Du soutien pour les mamans

La Semaine mondiale de l’allaitement a pris tout son sens, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, avec sa célébration par TrioLait, un organisme communautaire. Une occasion de rappeler les outils disponibles pour toutes les personnes impliquées dans ce processus.

TrioLait a organisé trois déjeuners dans les derniers jours, à La Baie, Chicoutimi et Jonquière, pour remercier le travail des mamans et des marraines d’allaitement. Mine de rien, l’organisme existe depuis 10 ans, mais il est parfois méconnu auprès de la population.

« La plus grosse difficulté en allaitement, c’est que les gens ne savent pas vers qui se tourner, a fait valoir la directrice générale de TrioLait, Amélie Ferrant. La maman est à la maison, elle vit une seule une difficulté, elle culpabilise parce qu’elle pense que ça vient d’elle et elle arrête d’allaiter. »

Des mamans qui allaitaient, qui allaitent, qui allaiteront, qui voudraient peut-être allaiter ou qui veulent simplement en apprendre plus sur le sujet étaient présentes au déjeuner de Chicoutimi, jeudi, à l’hôtel Le Montagnais.

« Une femme choisit d’allaiter, elle ne le fait pas par dépit », a ajouté Mme Ferrant, soulignant du même souffle que la prise d’information était primordiale pour toutes les candidates.

TrioLait est un service gratuit offert à toutes les municipalités du Saguenay. Une mère qui souhaite bénéficier d’un encadrement est jumelée avec une marraine d’allaitement, formée et diplômée par l’IBCLC, une certification internationale de consultantes en lactation. Une marraine doit notamment avoir allaité pendant six mois consécutifs.

« La marraine va entrer en communication avec la mère seulement si cette dernière le demande, a précisé Amélie Ferrant. En tant que parent, on a des hauts et des bas, et ce n’est pas toujours évident de se laisser aller. Une marraine offre un soutien physique et émotif. »

Valérie Chayer, maman du petit Lionel, est marraine d’allaitement chez TrioLait depuis deux ans. Elle était présente au déjeuner organisé par TrioLait dans le cadre de la Semaine mondiale de l’allaitement. Sur la photo, elle discute avec la directrice générale de TrioLait, Amélie Ferrant.

La méconnaissance provoque parfois des situations malheureuses chez un couple qui a décidé d’opter pour l’allaitement. « Après tout, c’est une décision de couple », a exprimé Mme Ferrant. La prise du sein peut être déficiente, ce qui va forcer la mère à délaisser ce type d’alimentation. TrioLait est donc là pour offrir des conseils techniques, en plus de tout le soutien moral.

La Semaine mondiale de l’allaitement survient, en Amérique du Nord, lors de la 41e semaine de l’année, du 1er au 7 octobre. C’est une manière symbolique de souligner la fin de la grossesse.

Dons de lait: encore du travail à faire

Héma-Québec était présent aux déjeuners organisés par TrioLait, dans le but de poursuivre son travail d’éducation auprès des jeunes mamans. Le service de dons de lait est offert à Chicoutimi depuis le mois de mai, dans les bureaux de Plasmavie sur le boulevard Talbot.

C’est Héma-Québec qui pilote le projet. Six mères se sont inscrites au cours du mois de septembre, et au total, 20 personnes offrent des dons de manière active. L’objectif est d’en compter 80 pendant une année.

La banque de lait est la seule au Québec et l’une des quatre au Canada.

« On aimerait avoir plus de dons, mais il y a un gros travail de sensibilisation, parce que beaucoup de mamans ne connaissent pas le service, a mentionné Sylvie Trudel, conseillère à la banque de lait. Il n’y a aucune quantité déterminée de lait à fournir, une mère peut s’enlever de la liste à tout moment et il n’y a pas d’obligation. »

Pour pouvoir donner son lait maternel, une mère doit allaiter et avoir un surplus de lait, être en bonne santé, être non-fumeuse et se soumettre à un prélèvement sanguin.

Le lait récolté est congelé, analysé, pasteurisé, traité et entreposé par Héma-Québec. Il est ensuite distribué aux hôpitaux pour traiter les grands prématurés.

La directrice générale de TrioLait, Amélie Ferrant, convient qu’un travail de sensibilisation est à faire sur la question de l’allaitement.

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LA ROUTE DU LAIT OFFICIELLEMENT LANCÉE

En lien avec la Semaine nationale de l’allaitement, le CIUSSS lance officiellement la Route du lait du Saguenay–Lac-Saint-Jean, dans le but de fournir des environnements favorables pour les mères qui veulent allaiter.

Le CIUSSS encourage les commerces, établissements et organisations à apposer l’affiche «ICI, on soutient l’allaitement maternel» dans les lieux publics. Pas moins de 90 commerçants ont répondu positivement à la demande.

«La présence d’environnements favorables à l’allaitement exerce une influence positive sur la décision d’allaiter et en facilite la poursuite, a décrit le CIUSSS par voie de communiqué. Encore de nos jours, trop de femmes se font expulser de lieux publics parce qu’elles mettent leur enfant au sein. Pourtant, allaiter partout et en tout temps est un droit inaliénable protégé par la Charte des droits et libertés de la personne du Québec, ce que la Cour suprême du Canada a confirmé.»

Un environnement favorable à l’allaitement est un endroit calme, idéalement loin des toilettes et à l’abri des regards. Outre la quiétude, les mères et leur bébé ont seulement besoin d’une chaise confortable.

«On ne demande pas une salle avec un fauteuil berçant, mais on veut que le personnel salarié soit au courant et accepte la présence d’une maman, sans une obligation d’achat à l’endroit précis», a réagi Amélie Ferrant, de TrioLait.