Jeff Auclair-Pilote et Jonathan Lavoie veulent miser sur le cannabis haut de gamme avec CannaBoréa.

Du pot haut de gamme au Lac-Saint-Jean

Un comptable et un avocat de Saint-Prime investiront plus d’un million de dollars pour bâtir une usine spécialisée dans la culture de cannabis haut de gamme. Pour y arriver, Jonathan Lavoie et Jeff Auclair-Pilote misent sur une technologie en aéroponie.

Si tout fonctionne comme prévu, la construction de l’usine de 9600 pieds carrés de CannaBoréa devrait commencer au printemps 2020 et la production de 640 kg de cannabis par an débutera pour sa part vers l’automne 2020, soutient Jeff Auclair-Pilote, un entrepreneur de 29 ans qui détient le bureau de comptable Ô Clair CPA, à Roberval. « On vise le marché haut de gamme qui nous rapportera environ 5000 dollars par kilogramme », dit-il.

Au lieu de miser sur le volume, CannaBoréa misera donc sur la qualité. « On veut se démarquer avec nos méthodes de culture et de séchage, remarque pour sa part Jonathan Lavoie, avocat et copropriétaire de l’entreprise. Le cannabis c’est comme un bon vin, et on veut utiliser des méthodes traditionnelles de séchage, notamment en bocaux ou dans des chambres noires, pour maximiser les saveurs et la qualité. »

En ce qui a trait à la méthode de culture, l’entreprise, qui s’installera dans le parc industriel de Saint-Prime, a décidé de miser sur l’aéroponie à basse pression. « On pulvérise des microgouttelettes d’eau remplies de nutriment, sur les racines des plantes, qui poussent à l’air libre », explique Jeff Auclair-Pilote. Cette technique, qui fonctionne en circuit fermé, permettant de récupérer 80 % de l’eau utilisée, est peu utilisée dans la culture du cannabis, ajoute-t-il. De plus, les entrepreneurs utiliseront des technologies leur permettant de récolter des données en temps réel sur la croissance des plantes.

Contrairement à la culture hydroponique, où les racines baignent dans l’ean, la culture aéroponique mise sur des racines à l’air libre.

Dans un premier temps, CannaBoréa souhaite produire trois cultivars que l’on ne retrouve pas, ou très peu, sur le marché, soit une variété d’indica, une variété de sativa et une variété à haute teneur en CBD. L’entreprise souhaite toutefois développer de nouveaux cultivars au cours des prochaines années.

Vendre aux plus gros

Au lieu de vendre directement aux revendeurs, CannaBoréa souhaite d’abord vendre leur production aux gros joueurs déjà établis sur le marché. « La demande est là et ça nous évite de faire l’emballage et de développer une clientèle pour le marché médical », remarque Jonathan Lavoie. Si le cannabis haut de gamme que la jeune pousse primoise produira risque de plaire à la clientèle médicale, le cannabis pourrait aussi être disponible sur le marché récréatif.

Juste pour obtenir les autorisations nécessaires à la construction de l’usine, les deux entrepreneurs ont déjà investi plus de 100 000 dollars dans l’entreprise, démontrant le sérieux du projet, sans compter les nombreuses heures de travail qu’ils y consacrent depuis deux ans. « On a décidé de miser sur le modèle de microproducteur, parce qu’on n’a pas des dizaines de millions à investir dans le projet, car le travail est le même pour une grosse ou une petite production », explique Jonathan Lavoie, qui espère développer les phases 2, 3 et 4 au cours des prochaines années.

Lorsque la production démarrera, Cannaboréa embauchera entre 5 et 10 employés. Dans un premier temps, les deux entrepreneurs conserveront leur emploi respectif, en tant que comptable et avocat, mais ils n’excluent pas l’idée de travailler à plein temps sur l’entreprise si le besoin se fait sentir.

Le maire de Saint-Prime, Lucien Boivin, se réjouit à l’idée de voir deux jeunes entrepreneurs investir dans sa municipalité. « C’est une très bonne nouvelle de voir cette nouvelle industrie s’installer à Saint-Prime, dit-il, d’autant plus qu’ils peuvent doubler la surface de production si tout va bien avec la phase 1. »