Du porte-à-porte à Facebook

Alors que s’écoulent les premières heures de la campagne électorale provinciale, force est d’admettre que celle-ci est déjà amorcée depuis belle lurette pour plusieurs candidats. Même si le départ de ce marathon de 39 jours est donné jeudi, ceux qui convoitent les fonctions de député sont en action, depuis un moment, tant sur le terrain que sur les réseaux sociaux, un univers également encadré par la Loi électorale.

C’est pratiquement irréel, en 2018, de mener une campagne politique, peu importe le palier, sans avoir recours aux médias sociaux. D’ailleurs, la majorité des candidats du Saguenay-Lac-Saint-Jean dispose d’une page officielle de candidat. Une façon de communiquer avec les électeurs qui est suivie de près par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ).

Avec le départ de la vie politique de l’actuel député Alexandre Cloutier, les électeurs de la circonscription de Lac-Saint-Jean devront choisir un autre représentant après 11 années de fidélité politique.

Jusqu’à présent, quatre candidats ont sauté dans l’arène. William Fradette est celui qui a été désigné pour porter les couleurs du Parti québécois. Une corrélation semble se dessiner entre le jeune âge du candidat de 23 ans et l’utilisation faite des réseaux sociaux.

En date du 22 août, la page Facebook du candidat péquiste présentait deux publicités actives. Le contenu commandité concernait la suggestion de sa page et un sondage Google permettant de sonder les enjeux des électeurs. Au courant des dernières semaines, d’autres publicités ont été faites. D’abord, un événement a été créé pour son lancement de campagne. Une publication était également commanditée.

Le candidat caquiste Éric Girard s’est aussi prêté au jeu. Une publication de sa page portant le nom « Éric Girard pour Lac-Saint-Jean » était commanditée. En quelques lignes et appuyé d’une photo, le candidat du parti de François Legault se présente.

Jonquière
La page de l’actuel député Sylvain Gaudreault, actif autant sur le terrain que sur les réseaux sociaux, contenait du contenu commandité dans les derniers jours. De l’autre côté, la page du candidat caquiste Benoît Rochefort est parmi les plus récentes alors qu’elle a été créée le 16 août dernier.

Chicoutimi
L’actuelle députée Mireille Jean peut compter sur près de 4000 mentions « J’aime ». Au courant des derniers mois, elle a organisé de nombreux événements, dont les activités « Dimanche Parlons Politique ». En ce moment, la page ne compte rien sous la rubrique « Infos et publicités ». Même son de cloche en navigant sur la page de la candidate libérale Marie-Josée Morency qui ne compte aucune publicité active. Par le passé, cette page a été à la base de deux événements Facebook, soit un cocktail et la Tournée BBQ du Québec.

Dubuc
Le député de Dubuc et adjoint parlementaire du premier ministre pour la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Serge Simard, est également présent dans l’univers créé par Mark Zuckerberg. Pour le moment, sa page avec plus de 500 mentions « J’aime » ne contient pas de publicité active. Le dernier événement partagé remonte à mai lors de la soirée d’investiture.

Roberval
Sans grande surprise, la page Facebook du premier ministre du Québec, responsable de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean et député de Roberval, Philippe Couillard est celle qui compte le plus de « J’aime ». Avec plus de 46 500 mentions, celui qui tentera de se faire réélire dans Roberval l’emporte haut la main. Aucune publicité n’est en cours sur sa page Facebook. Quant aux événements, les derniers créés remontent au mois de mars, bien avant la campagne électorale. Le candidat péquiste Thomas Gaudreault semble confirmer, lui aussi, le fort lien entre la jeunesse et les réseaux sociaux. Sa page créée le 16 janvier 2018 portait initialement le nom de Thomas Gaudreault - Journaliste. Deux publicités actives le concernent, soit une suggestion de page ainsi qu’une publication commanditée. Alors que la journée de mercredi a été chargée en terme d’annonces de candidats, il n’y avait aucune page officielle en vigueur pour Andrée Laforest de la CAQ ainsi que Marcel Lapointe et Marie-Francine Bienvenue de Québec solidaire.

À compter de jeudi, tout contenu payant sur les réseaux sociaux est soumis à la Loi électorale.

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QU'EST-CE QU'UNE DÉPENSE ÉLECTORALE?

Qu’elle soit traditionnelle ou numérique, toute publicité créée lors d’une campagne électorale est soumise à la Loi électorale. 

Toute intervention, peu importe son format (application mobile, site Web, événement, publicité, conférence de presse), qui a un coût, un effet partisan et qui se déroule en période électorale doit être autorisée et payée par l’agent officiel d’une personne candidate ou d’un parti politique.

Dans une communication datée du 12 juillet 2018, le directeur général des élections (DGE) rappelle que l’effet partisan se définit par ce qui favorise ou défavorise, une personne ou un des candidats d’un parti, ce qui diffuse ou combat le programme ou la politique d’une personne ou d’un parti et ce qui approuve ou désapprouve des actes accomplis.

La publicité concerne toute dépense qui se rapporte à la conception, la production, l’installation et la diffusion de publicité. Toute publicité, peu importe la technologie ou le support, est visée par cette loi. 

Le DGE cite quelques exemples d’interventions partisanes illégales en périodes électorales. Par exemple, un électeur ne peut payer pour la diffusion, sur Facebook, d’une publicité qui vise à favoriser ou à défavoriser une mesure d’un parti. Une publication payée sur un réseau social est considérée comme une publicité. En contrepartie, une publication standard qui n’a pas de coût n’est pas une dépense.

Contexte préélectoral

Au courant des dernières semaines, le Directeur général des élections a fait des rappels concernant, entre autres, les interventions partisanes dans un contexte préélectoral. « La Loi électorale prévoit que les interventions partisanes sont encadrées uniquement en période électorale. Ainsi, les interventions de ce type qui surviennent avant la prise du décret ordonnant la tenue d’élections ne sont pas considérées, au sens de la Loi, comme des dépenses électorales, et ce, autant pour les partis politiques et les candidats indépendants que les tiers. », peut-on lire dans une communication du 18 juillet.

Surveillance

Le service médias d’Élections Québec assure qu’une veille de ce qui se retrouve sur le Web est faite par leurs enquêteurs. Les moyens utilisés pour y arriver ne sont toutefois pas dévoilés.

En cas de doute, Élections Québec rappelle qu’il est possible de faire une dénonciation.