Dans la journée de vendredi, les nouveaux canons à neige étaient à l’oeuvre au Mont-Édouard.

Du ski dès novembre au Mont-Édouard

Avec un investissement d’environ 1,7 M$ pour de nouveaux canons à neige, le Mont-Édouard, à L’Anse-Saint-Jean, compte ouvrir une piste dès la semaine du 5 novembre, pour ainsi devenir la première station au Québec à offrir du ski d’automne.

«Si on avait pu finaliser l’installation il y a deux semaines comme prévu, on pourrait déjà skier aujourd’hui!», s’exclame au téléphone le directeur général Claude Boudreault, enthousiasmé par le créneau «avant-gardiste» visé par la station municipale.

Cette saison, 40 canons à la fine pointe de la technologie ont été achetés et une vingtaine d’autres seront reçus l’an prochain, pour compléter la première phase. D’ici cinq à huit ans, la station devrait être équipée ainsi à 100 %, selon son plan stratégique. Les premières pistes enneigées avec les nouveaux canons sont les pistes homologuées internationales, puis de plus en plus de pentes pourront en profiter, jusqu’au total de 32.

«Il y a deux ans, la technologie ne se prêtait pas à ça, elle n’était pas assez performante. Si on m’avait dit que ça se pouvait, j’aurais dit que c’était rêver en couleur. Là, avec des températures de moins un, moins deux degrés, on peut faire de la neige de qualité. Nous sommes avantagés ici, car nous sommes la station majeure la plus au nord dans la province. Ailleurs, il fait encore cinq ou six degrés», explique M. Boudreault.

Les canons ont été commandés à la compagnie HKD Snowmakers, dont le siège social canadien est situé dans la région de Québec. Leur gestion est complètement automatisée. «Je suis étonné par l’efficacité du produit. Mes employés surveillent la production sur leur iPhone, au chaud, à distance. Les informations sur le débit, la météo, les compresseurs, tout est interrelié et visible en temps réel», indique le directeur général. Les effectifs sont donc réduits, mais le gestionnaire refuse d’y voir une perte d’emplois. «Les emplois se déplacent ailleurs.»

En ouvrant les pentes dès le mois de novembre et en pouvant attirer des amateurs de partout au Québec, le Mont-Édouard crée des retombées économiques positives pour toute la région, croit Claude Boudreault. Surtout, des athlètes canadiens de haut niveau ont déjà réservé des plateaux d’entraînement.

«C’est plein! L’élite alpine vient ici, souligne le directeur général. Les équipes nationales de l’Ontario ou du Québec, par exemple, au lieu d’acheter des billets d’avion pour aller skier sur des glaciers, sauvent des coûts énormes. Pour nous, c’est un nouveau marché et de nouveaux revenus.»

C’est donc tout le secteur de l’hébergement et du tourisme au Bas-Saguenay qui devrait en profiter, souhaite Claude Boudreault, qui reçoit déjà plusieurs appels de clients empressés de pratiquer leur sport.

En plus de devancer la saison de près d’un mois à l’automne, le ski de printemps pourrait même se prolonger jusqu’en mai. «Si dans la journée ça fond, mais que la nuit ça gèle, ça prend 15 minutes pour décoller le système et je peux refaire la surface des pistes», assure le directeur général.

Le Mont-Édouard a notamment profité de l’aide financière du gouvernement, de Tourisme Québec et de la MRC du Fjord-du-Saguenay pour ce projet.

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MOINS VULNÉRABLE AUX CAPRICES DE LA MÉTÉO

Les nouveaux canons à neige seront d’une grande aide pour la tenue du Championnat canadien de ski alpin senior en mars 2019 au Mont-Édouard, où seront attendus plus de 160 athlètes canadiens et même une vingtaine de skieurs internationaux.

«C’est un gros évènement, qui demande 130 bénévoles par jour. Il y a des athlètes qu’on voit en Coupe du monde. Il y a deux ou trois ans, on n’aurait pas pu penser l’accueillir. Ça fait six ans que le championnat ne s’est pas donné dans l’est du Canada», informe le directeur général Claude Boudreault. Ce dernier se réjouit de la «notoriété extraordinaire» dont la station profite de plus en plus.

Les canons à neige permettront à la station d’être moins vulnérable aux caprices de dame Nature, ce contre quoi l’organisation ne pourrait pas faire grand-chose normalement.

«Les changements climatiques, les spécialistes nous en parlent depuis au moins dix ans. Là, c’est une réalité», remarque M. Boudreault.