Le projet de loi sur la location d’une partie des forces hydrauliques de la rivière Shipshaw prévoit un bail de 10 ans, à partir du 1er janvier 2022. La centrale hydroélectrique Jim-Gray exploitée par Produits forestiers Résolu sur la rivière Shipshaw permet à la papetière d’alimenter en électricité ses usines de Kénogami et d’Alma.
Le projet de loi sur la location d’une partie des forces hydrauliques de la rivière Shipshaw prévoit un bail de 10 ans, à partir du 1er janvier 2022. La centrale hydroélectrique Jim-Gray exploitée par Produits forestiers Résolu sur la rivière Shipshaw permet à la papetière d’alimenter en électricité ses usines de Kénogami et d’Alma.

Droits hydrauliques sur la Shipshaw: le maintien des emplois de PFR exigé

Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Le maintien des emplois dans les usines de Produits forestiers Résolu (PFR) au Saguenay-Lac-Saint-Jean est réclamé par des élus et représentants syndicaux pour le renouvellement du bail de l’entreprise sur la rivière Shipshaw.

Des élus du Saguenay-Lac-Saint-Jean, des représentants de l’industrie, chercheurs et représentants syndicaux ont fait part de leurs suggestions, questionnements et préoccupations lors des consultations sur le projet de loi 50, mardi, au Salon rouge de l’Assemblée nationale à Québec. 

Le projet de loi sur la location d’une partie des forces hydrauliques de la rivière Shipshaw prévoit un bail de 10 ans, à partir du 1er janvier 2022. La centrale hydroélectrique Jim-Gray de 63 mégawatts exploitée par PFR sur la rivière Shipshaw permet à l’entreprise d’alimenter en électricité ses usines de Kénogami, à Saguenay, et d’Alma.

PFR devra en contrepartie de ces droits hydrauliques investir 100 M$ en «investissements manufacturiers structurants» d’ici le 31 décembre 2031 dans la région. Le précédent bail de location prévoyait des investissements de 150 M$ pour une même période.

Le maintien des activités des usines de l’entreprise à Kénogami, Alma et Saint-Félicien est également exigé dans le projet de loi. Si les conditions initiales sont respectées, un renouvellement pour une autre période de 10 ans est prévu. De nouveaux investissements de 100 M$ seront alors exigés. 

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, a exprimé ses préoccupations face au maintien des emplois de l’entreprise dans la région. «C’est bien, des investissements structurants, mais s’ils ne sont pas reliés à des emplois, au maintien d’emplois de qualité, à un moment donné ce qu’on ne veut pas – je pense que le gouvernement du Québec ne le veut pas non plus –, c’est de se retrouver devant une cathédrale, une usine entièrement automatisée, mais [où] autour vous n’avez plus de tissu social», a-t-elle illustré.

L’élue a réclamé un bail plus court de deux ans et renégociable lors de son renouvellement. Ce bail se terminerait le 31 décembre 2029. «Un renouvellement avec renégociation pourra refléter adéquatement la valeur des avantages consentis et des contreparties historiques, a-t-elle déclaré lors de la présentation du mémoire de Saguenay. La valeur de notre mégawatt ne doit pas être mise de côté.»

Elle a également exigé plus de transparence dans la comptabilisation des investissements de PFR.

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, a réclamé un bail plus court en vue du renouvellement des droits hydrauliques de Produits forestiers Résolu (PFR) sur la rivière Shipshaw, lors des consultations sur le projet de loi 51, mardi, au Salon rouge de l’Assemblée nationale.

Pérennité des emplois

Renaud Gagné, directeur québécois d’Unifor, qui représente environ 80% des employés de PFR dans la région, a également souligné l’importance d’assurer la pérennité des emplois de l’entreprise. Le syndicat appuie le renouvellement du bail, mais a émis plusieurs réserves.

«La notion d’emploi et de la main-d’œuvre est absente [du projet de loi]. Il me semble que c’est majeur par rapport à cet avantage d’hydroélectricité. Est-ce qu’on ne devrait pas avoir un plancher d’emploi, entre autres?», a soulevé le chef syndical. Il a également questionné l’absence de la mention de l’usine de Dolbeau dans le projet de loi 50. 

La CSN, présente aux usines de Kénogami et d’Alma, a réclamé pour sa part le maintien des activités des machines à papier pour assurer la pérennité des opérations et des emplois. L’organisation syndicale juge que les 100 M$ en investissements exigés sont insuffisants par rapport aux avantages hydrauliques consentis à l’entreprise.

