Eaux de procédé dans l’Ashuapmushuan: des réponses du MELCC

Guillaume Pétrin
Guillaume Pétrin
Le Quotidien
Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) a donné quelques réponses des avancées relatives au dossier du rejet des eaux de procédé dans l’Ashuapmushuan par l’usine de pâtes et papiers de Produits forestiers Résolu (PFR).

Dans un échange de courriels avec Le Quotidien, la Direction générale des barrages du MELCC explique poursuivre « l’élaboration d’appels d’offres pour deux mandats ; l’un concernant l’évaluation de l’impact des rejets de PFR dans la rivière Ashuapmushuan et l’autre pour évaluer les exigences concernant la remise en état ou la reconstruction de la conduite gouvernementale vers la rivière Mistassini. »

Rappelons que la conduite en question date de 1977 et fait près de 15 kilomètres de longueur.

Le MELCC a confirmé que ces appels d’offres devraient être lancés en juin. Pour le ministère, les deux scénarios demeurent encore envisageables.

« Deux scénarios sont possibles et seront étudiés en parallèle, soit la réalisation de travaux qui permettront à PFR de poursuivre le rejet de ses effluents dans la rivière Mistassini ou l’abandon de la conduite de 14,3 km pour permettre à PFR de rejeter ses effluents dans la rivière Ashuapmushuan. »

Peu importe la décision finale, les coûts sont importants. « Les coûts annuels de l’entretien de la conduite varient passablement d’une année à l’autre, mais sont estimés à environ 250 000 $ par année. (...) La reconstruction complète de la conduite pourrait atteindre quelques dizaines de millions de dollars. »

PFR

Du côté de la papetière canadienne, son porte-parole Karl Blackburn a réitéré la position initiale de l’entreprise : elle refuse l’idée de déverser de façon permanente dans la rivière Ashuapmushuan les eaux de procédé de son usine de pâte kraft de Saint-Félicien.

« Notre position est très claire depuis le début. Si, en 1977, il n’y avait pas d’acceptabilité sociale pour utiliser la rivière Ashuapmushuan, il n’y en a pas plus en 2020. Par contre, on collabore avec le Centre d’expertise hydrique du Québec dans leurs démarches et leurs recherches pour voir de quelle façon ça peut se conclure. »

Saint-Félicien

Le maire de Saint-Félicien a lui aussi fait part au Quotidien de son refus catégorique concernant le rejet dans la rivière Ashuapmushuan.

« Le conseil est contre. On pense comme PFR et comme la plupart des citoyens. On est contre le déversement des rejets de l’usine de Résolu dans la rivière Ashuapmushuan. En fait, on demande au gouvernement de réparer la conduite tout simplement. Le débat a déjà été fait et je ne pense pas qu’il faut revenir sur ça. »