Maude Tremblay, accompagnée de sa fille Ève, est fière de faire don de son surplus de lait maternel.

Donneuses de lait maternel recherchées

Les mamans du Saguenay-Lac-Saint-Jean sont maintenant sollicitées par Héma-Québec afin de recueillir les dons de lait maternel destinés aux grands prématurés. « On sait que la demande était forte dans la région. Plusieurs mamans nous ont fait parvenir via les réseaux sociaux leur désir de pouvoir donner. C’est maintenant possible », certifie le porte-parole d’Héma-Québec, Laurent Paul Ménard.

Le processus est très simple. Les mères d’enfant de moins de douze mois qui allaitent et qui ont un surplus de lait maternel peuvent aller s’inscrire via le site Web de l’organisme. Une rencontre sera par la suite prévue avec une des deux agentes au centre Plasmavie de Saguenay, et des vérifications sur la santé de la mère ainsi que celle de son bébé est faite pour s’assurer qu’il n’y a aucune contre-indication. Lorsque la mère a passé ce processus de sécurité, Héma-Québec lui fournit de petites bouteilles de 100 ml qu’elle va pouvoir remplir dans le confort de sa maison. Elle place les bouteilles au congélateur et lorsqu’elle le peut, elle se déplace au centre du boulevard Talbot afin de déposer son don.

Ce sont dans ces petites bouteilles que le lait maternel est recueilli. Le lait est ensuite pasteurisé puis redistribué.

« Il est important que les mamans soient en santé et qu’elles ne fument pas. Elles doivent aussi résider à moins d’une heure de route du point de dépôt afin que les bouteilles pleines de lait ne décongèlent pas, explique la superviseure du centre, Annie Blackburn. Mais autrement, c’est un processus très simple qui n’en demande pas trop aux mamans. On sait qu’elles sont déjà bien occupées. »

Tous les dons sont mis en commun puis pasteurisés et remis en bouteille. Plusieurs vérifications bactériennes sont faites sur le lait avant que les bouteilles soient redistribuées pour nourrir les bébés qui sont nés avant 32 semaines de grossesse. « Comme les mères ne peuvent donner du lait que durant les douze premiers mois de vie de leurs enfants, la banque doit constamment rechercher des donneuses. C’est du recrutement perpétuel », explique Mme Blackburn.

Environ 4000 litres de lait maternel sont nécessaires afin de subvenir aux besoins des grands prématurés du Québec. Donner du lait maternel à ces bambins permet de réduire le risque d’entérocolites nécrosantes, une maladie intestinale sévère. Ils atteignent aussi plus facilement un poids satisfaisant, tout en étant moins enclin aux infections. La collecte de lait maternel est en place dans les grandes villes de Québec et de Montréal depuis 2014 et s’étend rapidement aux régions plus éloignées depuis novembre 2017. « Le prochain centre à devenir un point de dépôt est celui de Trois-Rivières, en septembre prochain », explique M. Ménard. Héma-Québec a pour objectif de recruter 80 donneuses dans la région d’ici un an.

Un peu plus d’une douzaine de mères de la région ont commencé les démarches afin de pouvoir donner leur surplus de lait maternel. Deux sont déjà rendus à recueillir « l’or blanc ». Maude Tremblay est l’une d’elles.

Valérie Dumais et Mélissa Gagnon accompagneront les mamans qui veulent faire don de leur surplus de lait maternel.

« C’est ma marraine d’allaitement qui m’a parlé de ça, et j’ai trouvé l’idée très bonne. Au lieu de donner du sang, je vais donner du lait pendant que je le peux », explique la mère de deux fillettes, une de trois ans et l’autre de deux mois.

Selon elle, c’est important que d’autres mères le fassent aussi. « C’est terrible de penser que certaines mères ne peuvent pas allaiter leurs bébés. Ce n’est que du bon pour eux, alors si je peux partager le mien et aider, tant mieux. Chaque millilitre compte. »