Le conseiller municipal Jean-Marc Crevier

Dossier de Ghislain Harvey: une sage décision selon Crevier

Le conseiller municipal Jean-Marc Crevier juge que la décision de la mairesse Josée Néron d’éviter la voie des tribunaux dans le dossier Ghislain Harvey est sage. Il interroge cependant le comportement des administrateurs de Promotion Saguenay qui, en plus de ne pas avoir pris connaissance du contrat de ce dernier, ont laissé passer la création d’un fonds de pension hors norme tant par sa générosité que le montant nécessaire pour sa capitalisation.

Au cours d’une longue entrevue qu’il accordait au Quotidien jeudi, le conseiller municipal est revenu sur le travail de Jean Tremblay qui a présidé toutes ces décisions qui font en sorte que son bras droit soit devenu millionnaire à même les deniers publics. Lors de son passage au Symposium Aluminium, Jean-Marc Crevier a été interpellé par plusieurs hommes d’affaires devant cette situation. «Les gens nous disent que ça n’a pas de sens. Je leur réponds qu’en plus de ne pas avoir de sens, le régime de retraite que l’on a créé de toutes pièces pour Ghislain Harvey est financé par des contribuables dont plusieurs n’ont aucun régime de retraite. Au bas mot, six personnes sur 10 n’ont pas de régime de retraite et aujourd’hui, les gens comprennent tous les avantages d’un régime à prestations déterminées et sont en colère», insiste l’ex-syndicaliste.

Le même Jean Tremblay, qui a créé le régime de retraite de son allié politique Ghislain Harvey, a aussi présidé la négociation où les cols bleus et blancs de Saguenay ont été dans l’obligation de faire des concessions majeures pour permettre à la Ville de réaliser des économies. «Toute qu’une justice! On prend à 700 personnes et en même temps on donne 1,4 M$ à une seule personne de l’autre côté de la rue.»

Jean-Marc Crevier peut comprendre à la limite que le préfet Gérald Savard se soit fié à Jean Tremblay pour le contrat de Ghsilain Harvey ou aux explications de Me Pierre Mazurette. Mais il ne comprend pas comment des hommes d’affaires avertis ont pu laisser passer en 2015 et 2016 des transferts de 700 000 $ et 500 000 $ destinés au financement d’un régime de retraite d’une personne unique.

«Je veux bien être compréhensif, mais je ne deviendrai pas naïf. Ça ne me rentre tout simplement pas dans la tête à moins qu’il y ait eu de l’aveuglement volontaire pour ne pas froisser Jean Tremblay et Ghislain Harvey qui contrôlait tout à Promotion Saguenay. Tout est légal et l’on doit vivre avec, mais il va être temps d’avoir une sérieuse conversation sur ce que nous devons faire à Promotion Saguenay et que ceux et celles qui ont agi pour ne pas déplaire sachent que la population n’accepte plus ces comportements.»

Jean-Marc Crevier a été informé qu’une campagne de dénigrement avait été lancée contre lui et surtout sa présence au conseil d’administration de Promotion Saguenay. Il n’est pas surpris de cette réalité et entend malgré tout respecter le mandat que lui a confié Josée Néron tout comme elle l’a fait avec son bras droit Michel Potvin qui assistera aux séances du conseil d’administration.

«C’est vrai que je suis un gars qui a travaillé 15 ans dans une usine. Mais je sais lire un contrat. Je sais lire des états financiers. J’ai passé 15 ans au conseil d’administration du fonds régional de solidarité et quand je ne comprenais pas, j’avais l’humilité de poser des questions aux professionnels.»

Jean-Marc Crevier ne cache pas éprouver une certaine colère devant tout ce qui est mis au jour sur la fin du régime de Jean Tremblay et les «parachutes dorés» accordés à ses principaux lieutenants politiques. «On voudrait peut-être que ça se fasse autrement parce que nous sommes en colère, mais nous sommes chanceux d’avoir Josée Néron qui réussit à prendre des décisions convenables dans la situation tout en faisant le ménage qui s’impose. Ça veut aussi dire que les citoyens de Saguenay ont eu le bon réflexe lors des élections en rayant de la carte ce qu’il restait de l’administration Tremblay», a conclu le syndicaliste. 

Ghislain Harvey

Le régime de retraite de Ghislain Hervey va augmenter d’ici la fin de l’année

Les chiffres évoqués pour le régime de retraite de Ghislain Harvey risquent d’évoluer à la hausse d’ici la conclusion de toutes les ententes avec son employeur. Il comptera une année de plus de service en raison de la fin de son contrat le 31 décembre 2017.

Au cours de l’entrevue accordée au Quotidien mercredi soir, la trésorière de la Ville, Christine Tremblay, avec une projection approximative, estimait à 1,6 M$ la facture finale du régime de retraite unique. Il s’agit d’un ajout de 200 000 $ qui devra être confirmé par une analyse actuarielle.

De plus, Le Quotidien a finalement obtenu les règlements officiels des deux régimes de retraite inscrits dans le contrat de juin 2017 de Ghislain Harvey.

Les régimes complémentaires de retraite et surcomplémentaire contiennent chacun la clause «Aucune cotisation n’est requise du participant pour le service courant». Une modification a de plus été apportée à la clause de réversibilité pour le conjoint ou la conjointe avec une réduction à 66 %. Cette dernière modification n’a toutefois pas d’impact sur le montant que l’employeur a été dans l’obligation de garantir à la rente du bénéficiaire. 

Des employés de Promotion Saguenay ont fait savoir au Quotidien leur grande déception après avoir appris que le grand patron s’était offert, avec l’autorisation du conseil d’administration et de Jean Tremblay, un régime de retraite à prestations déterminées financé entièrement par l’organisme de développement économique.

«Comme tout le monde, on aurait bien aimé à l’époque pouvoir bénéficier d’un régime de retraite au même titre que les employés de la Ville. On nous a expliqué que ce n’était pas possible puisque ça coûtait cher et on a mis en place un REER qui est moins avantageux que ce que nous avons pu comprendre de celui de M. Harvey. C’est très décevant d’apprendre ça aujourd’hui», a confié au Quotidien l’employée qui souhaite conserver l’anonymat. Elle assure qu’elle n’est pas la seule à partager cette colère.

Il faut signaler que les salaires versés à Promotion Saguenay sont inférieurs de ceux accordés aux fonctionnaires municipaux pour des emplois semblables. Les employés de Promotion Saguenay ne sont pas syndiqués et plusieurs doivent travailler sur des horaires atypiques, principalement pour tout le volet touristique.