Dons In memoriam: une période difficile pour les maisons de soins

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
Les dons In memoriam, faits notamment lors des funérailles, ont un impact significatif sur les opérations des maisons de soins palliatifs qui en bénéficient. C’est le cas du Havre du Lac-Saint-Jean qui évalue la contribution de ces dons entre 20 et 25 % du budget annuel.

«Les dons In memoriam nous rapportent plus de 100 000 $ par année. C’est notre plus grosse source de financement, après les subventions gouvernementales. Au printemps dernier, avec la fermeture des salons funéraires, ç’a été très dur. On parle de quatre mois où on est passés de près de 10 000 $ par mois à un gros 0. On a même pensé fermer temporairement pour l’été pour cette raison », a expliqué le directeur général du Havre, Alain Marcoux.

Avec un budget annuel entre 500 000 $ et 550 000 $, ces dons sont donc d’une importance capitale pour la survie de la maison de soins. « On doit amasser environ 40 % ou 45 % de notre budget annuel avec des activités de financement. Le reste, ce sont des subventions du ministère de la Santé et des Services sociaux. On parle d’environ 220 000 $ à aller chercher par nous-mêmes. Si on perd les 120 000 $ des dons In memoriam, on est dans le trouble », laisse entendre M. Marcoux.

Depuis la réouverture des salons, les dons se font en ligne, ce qui a grandement aidé à rattraper le retard. « Avec les dons en ligne, les gens sont capables de donner. Souvent, ils n’avaient pas de sous sur eux, mais maintenant, ils font ça sur leur téléphone en deux minutes. »

Un été difficile

En plus de la perte d’un revenu substantiel, les mesures d’urgence du gouvernement n’ont pas facilité les choses pour le Havre, qui a dû lui aussi augmenter les salaires, alors que les sous se faisaient de plus en plus rares. « Cet été, on a dû augmenter les salaires de nos employés, comme pour tous les travailleurs essentiels. Il a fallu qu’on le sorte de nos poches ce montant-là. Les dépenses augmentaient et les revenus diminuaient », raconte M. Marcoux.

Maintenant, il souhaite que le ministère de la Santé et des Services sociaux mette la main à la pâte pour les aider et maintenir les services des maisons de soins palliatifs. « Ça va mieux, mais il va falloir que le gouvernement nous aide. Il y a une ouverture chez le ministre Christian Dubé pour que toutes les maisons de soins palliatifs restent ouvertes, parce que les coûts pour un patient à l’hôpital sont beaucoup plus élevés qu’ici, au Havre. Je n’ai pas les chiffres exacts et je ne veux pas trop m’avancer, mais c’est beaucoup plus cher. »