Éric Dubois (Nouveau Parti démocratique), Lynda Youde (Parti vert), Richard Martel (Parti conservateur), Catherine Bouchard-Tremblay (Bloc québécois) et Lina Boivin (Parti libéral) étaient les invités du Cercle de presse du Saguenay, mercredi matin.

Échanges polis des candidats mais sans débat

Les candidats à l’élection partielle dans Chicoutimi-Le Fjord n’ont pas dérogé de la ligne de leur parti respectif, mercredi matin, alors qu’ils étaient les invités du Cercle de presse du Saguenay. Des échanges polis, qui n’auront pas vraiment permis d’en apprendre davantage sur les propositions et les enjeux régionaux de cette élection, dont le scrutin est prévu dans moins de deux semaines.

Lina Boivin, du Parti libéral, Richard Martel, du Parti conservateur, Lynda Youde, du Parti vert, Éric Dubois, du Nouveau Parti démocratique, et Catherine Bouchard-Tremblay, du Bloc québécois, avaient répondu présents à l’invitation du Cercle de presse. Bien que la formule avait été présentée sous forme de débat, les échanges sont restés sans grande profondeur et chacun des candidats a tenté de défendre les idées de son parti, tout en soulevant quelques priorités pour la circonscription.

Les candidats étaient appelés à répondre aux questions des journalistes, puis avaient la possibilité de débattre par la suite. À la première question, la journaliste du Quotidien a invité les candidats à détailler leur priorité et l’enjeu qui les préoccupait. Le candidat Richard Martel a immédiatement expliqué que la courbe démographique descendante de la circonscription l’inquiétait énormément. Il a donc promis de travailler activement à la réalisation de trois projets créateurs d’emplois, soit BlackRock, Arianne Phosphate et GNL. Comment s’y prendra-t-il ? « Il faut être très près des discussions pour que ce genre de dossier se réalise et s’assurer que la voie maritime soit viable », a répondu M. Martel.

Travailler pour les jeunes familles en baissant les impôts et défendre les intérêts des retraités figurent parmi les priorités du candidat néo-démocrate Éric Dubois, qui a sans doute été le candidat ayant le mieux tiré son épingle du jeu au cours des échanges. Au parfum de l’actualité et en maîtrise de ses dossiers, il a été le plus vigoureux dans ses interventions, attaquant au passage les conservateurs et les libéraux, notamment au sujet de l’arrêt de la livraison du courrier à domicile.

Ses attaques n’ont toutefois pas trouvé écho, puisque Richard Martel et Lina Boivin ont affirmé ne pas entendre parler du sujet durant leurs activités de porte-à-porte. « Je ne parlerai pas d’un sujet que je ne connais pas », s’est contenté de dire Lina Boivin.

La candidate bloquiste Catherine Bouchard-Tremblay a fait de l’agriculture et de la gestion de l’offre ses chevaux de bataille. Visiblement passionnée par son rôle de candidate, la jeune femme a su partager son amour de la politique et son désir de travailler pour les électeurs.

« On m’a dit, lorsque j’étais petite, que si je ne m’occupais pas de la politique, c’est la politique qui s’occuperait de moi. Je me suis rendu compte que tous nos gestes sont de nature politique et je suis convaincue que je peux défendre les intérêts des gens du Saguenay », a souligné l’indépendantiste Catherine Bouchard-Tremblay, qui ne semble pas ébranlée par la crise que traverse son parti.

L’environnement et les changements climatiques sont évidemment les enjeux principaux de la candidate verte Lynda Youde. Elle a aussi discuté du désir de son parti de créer un conseil gouvernemental, qui réunirait des élus des trois paliers de gouvernement, soit fédéral, provincial et municipal, et qui permettrait de partager une vision commune de l’avenir du Canada.

À plusieurs questions, la candidate libérale Lina Boivin a répété les réponses de son chef, Justin Trudeau. Notamment en ce qui concerne les dossiers de BlackRock, de la gestion de l’offre et de la taxe sur l’aluminium imposée par les Américains, sans donner davantage de détails. Si tous les candidats s’entendaient pour dire que les électeurs de la circonscription avaient été laissés seuls durant les derniers mois en raison de la démission du député Denis Lemieux, Lina Boivin a assuré que les dossiers avaient tout de même cheminé. Quelques candidats ont rouspété, mais ils ont vite passé à la question suivante.

La candidate libérale s’est aventurée plus sérieusement dans le dossier du cannabis, affirmant qu’elle était absolument pour sa légalisation. « Mon coeur de mère est pour la légalisation. Présentement, nos jeunes peuvent se procurer n’importe quoi, à n’importe quelle heure. Il faut mettre des règles. Il faut arrêter de se boucher les yeux, car il y a un marché noir, il y a des gens qui font de l’argent avec ça et c’est le temps qu’il y ait de réelles retombées économiques », a affirmé Mme Boivin.

« Pas virer le gouvernement à l’envers »
À plus d’une reprise, le candidat conservateur a expliqué que le rôle d’un député « n’était pas de virer le gouvernement à l’envers, mais d’être le représentant de la circonscription et d’être à l’écoute des gens ».

« On ne se le cachera pas, les dossiers ne se concrétisent pas facilement. Il faut être patient et y aller une étape à la fois », a répété Richard Martel.

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CE QU'ILS ONT DIT

« C’était possible de parler à quelqu’un. Aucun dossier n’a été échappé. »

- Lina Boivin, au sujet de l’absence de député depuis décembre dernier dans Chicoutimi-Le Fjord.


«  Les valeurs du Bloc sont en ligne directe avec celles de Chicoutimi-Le Fjord, qu’on parle notamment de l’ALÉNA et de l’aluminium. »

- Catherine Bouchard-Tremblay


« Les gens sont en colère, arrêtez de leur mentir. Ni les libéraux ni les conservateurs ne sont fiables. »

- Éric Dubois, à propos de l’arrêt de la livraison du courrier à domicile.


«  Il y a beaucoup de choses à faire pour le dossier des douanes à Bagotville, comme refaire le tarmac. Je vais travailler là-dessus. »

- Richard Martel


« On parle beaucoup plus des enjeux économiques que de la santé des jeunes. »

- Lynda Youde, concernant la légalisation de la marijuana. Elle est plutôt en faveur de la décriminalisation.