La travailleuse sociale Amélie Potvin a agi comme intervenante au programme de référence policière du CAVAC, au quartier général du Service de police de Saguenay, pendant trois ans, avant d’être nommée agente de liaison en violences sexuelles le 3 décembre dernier.

Du renfort pour le CAVAC

À l’ère du mouvement #moiaussi (#metoo), le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) du Saguenay-Lac-Saint-Jean embauche une agente de liaison en violences sexuelles.

La travailleuse sociale Amélie Potvin, qui agissait comme intervenante en référence policière au quartier général du Service de police de Saguenay (SPS), est entrée en poste le 3 décembre.

Le gouvernement du Québec a reconnu, l’an dernier, l’importance de bonifier l’aide aux victimes. Cette reconnaissance s’est traduite par la création d’un nouveau poste dans chacun des 17 CAVAC de la province. Pour Nathalie Turcotte, directrice générale du CAVAC Saguenay-Lac-Saint-Jean, cette subvention est arrivée comme une belle surprise.

« On ne s’y attendait pas. C’est le gouvernement Couillard qui a annoncé la mise en place d’un nouveau programme lors du forum sur les agressions et le harcèlement sexuel, qui a eu lieu l’an dernier », met en contexte Nathalie Turcotte.

Un affichage interne a eu lieu en juin et Amélie Potvin a été considérée comme la meilleure candidate pour le poste. Deux semaines après son entrée en fonction, l’agente de liaison a fait part de son souhait de bonifier le soutien et l’accompagnement aux victimes, sans égard à leur désir de porter plainte, ou non, contre leur agresseur. Elle veut aussi travailler étroitement avec d’autres organismes. Il s’agit d’un nouveau rôle, mais déjà, Amélie Potvin se l’est approprié. Elle œuvrera sur le terrain, au palais de justice et partout où se trouvent les besoins, conservant son port d’attache au bureau du CAVAC sur la rue Racine, à Chicoutimi.

« Le mandat est de favoriser une action spécifique et concertée avec les partenaires et les ressources spécialisées. Qu’il y ait plainte ou non ne change rien au fait que quelqu’un peut recevoir les services du CAVAC. Notre rôle est d’accompagner les victimes, sans mettre de pression, de leur donner de l’information et de leur fournir des renseignements au sujet de leurs droits et recours », explique Amélie Potvin, 26 ans, qui œuvre au CAVAC depuis quatre ans.

Mettre de la ouate

Comme le vulgarise Nathalie Turcotte, les intervenantes du CAVAC sont spécialisées dans l’art de « mettre de la ouate » à travers le parcours des victimes d’actes criminels. Contrairement à la perception qu’ont la plupart des gens, 41 pour cent de ces victimes sont des hommes. Il y a aussi des enfants et si tous ne portent pas plainte, il est estimé qu’environ 80 pour cent des dossiers aboutissent en justice.

« C’est un poste 100 pour cent dédié. Ça ne changera pas le nombre d’accompagnements qu’on va faire dans une année, mais ça va apporter un savoir-faire plus pointu. Ça va aussi permettre de personnaliser le service pour toute la région 02 », poursuit Nathalie Turcotte, qui dirige une équipe de 22 personnes.

La DG précise également que les dossiers de violences sexuelles ne représentent qu’une mince proportion des cas abordés par les intervenantes du CAVAC. Nathalie Turcotte estime qu’ils totalisent environ 12 pour cent des interventions.

Le CAVAC mise étroitement sur le référencement et le travail de collaboration. Le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) et la Maison Isa sont de précieux alliés, tout comme les procureurs de la Couronne et les policiers.

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UNE PREMIÈRE ANNONCE AU QUÉBEC

Si l’ensemble des CAVAC provinciaux sont en processus de dotation ou ont embauché une ressource, celui de la région est le premier à annoncer la nomination de sa nouvelle agente de liaison en violences sexuelles et à faire connaître son rôle au public.

Nathalie Turcotte considère qu’il est impératif de présenter Amélie Potvin et de faire la promotion de ce poste clé, qui aura un impact direct sur les services offerts aux victimes.

Elle ajoute que le réseau des CAVAC est devenu spécialiste en intervention post-traumatique et que le Saguenay-Lac-Saint-Jean agit comme chef de file en la matière, grâce au travail d’une équipe chevronnée, reconnue pour sa présence sur le terrain et son caractère proactif.

« Ça a fait notre reconnaissance auprès des partenaires. On connaît la réalité des victimes et on met beaucoup l’accent sur la formation », note Nathalie Turcotte, une affirmation avec laquelle Amélie Potvin est en complet accord.

Plus de dénonciations au Lac-Saint-Jean

Le phénomène #moiaussi (#metoo) a eu un impact sur les dénonciations partout sur la planète. Au Saguenay, cependant, il n’y a pas eu d’augmentation marquée, si l’on se fie à ce que rapporte Nathalie Turcotte. 

« Au Lac par contre, oui, on a constaté une hausse », observe-t-elle. 

Signe que les services du CAVAC sont plus que jamais essentiels, les bureaux régionaux de l’organisme ont récemment gagné en pieds carrés. Dorénavant, un deuxième plancher est à la disposition de l’équipe, avec l’ajout d’espaces à même l’immeuble où le CAVAC a pignon sur rue.