Le Double défi des deux Mario a pris fin, dimanche après-midi, alors que la délégation de participants est arrivée à Roberval après une expédition de trois jours et deux nuits sur le lac Saint-Jean.
Le Double défi des deux Mario a pris fin, dimanche après-midi, alors que la délégation de participants est arrivée à Roberval après une expédition de trois jours et deux nuits sur le lac Saint-Jean.

Double défi des deux Mario: émotion, fierté et 211 000$

Émilie Morin
Émilie Morin
Le Quotidien
La douzième édition du Double défi des deux Mario s’est conclue, dimanche, avec la remise d’un chèque d’un montant de 211 000 $ à la fondation Sur la pointe des pieds.

Les dons amassés grâce à cet événement, qui consiste à traverser le lac Saint-Jean par temps hivernal en une fin de semaine, permettront l’organisation d’aventures thérapeutiques pour des jeunes atteints de cancer.

Visiblement, si le Double défi est un aussi grand succès, qui réunit autant de participants, c’est grâce à ces jeunes. Mario Bilodeau, cofondateur de la fondation Sur la pointe des pieds et co-instigateur du Double défi, ne cache pas que les enfants sont sa source de motivation pour accomplir la traversée du lac, qu’il effectuait pour une 25e fois, en fin de semaine, en compagnie de son compatriote Mario Cantin.

« Moi, ce qui me motive, raconte Mario Bilodeau, c’est de voir les jeunes, de voir les retombées sur les jeunes lorsqu’on part en expédition avec eux, mais aussi de voir tous les gens qui sont tellement généreux, qui viennent se faire geler sur le lac Saint-Jean pour donner aux jeunes, et de voir des jeunes qui sont venus avec nous en expédition et qui, maintenant, font leur propre levée de fond pour donner au suivant; ça, ça vient me chercher, c’est sûr. »

Les participants du Double défi des deux Mario sont arrivés à Roberval dimanche. Ils ont été accueillis par plusieurs dizaines de personnes.

Mario Cantin insiste quant à lui sur le fait que le Double défi est un événement qui va au-delà des sommes amassées. « Ce qui est aussi frappant, c’est que les gens se transforment. Les gens ne font pas un chèque. Ils viennent ici et l’aventure thérapeutique, ils la vivent eux-mêmes. Tantôt, on en avait un exemple. On a un père qui a emmené sa fille, sa fille a emmené son amie, et son amie a emmené son père, et au total, il y a dix personnes des deux familles qui sont venues. C’est aussi ça, le Double défi des deux Mario. C’est un rassemblement spirituel, parce que c’est un défi sur le lac et un défi à l’intérieur de soi. »

Le Quotidien a d’ailleurs pu assister à l’un de ces moments rassembleurs. Quelques centaines de mètres avant leur arrivée, les participants ont pris le temps d’interrompre leur marche pour former un caucus de plusieurs minutes. C’était un dernier moment de partage en groupe, a expliqué Mario Cantin, qui qualifie l’aventure de « courroie de transmission ».

Mario Cantin (photo) et Mario Bilodeau, les co-fondateurs du Double défi des deux Mario, mettent à l’avant-plan les jeunes à qui bénéficient les dons amassés lors de l’événement, insistant tous deux pour dire qu’ils sont leur motivation, année après année, pour compléter la traditionnelle traversée du lac Saint-Jean.

Les deux Mario avouent que même après 25 traversées, le froid est encore l’élément le plus difficile à surmonter. « Ce qui est impressionnant, lance Mario Cantin, c’est que nous, on est habitués, des gars de montagne, d’expédition, d’être dehors au grand foid. Il y a des gens qui viennent de tous les âges et qui n’ont jamais fait de camping d’hiver de leur vie et qui viennent vivre trois jours d’aventure comme ça. C’est incroyable ! »

André Martel honoré

Le directeur général de la fondation Sur la pointe des pieds, Jean-Charles Fortin, a pris quelques minutes pour souligner l’implication d’André Martel, directeur de l’Usine Alma de Rio Tinto, partenaire officiel de l’événement.

