Mike Pilote a profité du lundi de Pâques pour se sucrer le bec avec sa famille.

Du sirop de 2017... en attendant le 2018

Sylvain Néron, copropriétaire de l’érablière Au sucre d’or de Laterrière, attend avec impatience le début de la saison des sucres.

« Je suis rendu au stade où j’implore le ciel pour que ça commence ! », a-t-il lancé en riant, lorsque rencontré en après-midi, lundi, alors que plusieurs personnes profitaient du long congé de Pâques pour se sucrer le bec et prendre un repas à la cabane.

L’érablière de 6000 arbres, la plus nordique de cette ampleur au Québec, roule sur ses dernières réserves de sirop de la saison 2017 pour opérer la cabane à sucre familiale, qu’il possède avec son frère André. « Ça va commencer bientôt, mais il fait trop froid encore. On n’a pas de coulage. Quand on va avoir une première belle journée à 8 ou 9 degrés Celsius, ça va partir. » L’an dernier, l’érablière, qui avait connu une saison exceptionnelle, avait débuté la production le 1er avril. 

Si l’achalandage de Pâques est toujours au rendez-vous, le producteur de sirop d’érable avoue qu’il préfère lorsque la fin de semaine pascale tombe vers la fin du mois d’avril, question d’être certain que la saison des sucres soit bien démarrée au Saguenay.

D’ici le début imminent de la saison, l’équipe s’affaire à préparer le terrain. L’érablière est constamment surveillée afin de s’assurer que le système de tubulure permettant la récolte demeure bien en place. L’érablière bordant les limites de la Réserve faunique des Laurentides, chevreuils et orignaux s’empêtrent parfois dans le système de tubulure, tout comme les ours noirs, qui doivent bientôt sortir de leur hibernation.

Sylvain Néron, copropriétaire de l’érablière Au sucre d’or, située à Laterrière, a fait visiter ses installations à trois étudiants français qui passent l’année à l’Université du Québec à Chicoutimi. On voit ici, à droite, l’évaporateur de l’érablière.
Sylvain Néron, copropriétaire de l’érablière Au sucre d’or de Laterrière

Écureuils voraces

Cette année, toutefois, ce sont de plus petits animaux qui donnent du fil à retordre aux propriétaires. Les écureuils, particulièrement nombreux en ce printemps, aiment bien se faire les dents sur les tubes qui se trouvent à la base des entailles. « Ce sont des “grugeurs” naturels, et une eau sucrée comme cela, ça les excite au maximum », explique M. Néron. 

L’évaporateur de l’entreprise donnait également des maux de tête aux propriétaires au moment de notre passage. Tout était mis en œuvre afin de réparer dans les prochaines heures le bris mécanique ou électronique qui empêchait son fonctionnement.

Malgré tout, Sylvain Néron gardait le sourire et prenait plaisir, comme à son habitude, à faire visiter ses installations et à partager sa passion. En après-midi, lors de notre passage, il répondait aux questions de trois étudiants français de l’Université du Québec à Chicoutimi.

Cet été encore, il a fait visiter l’érablière à de nombreux touristes européens. Été comme hiver, leur intérêt ne diminue pas envers ces installations typiquement québécoises.

Premiers plans

Le projet d’hébergement touristique que caresse l’érablière Au sucre d’or depuis quelques années progresse d’ailleurs lentement, mais sûrement. « Ça avance bien, on vient de recevoir les premiers plans, a souligné M. Néron. Maintenant, il faut voir les endroits potentiels, le côté technique, l’électricité, les égouts et ce genre de choses. » Le projet pourrait prendre la forme de petits chalets en forêt.

« On ne sait pas encore exactement combien ça va coûter, mais si on se fie aux plans qu’on vient d’avoir, ça va être beau, et ça va aussi être cher ! », a-t-il lancé en assurant que le projet d’hébergement touristique est le principal projet qui figure dans les cartons de l’entreprise.

Les visiteurs ont été nombreux pendant le congé pascal à honorer la traditionnelle visite à la cabane à sucre.