Caroline Gaudreault, directrice de la DPC et directrice provinciale et son adjoint, François Perron, ont présenté le 16e bilan annuel de l’organisme qui vient en aide aux enfants du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

DPJ: les signalements en hausse au Saguenay-Lac-Saint-Jean

Après 40 ans d’existence, la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) a toujours autant de travail de protection à faire auprès des enfants et la situation ne semble pas vouloir aller en s’améliorant malgré tous les efforts mis de l’avant. Une hausse des signalements est enregistrée pour une cinquième année consécutive.

Caroline Gaudreault, directrice régionale de la DPJ, et François Perron, directeur adjoint, ont présenté le 16e bilan annuel de l’organisme qui vient en aide aux enfants du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Pour l’année 2018-2019, la DPJ a reçu 4794 signalements, soit une augmentation de 0,85 pour cent par rapport à l’année précédente. Les intervenants ont retenu 1727 dossiers, soit 123 dossiers de moins que l’année précédente, pour une diminution de 2,9 pour cent.

« Ce que l’on souhaite, malgré que je veuille garder mon emploi, c’est de fermer les DPJ. Ne plus avoir besoin de protection pour aucun enfant, ce serait l’idéal. Si les services se donnaient en amont, on n’aurait pas besoin de se rendre en protection de la jeunesse. Mais la protection existera toujours, car il y aura toujours des situations exceptionnelles pour lesquelles nous devrons agir », explique Caroline Gaudreault.

« Malgré les pas de géant franchis au fil du temps, en dépit des milliers d’enfants qui ont pu profiter des bienfaits de la Loi sur la protection de la jeunesse, le nombre de cas qui font l’objet d’un signalement et qui ont besoin de protection ne cesse d’augmenter. Cette situation nous préoccupe grandement et notre défi pour l’avenir est d’infléchir cette tendance et d’offrir un monde meilleur aux enfants », de souhaiter Mme Gaudreault.

En date du 25 septembre 2019, six dossiers d’enfants ayant besoin de la DPJ étaient en attente. Le délai pour le traitement d’un dossier est de 11,5 jours, alors que la norme provinciale est de 12 jours.

La DPJ a pris en charge 1830 jeunes du Saguenay-Lac-Saint-Jean, au cours de la dernière année, soit un total de 3,75 pour cent des 48 741 enfants.

« Notre objectif est de maintenir l’enfant dans son milieu familial le plus possible. Si ce n’est pas le cas, trouver dans la famille élargie quelqu’un de significatif et de penser au retour dans les plus brefs délais. Mais ça ne se fait pas à tout prix. Si un enfant doit être retiré de son milieu, il le sera. »

« Nous avons de plus en plus de cas à traiter. Le nombre est en augmentation depuis cinq ans. Les cas sont de plus en plus complexes, en raison des problèmes de santé mentale, associés à la toxicomanie et la violence. Ça nécessite que l’on fasse des interactions avec plus de professionnels différents », dit-elle.

S’améliorer

La directrice régionale de la DPJ ne cache pas que le 40e anniversaire de la Loi de la protection de la jeunesse est important, car il a marqué le début d’un nouveau pacte social pour la protection des enfants. Il souligne également le rêve d’une société mobilisée avec celui d’un monde meilleur pour les enfants, d’un monde bienveillant et exempt de maltraitance.

« De nombreuses et belles réussites ont ponctué ce parcours. Malheureusement, il y a eu quelques tristes revers qui, chaque fois, ont entraîné un examen attentif de nos pratiques et une réflexion quant aux mesures d’améliorations possibles », a repris Mme Gaudreault.

La directrice aimerait bien que les cas de maltraitance ou de négligence envers les enfants cessent pour de bon, mais elle sait trop bien que ça n’arrivera pas.

« Il m’arrive de retourner à la maison et de repenser à certains dossiers. Je ne peux pas dire que je suis fâchée, mais je suis très préoccupée. »

« Il nous arrive effectivement d’échapper des cas, mais il s’agit de dossiers exceptionnels. Malgré tout, nos 450 personnes affectées à la protection de la jeunesse sauvent des enfants et des vies », a conclu la directrice de la DPJ.

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LES MIEUX NANTIS NE SONT PAS ÉPARGNÉS

Contrairement à la croyance populaire, les signalements à la DPJ ne touchent pas uniquement des familles défavorisées ou celles dont les parents ont un problème de consommation de drogue, d’alcool ou de santé mentale. 

« Nous ne tenons pas de statistiques sur la provenance des signalements. Pour la maltraitance ou les abus physiques, je peux vous dire que cela se passe dans toutes les sphères de la société. Des signalements nous proviennent autant de familles mieux nanties que moins bien nanties », répond la directrice régionale de la DPJ, Caroline Gaudreault.

En raison du nombre de signalements et des dossiers de plus en plus complexes qui sont transmis à la DPJ, l’organisation a besoin de personnel.

Le gouvernement du Québec a prévu des montants de 663 000 $ pour le soutien et la formation et une somme de 1,8 million de dollars pour augmenter le personnel dans la région. Au cours de la semaine, la direction a d’ailleurs confirmé plus de 20 postes.

La direction régionale ne cache pas qu’il manque encore du monde. Cette situation fait en sorte que chaque intervenant doit prendre plus de dossiers d’enfants dans le besoin que les standards ciblés.

« En temps normal, la charge idéale de chaque intervenant devrait être de 16 à 18 situations. Actuellement, au plan régional, la charge est de 20 à 22 dossiers et les interventions ne peuvent donc être maximales », précise François Perron, directeur adjoint. 

Afin d’aider les intervenants sur le terrain, des équipes de travail ont été formées pour venir en support sur différentes tâches, afin d’offrir le plus de services possible aux familles.

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EN BREF

• De tous les signalements retenus, les cas d’abus physiques arrivent au premier rang avec 372 cas (21,5 % des cas) devant la négligence à 344 dossiers (19,9 %). Les risques sérieux de négligence (263), les risques sérieux d’abus physiques (230), les mauvais traitements psychologiques (226), les troubles de comportement sérieux (130) et les risques sérieux d’abus sexuels (112) suivent dans les statistiques. Il y a eu un seul cas d’abandon d’enfant...

• Les signalements proviennent à 33,9 % des employés des différents organismes, à 21,8 % du milieu scolaire, à 18,2 % du milieu familial, à 16 % des corps policiers et à 10,1 % de la communauté...

• Des 1727 enfants faisant l’objet de signalements, 725 sont âgés de 6 à 12 ans, 662 de 0 à 5 ans, 248 de 13 à 15 ans et 92 de 16 et 17 ans...