Le guide Benoit Lespérance, qui a péri dans les eaux du lac Saint-Jean, mardi soir, aurait tenté de secourir les cinq motoneigistes français, avant de sombrer à son tour.

Drame sur le lac Saint-Jean : le guide aurait tenté de sauver son groupe

Selon toute vraisemblance, le guide Benoît Lespérance, qui a péri dans les eaux du lac Saint-Jean, mardi soir, aurait tenté de secourir les cinq motoneigistes français, avant de sombrer à son tour.

Selon les informations recueillies sur place, le guide, qui ouvrait le convoi, aurait circulé quelques instants sur l’eau avant de rebrousser chemin, voyant que les touristes ne le suivaient plus. Les motoneigistes aguerris comprennent qu’il est possible de faire un bon bout de chemin sur des étendues d’eau, à condition de circuler à bonne vitesse. En rebroussant chemin, le guide serait ensuite tombé sur les trois rescapés, dont un qui venait de regagner les glaces après être tombé dans l’eau. Les deux derniers du convoi étaient toujours au sec et auraient réussi à arrêter à temps avant d’aider le troisième à sortir de l’eau. Le guide leur aurait demandé de l’attendre là quelques instants, avant de repartir à la recherche des cinq autres motoneigistes. 

Le guide aurait laissé son sac et son casque sur les glaces pour tenter d’aider les touristes.

Le corps du guide a été repêché quelques heures plus tard, mais les cinq autres touristes français restent introuvables, une quarantaine d’heures après le drame. Après une trentaine de minutes et n’ayant pas de nouvelles, les trois survivants se sont dirigés dans un dépanneur de Saint-Henri-de-Taillon pour se réfugier. Ces informations, recueillies sur place, n’ont pas été confirmées par la Sûreté du Québec (SQ), qui ne laisse d’ailleurs filtrer aucune information quant aux circonstances entourant ce drame.

En arrivant au dépanneur, les trois rescapés ignoraient ce qui avait bien pu se produire. Ils ont tenté de joindre par téléphone leur guide, mais en vain. Le motoneigiste mouillé s’est déshabillé pour se réchauffer au dépanneur. Voyant qu’ils ne recevaient pas de nouvelles de leurs compagnons, les secours ont finalement été appelés et dépêchés sur les lieux. Une importante opération de recherche a été mise en branle.

On ignore toujours la raison qui a mené les motoneigistes à emprunter ce secteur considéré comme extrêmement dangereux, mardi soir. 

Est-ce que le groupe a voulu sauver du temps pour rejoindre leur auberge de Saint-Gédéon, où ils étaient attendus pour souper, alors que la nuit était déjà tombée ? 

Le groupe avait parcouru quelque 400 kilomètres durant la journée. 

Est-ce que les motoneigistes se sont tout simplement trompés de chemin, en raison, entre autres, de la noirceur et de la neige qui tombait ? Il faut dire que certains motoneigistes circulent dans ce secteur, mais à proximité de l’île la plus près du rivage et non pas de l’île Beemer, comme ce fut le cas. 

Toutes ces questions restent encore sans réponses. 

Quoi qu’il en soit, le guide Benoît Lespérance avait une vingtaine d’années d’expérience et possédait une accréditation.