Le Double défi des deux Mario a permis d’amasser 211 000$ au profit de la fondation Sur la pointe des pieds, laquelle permet à des jeunes atteints de cancer de participer à des aventures thérapeutiques à l’image de celle à laquelle prennent part les participants du Double défi.

M. Martel s’est vu remettre une peinture faite par un artiste local, inspirée d’une photo de jeunes en expédition aux îles de la Madeleine.

En trois ans, André Martel a incité environ 75 personnes, dont plusieurs employés de Rio Tinto, à participer à l’événement. « Chaque fois que tu regardes la peinture, ce sont ces jeunes-là que tu as aidés, ce sont ces jeunes-là que vous avez tous aidés », a rappelé Jean-Charles Fortin.

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PIMPANT, MÊME À 75 ANS

Dimanche marquait la fin de la seconde traversée du lac Saint-Jean pour Gilles Godin. À 75 ans, M. Godin dit plutôt qu’il en a trois fois 25. 

À l’image de Mario Bilodeau et de Mario Cantin, les coorganisateurs du Double défi des deux Mario, Gilles Godin explique que ce sont les jeunes qui motivent sa participation. « Je le fais pour les jeunes. Ça m’impressionne beaucoup. Il faut les encourager et pas juste ça. Les jeunes qui font ça avec nous autres, c’est incroyable ! », affirme M. Godin.

Il ajoute être particulièrement impressionné par la volonté des jeunes. Et lorsque Le Quotidien lui fait remarquer que sa volonté doit également en inspirer plus d’un, Gilles Godin répond : « Ils m’inspirent beaucoup les jeunes, c’est incroyable. C’est formidable. Je les adore ! Tout le monde est optimiste. Il n’y a personne de pessimiste là-dedans. On se croirait dans un autre monde. »

Quant à la possibilité de retenter l’expérience l’année prochaine, Gilles Godin renvoie la balle à sa femme, indiquant que tout va dépendre d’elle. Il affirme toutefois que ça l’« intéresserait de faire deux fois 40 », une belle preuve que la détermination n’a pas d’âge.

À 75 ans, Gilles Godin affirme que ce sont les jeunes qui le motivent à traverser le lac Saint-Jean. Il ouvre la porte à une troisième participation, avouant qu’il aimerait beaucoup refaire la traversée pour souligner ses 80 ans.

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DEUX PARTICIPANTS D'ORIGINE FRANÇAISE

Alban et Peggy, des Français qui vivent à Montréal, en étaient respectivement à leur deuxième et première participation au Double défi des deux Marios. Invités par le directeur de l’Usine Alma de Rio Tinto et porte-parole de l’événement, André Martel, ils étaient de passage dans la région spécialement pour prendre part à l’expédition.

« C’était extraordinaire, laisse tomber Peggy, lorsque questionnée sur cette première expérience. Tu ne prends pas de risque, en fait. L’organisation est tellement géniale, l’encadrement, tout le monde est là pour te soutenir. C’est vraiment extraordinaire. »

Si le froid est souvent retenu par les participants comme la principale difficulté du défi, Peggy explique plutôt avoir été stressée par la question du temps. « Bizarrement, j’avais vraiment peur du facteur temps, et c’est le facteur physique qui m’a causé le plus de problèmes. J’ai dû abandonner mon traîneau samedi, car je n’arrivais plus à le tirer. J’avais trop mal au dos. »

Elle admet avoir été surprise de n’avoir « jamais gelé », elle qui se dit naturellement « super frileuse ».

Les deux participants ont admis avoir hâte de prendre un bon bain chaud, de même qu’un « bon verre de vin rouge », a souligné Alban.

Alban et Peggy en étaient respectivement à leur seconde et première traversée du lac Saint-Jean, une expérience que Peggy qualifie d’«extraordinaire»