le Syndicat des travailleurs de l’Aluminium d’Alma essuie deux refus

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
Le Syndicat des travailleurs de l’Aluminium d’Alma vient d’essuyer un deuxième refus dans le dossier de l’écoute électronique, mais promet de ne pas lâcher le morceau.

Le procureur en chef du district de Québec a refusé de porter des accusations contre le présumé propriétaire ou installateur du micro, découvert dans une salle louée pour une assemblée syndicale.

L’affaire, rappelons-le, remonte à 2015, en pleines négociations entre la direction et le syndicat. L’enquête pour trouver l’installateur et/ou le donneur d’ordre aura duré près de quatre ans. Mais même si l’enquête a permis de pointer du doigt au moins une personne, le dossier ne s’est jamais transformé en accusations. Un premier procureur dans la région, Me Michael Bourget, n’a pas donné suite au dossier, irritant le syndicat, qui a alors porté la décision en appel en s’adressant au procureur en chef du district de Québec, lequel vient d’annoncer son intention de ne pas porter des accusations également.

« Malgré sa décision, on a eu une très bonne rencontre. Ils nous ont expliqué les raisons et on comprend, dans une certaine mesure. Ils doivent être 100 % hors de tout doute raisonnable», précise Sylvain Maltais, président du syndicat.

Ce dernier ne veut pas entrer dans les détails sur les motifs précis des procureurs. Mais il semblerait que la preuve repose essentiellement sur un témoin visuel. Même si le micro possède un numéro de série, l’enquête n’aurait pas permis de prouver « hors de tout doute » qui l’a installé.

Malgré ce deuxième refus, le Syndicat poursuit ses démarches en déposant le dossier au Secrétariat général, qui révisera les décisions des deux procureurs.

« On va épuiser tous nos recours, c’est sûr. Ce n’est pas un dossier important en termes de coût pour nous et, de toute façon, ça ne serait pas quelque chose qui nous arrêterait », insiste M. Maltais.

L’enquête qui a suivi la découverte du micro a duré plusieurs années, et ce, pour différentes raisons. Au départ, les policiers de la Sûreté du Québec n’étaient pas enclins à ouvrir une enquête à ce sujet. Ensuite, l’enquêteur responsable du dossier, un policier de l’extérieur de la région, a été en congé de travail pendant une longue période.