Les vagues ont creusé le bas du talus de la plage Wilson pour ainsi provoquer le décrochage d’arbres et arbustes. Les riverains de ce secteur contestent toujours la façon dont Rio Tinto gère le lac Saint-Jean et surtout les droits qui permettent à la multinationale de monter le lac au niveau de 17 pieds.
Les vagues ont creusé le bas du talus de la plage Wilson pour ainsi provoquer le décrochage d’arbres et arbustes. Les riverains de ce secteur contestent toujours la façon dont Rio Tinto gère le lac Saint-Jean et surtout les droits qui permettent à la multinationale de monter le lac au niveau de 17 pieds.

Dommage aux berges du lac Saint-Jean: des riverains réagissent

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
L’érosion constitue toujours un problème autour du lac Saint-Jean, que ce soit en période automnale ou printanière, dès que le niveau franchit la barre de 16 pieds, comme ce fut le cas la semaine dernière dans le secteur de la plage Wilson, à Saint-Henri de-Taillon, alors que les vagues ont causé des dommages aux berges, lesquels seront évalués au cours des prochains jours par des membres de l’équipe du Programme de stabilisation des berges.

Les riverains de ce secteur du Lac-Saint-Jean n’ont pas tardé à réagir en publiant des photographies qui illustrent le phénomène. Il est possible de voir les vagues qui frappent le bas du talus et qui fait décrocher des grappes d’arbres et arbustes.

Rio Tinto a obtenu le droit de procéder en période printanière à une montée du niveau du lac Saint-Jean jusqu’à 17 pieds pendant une courte période. En échange, l’entreprise a accepté de gérer le lac Saint-Jean en diminuant le niveau pendant la période d’automne en raison de fortes tempêtes de vent qui produisent des vagues importantes et de l’érosion.

Selon le service des communications de Rio Tinto, le niveau du lac Saint-Jean était à 16,5 pieds lorsque les problèmes d’érosion sont survenus dans le secteur de la plage Wilson.

« En tout temps, les experts de Rio Tinto travaillent proactivement pour assurer la sécurité du public. Le niveau du lac Saint-Jean était à seulement 16,5 pieds et en conformité avec le décret gouvernemental. Rio Tinto a un Programme de stabilisation des berges et avait d’ailleurs proposé des travaux dans le secteur Wilson en 2019, qui ont été refusés par les propriétaires », indique le service des communications dans une déclaration transmise au Quotidien.

Le rapport de l’équipe du programme devrait permettre de déterminer les correctifs à apporter. Il serait toutefois surprenant que les riverains de la plage Wilson acceptent les travaux puisqu’ils ont historiquement contesté la gestion du niveau du lac Saint-Jean et surtout l’entente de 2017 qui a permis à Rio Tinto d’obtenir le feu vert pour une nouvelle phase de projet de stabilisation qui durera 10 ans.

« Si des travaux sont nécessaires, ils seront ajoutés à la programmation et proposés aux riverains. Le nouveau scénario de gestion a été développé à partir de nombreux échanges avec les usagers du lac Saint-Jean sur une période de deux ans. Il vise à mieux concilier les usages dans un esprit de compromis entre les besoins sociaux, environnementaux et économiques », ajoute l’entreprise dans sa communication.

Le préfet de la MRC de Maria-Chapdelaine et président du Conseil de gestion durable du lac Saint-Jean, Luc Simard, a évidemment été sensibilisé à la dernière période d’érosion provoquée par une combinaison de forts vents et un niveau dépassant les 16 pieds. Le préfet admet d’entrée de jeu que les berges du lac Saint-Jean sont exposées à l’érosion dès que le niveau du lac dépasse le niveau de 16 pieds, mais ajoute du même souffle que le niveau maximum de 15,5 pieds imposé pendant la période automnale constitue un gain significatif.

« La période printanière permet à Rio Tinto de récupérer une partie de la perte de turbinage qui découle de l’application du niveau maximum de 15,5 pieds à l’automne. Malgré cette réalité, il y a toujours un débat sur la question du niveau du lac Saint-Jean et les riverains qui constatent des problèmes doivent faire des plaintes. Ce n’est pas avec un statut Facebook de 2020 que nous allons pouvoir débattre du niveau du lac Saint-Jean en 2028. Il faut documenter les différentes situations », affirme le préfet Simard.

Le Conseil de gestion durable du lac Saint-Jean n’a aucun pouvoir sur les éléments du décret qui autorisent ou non la multinationale à atteindre, maintenir ou dépasser les niveaux d’eau. Ces contraintes de gestion sont cadenassées dans le décret 2018-2028. Le décret, selon le résumé du préfet, est dans les faits un catalogue d’ouvrages de stabilisation qui comprend les modalités de gestion des niveaux.

La montée printanière du niveau du lac Saint-Jean stipule quatre jours pour monter le niveau jusqu’à 17 pieds, le maintien à ce niveau pendant quatre jours et une descente du niveau sous la barre des 16 pieds pendant quatre autres journées.