Le problème des eaux usées à Saguenay ne retardera plus de projets domiciliaires.

Eaux usées à Saguenay: une entente avec Québec

Saguenay et le ministère de l’Environnement du Québec ont convenu d’une démarche qui permettra la poursuite des projets de développement résidentiel et commercial tout en apportant les correctifs nécessaires au système de traitement des eaux usées qui est à l’origine de milliers de déversements d’égout en raison de son manque de capacité.

Le conseiller municipal Michel Potvin, qui a eu à traiter ce problème majeur alors qu’il remplaçait la mairesse Josée Néron, s’est dit satisfait de la conclusion de cette entente. « Pour nous, l’important était de permettre la poursuite des différents développements. Il n’y aura pas de refus de certificat d’autorisation », insiste le président du comité des finances.

Si l’épée de Damoclès qui était suspendue au-dessus des projets de développement n’est plus présente, la facture que les contribuables devront payer pour mettre en place des solutions permanentes demeurera importante. Michel Potvin maintient les prévisions à l’effet que le plan global pour corriger la situation nécessitera des investissements situées dans la fourchette de 15 à 40 M$. Tout dépendra de la façon dont le ministère et la Ville évalueront la meilleure façon d’en arriver à un système qui respecte les normes pour la capacité d’évacuation des eaux usées.

Le problème a été identifié dès 2014 alors que les gouvernements provinciaux et fédéral ont convenu de nouvelles normes pour le rejet des eaux usées. Au fil du temps, le problème s’est aggravé et le système de traitement des eaux usées est devenu insuffisant dans les arrondissements de Jonquière et Chicoutimi. La canalisation est suffisante et le problème se situe au niveau de la puissance des pompes qui doivent acheminer les eaux usées vers les usines d’assainissement.

Michel Potvin

« Notre intention est de prendre les moyens pour régler le problème à long terme. Notre intention est ferme et il y aura un coût important pour faire les correctifs, mais nous n’avons pas le choix puisqu’il s’agit du développement de la ville et d’une infrastructure de base », ajoute le conseiller.

Le conseiller municipal a fait l’historique de ce problème tout en précisant que des actions ont été prises. Le prochain rendez-vous avec le ministère aura lieu en août 2020 alors que la Ville devra déposer un rapport complété, comprenant une modélisation des réseaux d’égout. Ce rapport mettra la table pour la préparation des travaux de correction du système qui devraient durer cinq ans et permettre de rencontrer les normes gouvernementales.

Saguenay a déjà autorisé une dépense de 600 000 $ pour un mandat de modélisation du réseau d’égout. En plus, elle devra démontrer que les mesures déjà mises en place ont un effet positif pour la période de référence 2015-2017. La modélisation permet d’illustrer le comportement du réseau lors de la fonte des neiges ou pendant les pluies importantes.

La municipalité de Saguenay a autorisé, depuis 2014, 62 projets d’expansion de son réseau d’aqueduc. Il s’agit d’une charge additionnelle de 1352 mètres cubes par jour du volume d’eau usée à acheminer vers les usines, sans tenir compte de la fonte des neiges et des pluies.

Le conseiller Michel Potvin a indiqué que Saguenay allait puiser dans le retour de la taxe sur l’essence (52 M$ sur 5 ans), pour financer les travaux nécessaires à la mise aux normes du réseau. Une tranche de 4 M$ de l’enveloppe sera utilisée pour résoudre un problème d’eau potable à Shipshaw et la Ville réserve un peu plus de 20 M$ pour le traitement de l’eau potable à La Baie advenant qu’il soit nécessaire de construire une usine.