«Trouver le bon niveau»

Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, a rappelé qu’un plancher d’emplois ne faisait pas partie de la loi adoptée pour la première fois en 1998.

«Nous on cherche à trouver le bon niveau entre l’investissement exigé, tout en étant fermes, mais sans mettre en péril l’entreprise», a résumé le ministre. Il a rappelé à plusieurs reprises mardi que les changements et contrecoups subis par l’industrie en 20 ans ont amené une réduction des emplois d’environ 50% chez PFR.

Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, a de son côté de nouveau réclamé un plancher d’emploi et des investissements supplémentaires, mardi. Les machines à papier doivent également être protégées, estime-t-il.

«Il faut revoir la formulation du projet de loi pour que ce soit plus sévère, pas juste en termes de millions d’investissements, mais en termes de conditions rattachées à ça», a-t-il souligné en point de presse.

PLANCHER D’EMPLOIS: «INFAISABLE», SELON PFR

L’inclusion d’un plancher d’emploi dans le projet de loi 50 est «infaisable», juge Yves Laflamme, président et chef de la direction de PFR.

Un plancher d’emploi ne permettrait pas à l’entreprise de conserver la compétitivité de ses usines au Saguenay-Lac-Saint-Jean, a exposé le dirigeant lors des consultations sur le projet de loi 50.

D’autant plus que l’entreprise fait actuellement face à une pénurie de main-d’œuvre, a-t-il exposé. «Actuellement, dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, on affiche aux radios, on annonce. Malgré les mises à pied qu’on a faites, on n’a pas d’employés», a-t-il laissé tomber, en faisant référence à la fermeture de la machine à papier numéro 10 à l’usine d’Alma, en mai.

PFR et des représentants de l’industrie ont rappelé mardi l’importance de ce nouveau bail pour l’entreprise afin de maintenir sa compétitivité, assurer la pérennité de ses opérations et soutenir ses projets d’investissements.

Ils ont également insisté sur l’importance de l’innovation et de la recherche pour faire face à la transformation du marché, à la chute de la demande en papier journal et aux difficultés auxquelles fait face l’industrie.

Yves Laflamme, président et chef de la direction de Produits forestiers Résolu, lors des consultations sur le projet de loi 50 qui avaient lieu mardi, au Salon rouge de l’Assemblée nationale.

+

JOSÉE NÉRON PROPOSE UN FONDS DE DIVERSIFICATION RÉGIONAL FINANCÉ PAR LES REDEVANCES

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, a proposé qu’une partie des redevances de Produits forestiers Résolu (PFR) pour l’exploitation des forces hydrauliques sur la rivière Shipshaw serve à financer un fonds de diversification économique dédié au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« Ces opportunités d’investissements pourraient notamment financer des projets créateurs d’emplois liés à la forêt et aux énergies renouvelables », a-t-elle suggéré mardi, lors des consultations sur le projet de loi 50 portant sur la location d’une partie des forces hydrauliques de la rivière Shipshaw. Ces redevances de PFR sont actuellement versées dans le Fonds des générations.

Cette idée a ensuite été appuyée par Gérald Savard, préfet de la MRC du Fjord-du-Saguenay, et Catherine Morissette, mairesse de Saint-David-de-Falardeau, qui représentaient la MRC. La centrale Jim-Gray exploitée par PFR est située sur le territoire de Saint-David-de-Falardeau.

« Il y a beaucoup de compagnies privées qui sont chez nous et qui envoient de l’argent à Québec […]. On proposerait – ce serait tu possible – cet argent-là, d’en avoir un retour ? », a questionné le préfet. Il a souligné que cette idée a déjà fait l’objet de discussions au sein d’élus régionaux.

« Très, très favorables »

La mairesse Catherine Morisette a d’ailleurs souligné qu’ils se disaient tous deux « très, très favorables » au renouvellement du bail de la rivière Shipshaw.

Les deux élus de la MRC du Fjord-du-Saguenay ont rappelé l’importance des retombées de l’entreprise pour la MRC et jugent que les investissements demandés sont raisonnables dans le contexte économique et celui connu par l’industrie.

Gérald Savard, préfet de la MRC du Fjord-du-Saguenay, et Catherine Morissette, mairesse de Saint-David-de-Falardeau, représentaient la MRC lors des consultations publiques sur le projet de loi 50.