Marjorie Morin, de Saint-Félix-d’Otis, a raconté après l’étape qu’elle l’aurait refait trois fois, tellement elle s’est amusée.

Du plaisir dans les dunes

Rissani, MAROC — « Du gaz, du gaz, du gaz ! »

Voilà ce qui résume une magnifique journée à travers les dunes du Maroc dans le cadre de cette quatrième journée de compétition au Trophée Roses des Sables.

C’est en ces termes imagés que Mireille Marcil, de Dolbeau-Mistassini, racontait sa journée au Quotidien et à d’autres participantes québécoises vers 17 h, sous un chaud soleil qui n’a pas faibli de la journée, ni de la semaine d’ailleurs. Sa phrase résumait bien la stratégie nécessaire pour franchir les dunes et éviter de s’enliser.

Les dunes s’étendaient à perte de vue. Tout au bas, les véhicules des concurrentes apparaissaient telles des fourmis.

« C’était l’étape qu’on avait le plus hâte de faire. C’était “l’fun” au-delà de nos espérances. C’était capoté, mais ce n’était pas assez long. J’aurais recommencé. Le “feeling” que tu as quand tu redescends, c’est malade. Quand on a passé sur la grosse crête, c’était épeurant, mais c’était vraiment plaisant », a raconté la copilote de Cynthia Ouellet.

Après la 5e étape, les deux aventurières occupent le 6e rang. Mercredi et jeudi, ce sera une étape marathon d’un total de 387 kilomètres où elles devront dormir dans leur tente en plein désert.

Cynthia Ouellet et Mireille Marcil, de Dolbeau-Mistassini, ont mis les gaz à fond à plusieurs reprises.

Alors que la Dolmissoise était plus exubérante, l’Almatoise Isabelle Privé avait vécu cette journée plus intérieurement et globalement. C’est que la veille, elle avait dû abandonner en milieu de parcours en raison de nausées. « Je suis impressionnée par l’ensemble, je ne m’attendais pas à ça. Je ne pensais pas que c’était aussi intense, la chaleur, les émotions. Oui, j’ai “trippé” dans les dunes, mais c’est plus un dépassement intérieur. Je ne pensais pas être capable », a-t-elle indiqué.

Sa coéquipière Claudia St-Pierre avait pu savourer un peu plus le moment, indépendamment de l’ensemble. « C’était “l’fun”, car je savais qu’on était en contrôle, on pouvait en profiter. Je réalisais qu’on était dans la plus belle place au monde pour faire du côte-à-côte. On s’est fait peur quelques fois, on a crié quelques fois et on s’est tapé dans les mains », a-t-elle mentionné.

L’entraide était de mise lorsqu’une équipe s’enlisait, alors que même un Berbère a aidé avec une pelle.

Alors que certaines ont dit avoir ressenti beaucoup de plaisir, d’autres ont avoué avoir éprouvé une certaine peur de s’aventurer dans ce paysage où le sable s’accumulait à perte de vue. « Je ne pensais pas que c’était aussi haut que ça. J’étais impressionnée. Je ne pensais pas que ça allait être autant des murs. On a eu du plaisir, mais beaucoup de peur aussi », a souligné Ophélie Delon, une Française d’origine installée à Montréal depuis trois ans.

Les Drummondvilloises Karell Ayotte et Marylou Bibeau se sont beaucoup amusées, se retrouvant même dans des dunes où personne n’était encore passé. « L’étape n’était pas compliquée et quand tu y arrives, tu n’es pas épuisée. On a pu en profiter en masse », a conclu Karell. Les dunes représentaient les 15 derniers kilomètres d’une étape qui en comprenait 80.

Claudia St-Pierre et Isabelle Privé