L'hôpital de Chicoutimi

Dre Boulard salue la décision du ministre

La décision du ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, de confier un mandat à l'Institut national d'excellence en santé et services sociaux (INESSS), satisfait la chef du service de gastro-entérologie rattachée à l'hôpital de Chicoutimi, Dre Anick Boulard. Selon elle, l'examen des données probantes reliées à la centralisation des interventions chirurgicales pour le cancer de l'oesophage permettra aux patients d'obtenir au moins un sursis d'une année.
La Dre Boulard a appris la nouvelle via son collègue chirurgien thoracique Pierre Michaud, qui lui-même l'avait apprise du docteur Fabien Simard, président du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP).
« Le fait qu'on nous accorde du temps de faire nos preuves et de démontrer nos résultats est beaucoup plus satisfaisant que la décision centralisatrice et unilatérale qui a été prise sans base scientifique, mais sur une base budgétaire. Cette décision ne nous satisfaisait pas », a-t-elle exprimé en entrevue.
La Dre Boulard ajoute que les patients desservis font partie d'une clientèle de régions qui ont déjà à se déplacer à partir de Chibougamau et la Côte-Nord, de sorte qu'un déplacement supplémentaire vers Québec ne ferait qu'ajouter à une situation difficile.
En ce qui a trait au processus que doit mettre en place l'INESSS pour remplir le mandat qui lui est confié, Mme Boulard avoue qu'elle n'a aucune idée de la façon dont les choses se dérouleront dans les prochains mois.
« On va s'organiser pour que les dossiers de nos futurs patients atteints du cancer de l'oesophage soient bien documentés. On ne sait pas comment ça va se dérouler. Ils vont éplucher sans doute les dossiers que nous avons traités. Ces cas seront passés au crible. »
Mme Boulard a confiance que le travail d'évaluation qui sera effectué par l'INESSS en cancérologie de l'oesophage à Chicoutimi corresponde à la pratique effectuée dans les grands centres comme Québec et Montréal.
Selon elle, l'annonce faite par le ministre de la Santé lundi aurait dû être celle faite en tout début de processus tel que réclamé lors de la conférence de presse tenue le 16 février dernier.
Lors de cette conférence, le CMDP du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean en était arrivé à la conclusion qu'il n'y avait aucune justification scientifique appuyant la décision du ministère de la Santé et des Services sociaux de transférer à Québec les cas de chirurgie du cancer de l'oesophage.
La décision a fait l'unanimité contre elle tant parmi les membres du corps médical qu'au plan politique, au point où le premier ministre Philippe Couillard a demandé au ministre Barrette de la réviser. Il en va de même pour le CIUSSS.
Lors d'une tentative de notre collègue Mélyssa Gagnon de joindre le CIUSSS dans ce dossier, le porte-parole, Marc-Antoine Tremblay, a déclaré qu'il ne pouvait organiser d'entrevue puisque les médecins « ont fait une sortie média comme médecins qui ne sont pas des employés du CIUSSS. Nous n'avions pas été impliqués dans la démarche en toute logique dans ce dossier. Ils sortent en mode autonome et indépendant », a-t-il indiqué, par courriel.